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Cameroun : A la rencontre Bellnoun Momha, auteur d'un dictionnaire Bassa - Français
(27/01/2009)
Bellnoun Momha est auteur d'un dictionnaire Français - Bassa et Bassa - Français. Il s'est confié à Bonaberi.com.
Par Rédaction Bonaberi.com (Yann Yange)
Bellnoun Momha, auteur d'un dictionnaire bassa - Français
Bellnoun Momha, auteur d'un dictionnaire bassa - Français

Bonjour M. Bellnoun Momha, vous êtes l'auteur d'un dictionnaire Français/Bassa et Bassa/Français, préfacé par le feu Meinrad Hebga et publié aux Editions L'Harmattan. Pouvez-vous vous présenter aux internautes et nous expliquer ce qui a motivé la publication d'un tel ouvrage ?

Je suis un ancien élève de l’Institut d’Administration des Entreprises de Caen, chercheur et préside en ce moment l’Association pour la sauvegarde de la Culture Camerounaise  (AS2C) à Paris.

Dans un monde comme le nôtre voué aux turbulences de la mondialisation et aux orages qu’elle prépare, il m’a a paru utile, voire indispensable, pour notre enracinement, celui de nos enfants et des générations futures d’élaborer un dictionnaire. Tel, il permettra non sans lacunes :

1- de nous réconcilier d’abord avec nous-mêmes, c'est-à-dire, d’amorcer en toute conscience le processus de désaliénation,
2- de lancer un pont entre les locuteurs du Bassa et le reste du monde,
3- que la langue Bassa soit bien maîtrisée, et qu’elle puisse nous amener à exprimer le langage des sciences comme disait Cheikh Anta Diop
4- enfin que la langue Bassa vienne s’ajouter en tant qu’élément de progrès et de joie à la grande famille des langues camerounaises.

Telles ont été mes motivations.

Quelle importance revêtent les langues traditionnelles dans le patrimoine culturel de tout individu, notamment en Afrique ?

La langue est le témoignage immortel d’un peuple. A partir de là, la nécessité de la conserver, de la faire évoluer pour diverses utilisations s’impose. Cela est valable non seulement pour les Africains, mais aussi pour tous les autres peuples du monde. Voilà pourquoi, je pense que nos langues devraient être non seulement au centre de nos préoccupations quotidiennes mais aussi au centre de notre patrimoine culturel. Elles doivent être une torche qui éclaire notre voie et une béquille qui nous permettent d’avancer lentement et sûrement vers nous mêmes.

Pensez-vous que les langues vernaculaires sont en déperdition dans notre pays et qu'il est urgent de prendre des mesures pour les préserver ? Si oui, quels types de mesures, des mesures terre à terre (politiques et surtout citoyennes), faut-il prendre selon vous ?

Tout d’abord, toutes les langues sont vernaculaires et véhiculaires. Je ne vois donc pas pourquoi seules les langues africaines seraient les seules à être rangées dans la catégorie péjorative de langues vernaculaires. Ceci dit, les écrire et les consigner dans des supports constitue déjà un pas positif. Pour ce qui est des mesures citoyennes à suggérer, nous pouvons par exemple demander aux autorités de décréter un jour dans l’année qu’on pourrait intituler «Journée de langues camerounaises ». Ce sera une bonne occasion de faire le point sur le sujet.




Cheikh Anta Diop, dans son ouvrage "Nation, Nègres et Culture", avait démontré que le wolof pouvait englober tout le spectre d'utilisation d'une langue dite moderne (utilisation courante, scientifique, politique, etc), le Bassa permet-il d'aborder un spectre aussi large de domaines ? Un mathématicien ou un physicien peut-il, par exemple, écrire un ouvrage scientifique uniquement en  Bassa ?

A l’instar du Wolof ou du français, toutes les langues sont susceptibles d’être utilisées pour enseigner les mathématiques, la physique, la chimie, la géographie etc… à la condition unique de les maîtriser d’abord. Si toute langue est bien maîtrisée, elle peut être adaptée et amenée à exprimer le langage des sciences. Voulez-vous que je vous dise comment on pourrait dire par exemple (cinq puissance dix : bitan, u ma bédés gwo jôm li ndegi ). Il ne faut pas oublier que les emprunts sont parfois aussi une richesse pour une langue quelconque. Le mot « température » n’existe pas en bassa. Mais, par contre, nous connaissons et la chaleur, et le froid.

Pour finir, toujours dans le même ordre d'idées que celles de Cheikh Anta Diop, pensez-vous qu'on peut revenir totalement à l'utilisation des langues vernaculaires en Afrique en lieu et place des langues coloniales actuellement prédominantes comme langues nationales officielles dans la plupart des pays ?

La question du remplacement des langues coloniales n’est pas à l’ordre du jour en ce moment. Ce que notre association (Association pour la sauvegarde de la Culture Camerounaise  : AS2C) essaie tout simplement de faire pour l’heure, c’est de donner la possibilité à chaque Camerounais et chaque Camerounaise d’apprendre, de parler, d’écrire et de maîtriser sa langue maternelle comme cela a été brillamment fait pour les autres langues étrangères telles l’anglais, le français, l’allemand, le chinois etc…. Une fois que nous aurons la maîtrise de nos langues, nous verrons désormais un peu plus clair et nous serons à même de juger, cette fois-ci, en toute conscience de la nécessité de tenter une telle aventure linguistique ou pas.



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