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Un homosexuel camerounais menacé d'expulsion en France
(24/10/2009)
Il est camerounais, est âgé de 21 ans et a été interpellé dimanche dernier, à Hendaye, dans le train venant d'Espagne. Nilem Boma Ndikum n'aura donc passé que quelques minutes sur le sol français.
Par Sudouest.com

Il est camerounais, est âgé de 21 ans et a été interpellé dimanche dernier, à Hendaye, dans le train venant d'Espagne. Nilem Boma Ndikum n'aura donc passé que quelques minutes sur le sol français. En rétention administrative dans le centre d'Hendaye, il fait désormais l'objet d'un arrêté préfectoral de reconduite à la frontière.

Hier, le tribunal administratif de Pau se penchait sur sa requête en annulation de cet arrêté. Jusque-là rien que du classique, sauf que le jeune Camerounais avançait comme argument son homosexualité, considérée comme un délit dans son pays, réprimé par six mois à cinq ans de d'emprisonnement.

Selon ses déclarations, Nilem Boma Ndikum aurait été victime de brimades et de persécutions. En décembre 2007, suite à une dénonciation, il aurait été arrêté et battu par la police de son pays d'origine. Molesté aussi quelques semaines plus tard par une bande d'homophobes, l'accusant de transmettre le virus du sida en raison de ses relations sexuelles avec des Blancs. Victime, encore, d'un « harcèlement permanent ». « Les gens connaissaient mon homosexualité et avaient peur de moi », a expliqué le jeune Camerounais.




 S'il est renvoyé au Cameroun, on peut imaginer quel accueil il recevra, soulignait son avocate, Me Casau. Là-bas, il lui est interdit d'être ce qu'il est. L'homosexualité n'est pas admise au titre du droit d'asile, alors que Rama Yade a fait un beau discours aux Nations unies pour qu'elle le soit. Il y a là une contradiction française. »

Le représentant de la préfecture des Pyrénées-Atlantiques a rappelé que l'homosexualité seule n'était pas « de nature à annuler l'arrêté ». Et que dans le cadre de l'article 3 de la Convention européenne des droits de l'homme, il appartenait au plaignant de rapporter les preuves des « traitements inhumains et dégradants », dont il avait été la victime.

C'est in fine l'argument retenu par le tribunal pour rejeter la requête de Nilem Boma Ndikum. Une décision qui a « scandalisé » Me Casau. « Comment voulez-vous qu'en si peu de temps mon client puisse rapporter les preuves des persécutions dont il a fait l'objet ? C'est impossible. La preuve existe dans le simple fait qu'au Cameroun, l'homosexualité est sanctionnée par le Code pénal. Le risque de nouvelles persécutions est réel. » Nilem Boma Ndikum fera appel de la décision du tribunal administratif et devrait déposer un dossier de demande d'asile. Ce qui ne le met pas à l'abri d'une expulsion.




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