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Le milliardaire et les mendiants
(23/03/2005)
Ils étaient une centaine pour recevoir de l’argent de l’homme d’affaires Alhadji Abbo.
Par Quotidien Mutations
Vêtus comme d'habitude de pagnes et de boubous à la propreté douteuse, ils tiennent des parapluies supposés les protéger, ainsi que leurs parents, du soleil dru de cette matinée de mardi, 22 mars 2005. Ils sont une centaine de mendiants regroupés au Boulevard du 20 mai, face à l’hôtel Hilton de Yaoundé.

Massés ici depuis la matinée, ils n’avaient qu’une phrase pour expliquer ce regroupement pour le moins curieux: "Un Aladji nous a demandé de venir ici pour qu’il nous donne de l’argent. Nous l’attendons", confie un aveugle accompagné de sa jeune fille. Pendant ces heures d’attente qui ont précédé la distribution, tous les regards, lucides ou vitreux, étaient dirigés vers la façade de l'hôtel où, leur a-t-on dit, leur bienfaiteur était descendu, en provenance de Ngaoundéré où il réside habituellement. En retrait, d'autres mendiants, chassés par le gros de la troupe pour des raisons diverses, espéraient bien, à partir de leur position, pouvoir attirer l’attention de Aladji Mohamadou Abbo. Cet homme d’affaires bien connu dans la ville de Ngaoundéré, siège de l’une de ses entreprises, Maïscam, un géant de l’agro-industrie. C’est d’ailleurs lui qui a décidé, comme à chacun de ses passages dans la capitale, de faire l’aumône aux mendiants.

"Hier, on est allé le voir pour qu'il nous aide. Il a demandé qu’on appelle tout le monde et qu'on revienne aujourd’hui pour l’aumône. Il a l’habitude de faire comme ça. C’est pour cela que le message est passé", raconte un mendiant. Quelques minutes plus tard, la foule de mendiants, assis à même le sol, s’agite. On n’entend plus que des injonctions en foufouldé et autres dialectes. De l’autre côté, Mohamadou Abbo, accompagné de trois policiers, traverse la rue. Les mains dans les poches de sa gandoura blanche, il se dirige vers un premier groupe d’impotents avec lesquels il converse avant de procéder à la répartition. La foule s’agite, on devient de plus en plus nerveux. Personne ne veut être oublié lors du décompte. Quelques mendiants, parias en raison de ce qu’ils n’appartiennent pas à la même région que la majorité des quémandeurs, se font expulser des rangs.

Certains, surmontant leur infirmité, accourent vers le bienfaiteur tandis que des "aveugles" essaient tant bien que mal de s’agripper à sa gandoura. Les billets ne cessent d’être soigneusement dissimulés dans les guenilles des "guides" qui, plus tard, procéderont à la répartition entre les membres du groupe. 5.000 Fcfa environ par personne. L’opération durera une quinzaine de minutes. Dans l'entourage de Mohamadou Abbo qui n'a pas souhaité se confier sur le sens de son acte, on a appris qu'il accomplissait simplement son devoir de musulman. Quant aux mendiants, ils sont repartis, le cœur joyeux, vers leurs lieux habituels : devant les grandes surfaces, au marché, au centre centre commercial, où, la main tendue, ils cherchent de quoi vivre.




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