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La réaction d'André Ekama à Suzanne Kala Lobe
(24/07/2009)
C’est avec une grande attention que j’ai pris connaissance de vôtre message à la diaspora camerounaise. Tout comme j’apprécie bon nombre de points, je voudrais aussi vous dire que votre manière de vou
Par Redaction

Note de la rédaction : André Ekama répond à Suzanne Kala Lobe, qui a écrit une lettre ouverte à la diaspora camerounaise. Voir aussi la réponse de Jean Claude Mbede à Suzanne Kala Lobe




C’est avec une grande attention que j’ai pris connaissance de vôtre message à la diaspora camerounaise. Tout comme j’apprécie bon nombre de points, je voudrais aussi vous dire que votre manière de vouloir globaliser cette diaspora serait aussi délicate dans son interprétation.

Mais comme l’auteur est libre dans sa pensée, je vous remercie déjà du fait que vous acceptez le débat. Naturellement un débat constructif et qui ne reverse pas dans l’incivisme lié à l’anonymat dans cette plate-forme que constitue l’Internet.

Avec la globalisation, les liaisons entre les hommes sont devenues faciles. On est capable de rester devant son poste et suivre l’actualité camerounaise dans d’autres cieux, l’on peut échanger à la seconde avec une connaissance assise devant son PC à Melen et savoir par elle comment va le coin. Certes on demeure dans le virtuel et n’a à ce moment de source crédible, cette connaissance qui nous met au parfum de l’information. On lit tous les matins les journaux par le net et nous semblons être informés de la réalité quotidienne de notre Cameroun, Berceau de nos Ancêtres.

La plupart de Camerounais de la diaspora passe le temps à surfer, à comprendre comment le village se porte et surtout voudrait le voir davantage s’améliorer. Je vous rassure donc que les Camerounais à part entière sont tous fiers au-delà du triangle national d’être Camerounais. Ils sont fiers quand ils se souviennent de leur temps, de leurs aventures et cela forme leur culture sur ce pays. En passant donc ces nombreuses femmes et fils du Cameroun qui ont choisi de vivre en Occident pour des raisons multiples, n’ont pas perdu le sens de leurs origines.

Comment serait ce ainsi ? Leurs familles et leurs amis d’enfance y résident. Qui rompt avec le passé, court aussi ne pas cerner le présent. C’est pourquoi même ces Camerounais qui prennent la nationalité du pays d’accueil, n’oublient pas leur appartenance aux ethnies et tribus du Cameroun.

Point de décalage avec la réalité

Vous parlez d’un décalage avec la réalité et donc une ignorance de l’environnement que ceux de la diaspora manifestent. Je vous répondrai par la négative. Car même lorsque le Camerounais de l’étranger semble oublier ses réalités, il est repris par les siens au village qui exigent de lui de penser à eux. Si la diaspora camerounaise contribue en bonne part dans les ménages au Cameroun, donc elle est consciente des réalités et ne tarde pas à intervenir.

Plus d’un milliard de FCFA, c’est cette enveloppe qui provient chaque année de cette diaspora pour nourrir des familles, garantir des soins de santé et l’éducation de beaucoup de personnes au Cameroun. Sur ce point, vous aurez du saluer cette forme de solidarité.
Certes vous étiez pendant plusieurs années membre de cette diaspora et aviez eu à assumer les inconvénients de la distance : une distance que l’on appréhende de plus dans le cœur lorsque des évènements douloureux et heureux se présentent au bercail et où l’argent devient la seule issue pour agir.

Votre conseil à ceux qui veulent participer à la gestion de la cité est très fondamental. Ce devoir ne saurait être seulement restreint à la diaspora mais même au Cameroun, les partis politiques, la société civile, tous devraient réellement se rapprocher des hommes dont ils croient porter le fardeau et faciliter le quotidien.

Une politique sans les concernés est obsolète et vouer en quelque sorte à l’opportunisme. Mais une question aussi. Cette diaspora qui est difficilement maîtrisable et de connotation abstraite, ne peut se forger une notoriété que si des associations des camerounais y sont créées et fonctionnent bien.

Un Cameroun nouveau ne saurait naître dans le désordre et le manque de respect, le manque de respect du bien communautaire, la corruption, ainsi que toutes formes d’entrave aux libertés. Vos journaux qui nous informent quotidiennement, sont aussi de ceux là qui par certains titres nous mettent les cœurs en flamme. Aurions nous besoin des psychiatres pour calmer les tensions des concitoyens qui se lamentent chaque fois qu’ils plongent dans les journaux du Cameroun ?

Si ce n’est des grands détournements des sommes hallucinantes, c’est aussi l’insécurité qui en decout dans certains journaux. Je vous dirai que ces réalités sont perçues très impulsivement pour celui qui se trouve à des milliers de km de son village et voit au jour le jour comment le pays d’accueil se développe parce que le bien public est respecté et tout le monde est égal devant la loi.

Ces Camerounais donc de la diaspora ont le privilège de pouvoir comparer des sociétés. Non seulement dans les termes de coûts de vie mais aussi dans la manière de faire pour le bien être de la collectivité.

Les Camerounais savent aussi que Rome ne s’est pas construit en un jour et que le niveau atteint par les Occidentaux est le fruit d’une longue souffrance. Mais ils sont aussi sous les nerfs quand certaines choses n’aboutissent pas voir oû ils sont aussi impliqués. Certains ont du mal à changer mais il faut aussi confirmer que d’autres sont prêts au changement et à agir.

Une action ne doit pas seulement être politique pour qu’elle soit visible, elle peut être artistique, économique ou artisanale.
Justement je sais aussi qu’il y en a donc, à peine déposer les sacs, voudrais voir le monde qu’ils ont laissé se transformer d’un cran.
Je partage aussi comme vous la patience et l’abnégation. Nous n’avons pas besoin d’une fusée pour l’instant mais nous devons développer au sein de nos sociétés d’accueil des choses qui confirment le bien fondé en Afrique.

Si la maison de départ avant l’envol sur Paris, était déjà tolérante, il n’est pas interdit de voir les individus qui s y trouvent rester tolérants.

Il faut que la conscience de chacun la juge si c’est important d’activer les réalités entendues ou lues auprès des journaux locaux.
Vous avez vraiment tâter du doigts le point de l’engagement mais surtout du professionnalisme dans nos actes. Humilier ou huer sont des formes de combats que beaucoup utilisent pour exprimer leur ras le bol mais à qui ?

C’est à ce moment que vous nous renvoyer à la conscience des réalités pour développer des mécanismes sereins.

L’Afrique voit beaucoup de choses maintenant. Tout comme de l’Europe on peut revoir avec plus d’intensité ses photos. Ce n'est pas la proximité qui détermine une adhésion au changement.

Vous avez vous même dit : "Il faut réellement que le pays change. Pour cela nous avons besoin avec plus d’intelligence  que celle que vous manifestez aujourd’hui. Nous avons besoin de vous avec plus d’humilité et un sens aigu de l’analyse."

Nombreux sont ceux là de l’extérieur qui n’attendent que cela pour y retourner. Donc comme vous y êtes déjà, faciliter nous ce changement et nous le compléterons par de nouvelles vues.


Sachez que les Camerounais de la diaspora veulent y apporter leur pierre dans la construction de la maison. Aujourd’hui les envois d’argent se font à seconde près et la communication marche à merveille. Vous avez des entreprises de 40.000 personnes qui fonctionnent bien parce que les directives sont mieux perçues par les exécutants sans toute fois que ceux là aient vus le décideur en face. Internet l’a favorisé et reconnaissez une chose : dans le développement de cet outil technologique, vous avez des Camerounais ingénieurs qui y ont contribué. Ceux là sont de la diaspora et développent pour le compte de l’humanité.

Si vous avez été choqué par les tracts de quelques camerounais, reconnaissez que la diaspora entière qui déjà n’est pas une institution ou société civile peut faire mieux et agir encore avec intelligence.


Combien de Camerounais veulent de tout coeur venir investir au Cameroun pour offrir du boulot à leurs frères mais qui n'y arrivent pas a cause de la corruption? Je dirais des centaines!

Il faut penser à nos enfants et aux enfants de nos enfants...

Vous avez si bien proposé :
« Essayons d'analyser nos dynamiques internes et sachons que seules les populations camerounaises sont porteuses de changements. » La question qui se pose à nous est de savoir: comment pouvons-nous y contribuer? Ce n'est pas par mépris et condescendance. Si nous avons des informations qui peuvent faire avancer, donnons les aux masses et discutons avec elles. Aidons à l'organisation des masses en militant dans des structures dont le but est d'aider les populations à prendre le pouvoir pour assurer, produire et reproduire leur vie.
Cessons de nous mentir à nous même.

Mme Kala, vous nous demandez de faire preuve d’imagination dans nos luttes et surtout que celles ci reposent sur des réflexions concertées avec la base qui se trouve AU CAMEROUN tout en s’y rendant tous les trois mois. N’oubliez pas que nous de la diaspora ne sommes pas dans l’oisiveté. Nous devons travailler pour remonter ces mêmes familles qui sont au Cameroun et espèrent recouvrir leur assurance par nous.
En fin de compte, nous devons nous soutenir mutuellement. La diaspora sans les locaux ne peut pas franchir son enracinement. Combien sont ceux qui vont au village saluer les grands parents et se ressourcer auprès d’eux. Notre cher pays peut compter sur la diaspora en l’associant dans divers projets.

Notre mémorandum :

- reconnaissance de la double nationalité
- droit de vote aux camerounais de l’extérieur
- création d’un département ministériel de la diaspora
- aménager des centres d’exploitation et de financement par la diaspora de grands projets au Cameroun (usines, etc.)
- faciliter les Camerounais de l’extérieur à investir au Cameroun, agréments rapides, titres fonciers.


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