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A coeur ouvert avec Gabriel DJANKOU Nkuissi, promoteur de la Nlonako Valley à Nkongsamba
(28/02/2012)
"Aux USA on parle de Silicone Valley. Au Cameroun on parlera de Nlonako Valley", nous confie confiant M. Gabriel Djankou.
Par Rédaction Bonaberi.com
Gabriel Djankou, promoteur de l'Ismam à Nkongsamba
Gabriel Djankou, promoteur de l'Ismam à Nkongsamba
©www.bonaberi.com
Bonjour M. Gabriel Djankou, comment vous portez-vous depuis la dernière fois que nous nous sommes entretenus ?

Bien de choses se sont passées. Dieu merci. Mais la santé personnelle est bonne et le projet que Dieu nous a donné de réaliser avance.

Comment se portent Nkongsamba et votre projet, initié depuis 5 ans déjà ?

Nkongsamba fait et vit une mutation. Nous pouvons même parler de sa renaissance. Les routes sont bitumées, les commerces ouvrent, les chantiers sont visibles partout dans la ville, les banques reviennent, les établissements universitaires s’installent. Bref il refait bon vivre à Nkongsamba. En ce qui concerne mes projets, vous parlez de l’Institut supérieur de management du Manengouba - ISMAM Nkongsamba je devine-, on vient de célébrer son 5ème anniversaire avec des perspectives intéressantes en vue.

Cinq ans c’est long et on imagine que le chemin n’a pas été facile. Pouvez-vous nous faire le bilan de cette activité, que ce soit évidemment d’un point de vue personnel, humain et aussi pédagogique ?

Difficile en quelques mots de faire le bilan de 5 ans de l’ISMAM. En tant que promoteur, notre bilan peut aussi manquer d’objectivité. Mais notre mérite principal tient de ce que nous avons contribué significativement à la renaissance de la ville en créant le tout premier établissement universitaire dans le département du Moungo. Sur le plan pédagogique, ISMAM a formé en 5 ans plus de 100 BTS avec, cerise sur le gâteau, 6 majors nationaux. Je dis bravo au staff enseignant de l’ISMAM et aux étudiants méritants. Nous sommes passés de 14 étudiants à l’ouverture en 2006 à près de 200 en 2011. Socialement nous avons créé 26 emplois permanents et près de 40 enseignants vacataires. 53% de nos étudiants ont trouvé un emploi. Voila un bilan rapide de notre action. Mais ISMAM n’est en réalité que la première étape d’un programme de développement plus ambitieux que nous voulons mettre en place à Nkongsamba, le N’lonako Valley.

Vous semblez nourrir de nouvelles ambitions à chaque fois qu’on vous rencontre. Cette rencontre ne fait pas exception, puisque votre projet semble prendre une autre dimension, notamment avec votre volonté de créer un pôle de développement. Pouvez-vous nous en dire plus sur ce volet de vos initiatives?

Le N’lonako Valley est un label, un cadre de développement local. Il va initier et susciter des activités académiques, économiques et touristiques à travers la mise en place progressive d’un Pôle universitaire, d’un pôle agricole (Agropole), d’un pôle Ecologique (Ecopole) et enfin d’une station de radio, Nkongsamba FM, la première de la ville.



Des étudiants venus nombreux à la pose de la première pierre de la Nlonako valley
Des étudiants venus nombreux à la pose de la première pierre de la Nlonako valley
D’où vous est venue l’idée de créer une station radio à Nkongsamba ?

Cela participe de notre souhait de faire renaître Nkongsamba. Est-ce normal que Nkongsamba, même du temps de sa splendeur, n’ait pas eu de radio locale ? Quoi qu’il en soit Nkongsamba FM « l’écho des montagnes », sera un outil pédagogique pour nos étudiants en communication et pour les activités de la Nlonako Valley Foundation. Mais il rendra le service que toute radio doit rendre pour sa communauté.

Vous êtes un ancien habitant de Nkongsamba, y ayant passé il me semble, l’essentiel de votre jeunesse ; raison pour laquelle d’ailleurs, vous avez décidé d’implanter votre projet dans cette région du Cameroun, naguère prospère. Mais objectivement, n’était-ce pas un peu rêveur de concevoir l’ISMAM et maintenant le N’lonako Valley que vous voulez international à Nkongsamba?

Ancien habitant de Nkongsamba (rires). Je suis natif et habitant de Nkongsamba. Pourquoi ne peut-on ou ne doit-on pas rêver ? Ne doit-on faire des choses que pour des populations ou des villes qui n’ont plus besoin des actions comme les nôtres ? Rêver ? Oui ! Je rêve de faire de Nkongsamba le Silicone Valley du Cameroun et de l’Afrique. Ce n’est plus un rêve puisque nous avons commencé à le réaliser. Le N’lonako Valley a été porté sur les fonds baptismaux le 29 octobre dernier. Nous avons des étudiants qui viennent de Centrafrique, des Comores, de Madagascar et du Bénin. Notre encadrement est appuyé par des coopérants canadiens qui vivent à Nkongsamba. Comme vous le voyez, la ville est déjà internationale. Nkongsamba a été une ville prospère grâce au café. Nous lui rêvons un avenir autre en voulant qu’elle passe de ville caféière à ville universitaire. La dynamique est lancée. Rien ne l’arrêtera.

Vous parlez de pôle universitaire, Ecopole et Agropole. Pouvez-vous nous définir de manière plus concrète ce que vous intégrez dans ces termes sémantiques?

Le N’lonako Valley sera physiquement bâti sur un site de 70 hectares sur les flans du Mont N’lonako. Nous allons y créer un complexe universitaire qui regroupera les instituts professionnels en management, agriculture, environnement, santé, sport et communication. Il comprendra également un Ecopole c'est-à-dire un certain nombre de structures et d’activités tendant à préserver l’environnement et à développer des « emplois verts ». Avec l’Agropole, nous pensons appuyer la politique agricole du gouvernement, notamment en matière de formation, mécanisation et entreprenariat. Nous pensons contribuer d'ici 2017 à la création de près de 240 emplois directs et 1000 indirects, à travers les unités agro industrielles, des circuits éco touristiques, des jardins botaniques, des parcs zoologiques, des centres de formations professionnelles et techniques, des fermes agricoles… et surtout d’accompagner nos jeunes formés à créer, monter et gérer leurs propres entreprises.


En Septembre 2012, si j’ai bien compris les informations que vous distillez, doivent ouvrir les portes de la filière agro-pastorale. Pensez-vous être dans les délais et surtout estimez-vous qu’il y’aura un engouement particulier, sur des filières dites abandonnées au Cameroun ?

Nous avons fait des choix de formation dictés par l’environnement dans lequel nous montons le projet et nous nous inscrivons dans l’accompagnement de la politique nationale. L’agriculture et l’environnement sont des secteurs de développement sous-exploités et même mal explorés dans la région du Moungo, depuis la recherche en passant par la production, la transformation et la formation. Il y a beaucoup à faire. J’ai bien noté que dans le discours du Chef de l’Etat à la Jeunesse, il a insisté sur les filières agricoles et environnementales comme secteurs d’avenir.

Porteurs et visionnaires sont les termes qui nous viennent à l’esprit pour définir tous vos projets, mais nous avons envie de rajouter couteux. Comment comptez-vous mettre en œuvre tous les programmes qui définissent votre rêve ?

Comme j'ai dit, le Nlonako Valley est un label, un modèle de développement. C'est aussi une vision, un concept. Je ne prétends pas tout faire tout seul, encore moins tout faire en même temps.
J'ai donné et fixé un cap. Maintenant toutes les bonnes volontés sont les bienvenues. J'ai un espace de 70 hectares sur lequel toute personne ou structure qui veut développer un business à Nkongsamba, peut venir s'établir suivant certaines modalités à convenir. Les unités de production ou de transformation qui viendraient seraient pour nous des centres d'application pour nos étudiants et en même temps, cela créerait des activités et des emplois, ce qui contribuerait à la renaissance de la ville.
Donc tous ceux qui ont des projets agricoles, environnementaux ou autres, l'espace Nlonako valley est ouvert pour les accueillir. A terme, le Nlonako Valley sera une zone de production d'origine contrôlée qui pourrait bénéficier du statut de zone franche universitaire (ZFU)


Le site qui abritera le campus de la Nlonako valley
Le site qui abritera le campus de la Nlonako valley
Vous faites donc un appel du pied aux âmes bienveillantes et aux entrepreneurs, pour qu’ils vous accompagnent dans ce qu’est la construction du Nlonako valley, mais quelle est la garantie ou l’assurance que vous leur donnez, quant à la réussite de toutes ces initiatives ? Pourquoi un entrepreneur rural réussirait-il aussi bien sinon mieux à Nlonako qu’ailleurs ?

Ceux à qui je fais appel ne m'accompagnent pas moi. Mais ils font leur business à eux. J’offre un cadre, un label, un espace et quelques avantages pour faciliter leur implantation, fonctionnement et développement. Tout bien sûr se fera sur la base de contrat. Croyez-moi chacun trouvera son compte. Mais il ne s'agit pas pour moi d'une opération commerciale, mais une initiative de développement local.

Pouvez-être plus clair lorsque vous parlez d’avantages ?

Le foncier a toujours constitué un casse tête pour les nouveaux entrepreneurs. C'est un acquis dans le Nlonako Valley. Nous allons solliciter le statut de zone franche universitaire. Ce qui procure également des avantages certains. Nous envisageons le label "product of Nlonako valley" qui sera une appellation contrôlée et produit selon les normes de qualité. Nous pensons créer une émulation, une dynamique, une nouvelle façon de faire pour que le rendez-vous du Cameroun Pays émergent en 2035 soit réalisé, que Nkongsamba et sa région bénéficient d'activités économiques créatrices d'emploi et les jeunes puissent s'offrir des formations complètes dans nos structures pour être des entrepreneurs accomplis.

Tous les entrepreneurs du monde rural sont donc les bienvenus à Nkongsamba. Quelles sont les difficultés que vous rencontrez au quotidien, que ce soit dans la gestion économique de votre projet, la gestion des personnes avec lesquelles vous collaborez, ainsi que la collaboration avec l’état, qui est un interlocuteur indispensable ?

Un tel projet, de par son ampleur et son ambition ne peut se faire sans difficultés. Mais nous avons heureusement une coopération agissante et dynamique avec des partenaires canadiens qui nous accompagnent sur le plan technique et institutionnel. Il y a un personnel compétent et dévoué au Cameroun. Reste à bien les motiver et les organiser. Avec l’Etat, nous avons une relation excellente. Nous nous efforçons de respecter les lois de la République. Nous avons été reçus récemment par les services du Premier ministre pour présenter notre projet. Nous sommes en contact avec les ministères techniques auprès desquels nous avons fait une demande d’appui.

Vous êtes en quelque sorte un précurseur à Nkongsamba, étant donné que l’Ismam est le premier institut créé là bas. Quel regard portez-vous sur un horizon dans lequel vous n’êtes plus le seul et qui a bien évolué depuis lors?

Je suis un homme heureux. Rappelez-vous, je vous disais déjà lors de notre première rencontre que mon souhait était de voir Nkongsamba renaître de ses cendres. Depuis, j’ai prêché par l’exemple. J’ai été suivi par quelques personnes et autres structures. C’est une bonne chose. L’ISMAM a besoin de plusieurs autres instituts, fussent-ils concurrents pour que mon rêve pour Nkongsamba s’accomplisse.

Certains vous prêtent des ambitions politiques locales. Qu’en est-il ?

J’ai effectivement entendu que certains hommes politiques de la ville avaient perdu le sommeil en soupçonnant l’éventualité de ma candidature à des postes de maire ou de député. Il n’en est rien. Je suis bien aux Nations unies et ma retraite n’est pas pour demain. Je me contente avec beaucoup de bonheur à contribuer aux actions de fond dans la ville avec cette virginité politique et ce détachement. Je n’ai aucune ambition politique dans le Moungo.

Dans le cadre de l’internationalisation de l’Ismam dont vous nous avez parlé lors de notre dernière entrevue, où en êtes-vous ? Quels sont les partenariats accomplis et quels sont les projets de partenariat sur lesquels vous travaillez ?

C’est un point de grande satisfaction. Nous avons des partenaires du Canada, notamment le Cégep de la Pocatière et l’Institut de développement nord sud (IDNS) avec lesquels un travail de fond se fait sur le plan institutionnel, pédagogique et bientôt économique. Ce partenariat permettra par exemple la mise sur pied du premier établissement supérieur au Cameroun pour la formation d’éducateurs spécialisés devant prendre soin des personnes handicapées.

Vous êtes un employé de l’ONU et êtes assez souvent hors du Cameroun, comment parvenez-vous à gérer de manière pérenne votre projet ?

Je suis un développeur. Mais il y a sur place à Nkongsamba, une équipe jeune et dynamique encadrée par la coopération canadienne qui assure une gestion satisfaisante. Des cadres plus compétents et expérimentés seront intégrés au fur et à mesure que les choses se mettront en place. Mais l’accompagnement canadien nous est garanti.


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Découvrez le site officiel de la Nlonako Valley








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