« Les techniciens vont sans doute me donner raison mais pour moi c’est à cause de l’indiscipline, vous avez vu le feu, vous avez vu les branchements, donc pour moi c’est l’indiscipline » Fai Yengo Francis, le gouverneur de la région du littoral est convaincu de sa thèse. Il a visité mercredi, 24h après le drame, les décombres du marché central de Douala, dont le complexe a brûlé au 3/4, consumant près de 250 boutiques.
L’autorité soutient donc que les commerçants sont à l’ origine de leur malheur puisqu’ils s’installent de manière anarchique, et font des branchements électriques qui démontrent les risques qu’ils encourent. Fritz Ntoné Ntoné, le délégué du gouvernement auprès de la Communauté Urbaine de Douala, reconnaît que ce marché est vétuste. « les équipements que nous avons maintenant sont vieux de plus de 20 ans, la population a doublé, il faut donc, non seulement de nouveaux marchés, mais réhabiliter les vieux marchés ».
Lors de la visite des autorités, de la fumée s’élevait encore des bâtiments dont la plupart étaient calcinés, de l’eau, ayant servi aux sapeurs pompiers pour arrêter les flammes, stagne partout, des marchandises ayant échappé aux flammes sont noircies par la fumée, pas l’ombre d’un commerçant. Mais massés à l’extérieur, ils n’ont pas manqué de marquer leur courroux à l’annonce de la fermeture du marché pour une durée indéterminée, pour besoins d’enquête.
« je ne sais pas mais si ce n’est pas vite fait ce sera très grave, parce que pour le moment il y a encore des marchandises qui n’ont pas brûlé à l’intérieur, parmi nos boutiques, on ne sait pas qui a brûlé qui n’a pas brûlé » « comment on va faire avec les marchandises qu’on a achetées, si on ne les vend pas maintenant on va perdre » fulminent-ils. La commission mise sur pied par le préfet du Wouri doit « recenser ceux qui sont sinistrés, évaluer les dégâts, mais le travail ne sera pas long pour ne pas pénaliser les commerçants » assure Ntoné.
Même si on ne connait pas la composition exacte de cette commission, on sait que le concessionnaire du marché central n’en fait pas partie, il sera interrogé selon le préfet, au cours de l’enquête. De plus les commerçants sinistrés ne pourront déclarer leurs biens qu’en conformité avec les impôts qu’ils payent.
A l’origine du feu, le court circuit est privilégié, une résultante des branchements anarchiques dans le marché, il reste à établir les responsabilités des uns et des autres. Surtout qu’il y a deux ans, l’association des commerçants du marché central avait commis un expert pour évaluer leur système électrique. Le rapport d’expertise remis à la communauté urbaine quelques temps après, faisait état d’une urgence d’agir dans ce marché. Il mentionnait « la vétusté des installations, la destination actuelle des installations aujourd’hui qui n’est pas celle prévue par les concepteurs, et le danger que courraientt les populations à cause du fait que les installations étaient prévues pour que Aes Sonel en soit responsable jusqu’au niveau du compteur, mais on est passé d'un compteur pour chaque boutique qui avait un contrat avec Sonel, à un compteur pour plusieurs commerçants ».
Des experts affirment à la lecture de ce rapport que, si l’origine du feu est la brûlure d’un câble conducteur de courant, alors les commerçants sont des victimes. Il reste à Aes sonel, l’entreprise fournisseur d’énergie électrique et responsable de l’entretien des compteurs et la Cud de trouver entre eux, les responsables de ce sinistre.
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