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Recrudescence des maladies parasitaires
(30/09/2004)
“La recrudescence des maladies parasitaires, constitue aujourd’hui un important problème de santé publique dans notre pays’’
Par Le Messager

"Tous nos efforts actuels tendent à éradiquer ces maladies qui touchent essentiellement les enfants en âge scolaire dont plus de deux millions sont parasités par les schistosomiases, tandis que les helminthiases intestinales touchent plus de 10 millions de Camerounais", a-t-il affirmé. (Ces maladies sont des parasitoses causées par des vers).

Selon le Bureau central de recensement et des études de la population, le Cameroun compte, en 2004, environ 16,1 millions d’habitants, et plus de la moitié vit encore en dessous du seuil de pauvreté avec moins d’un dollar par jour.

"C’est la pauvreté qui serait probablement à l’origine des problèmes de santé des compatriotes’’, explique à IPS, Léontine Ngollè, médecin au Centre hospitalier universitaire de Yaoundé. ‘’Car, comment comprendre qu’autant de patients en souffrent alors même que le coût du traitement atteint à peine 1.500 francs CFA (environ 2,83 dollars?’’, commente-t-elle.

Aussi, nombre d’écoliers qui ont repris les chemins de l’école, le 11 septembre dans le pays, se retrouvent-ils à fréquenter les infirmeries scolaires. "J’avais de fréquentes nausées et je maigrissais depuis deux semaines. Je n’avais pas d’appétit. Je ne mangeais presque pas, et malgré cela, mon ventre restait proéminent", a confié à IPS, Lorraine Ango, 14 ans, une élève de troisième au Lycée Général Leclerc à Yaoundé.

Elle ajoute : "Je prenais des calmants chez les vendeurs à la sauvette et mon état restait statique. Dans la famille, certains me soupçonnaient d’avortement clandestin. C’est après des examens de selles ici à l’infirmerie du lycée que le médecin a dit que je souffrais de schistosomiase. J’ai commencé le traitement lundi dernier (20 septembre) et je me sens presque guérie".

"De la sorte, le rendement de ces enfants s’en trouvera déstabilisé", a dit à IPS, Emmanuel Ngafeeson, secrétaire d’Etat n°1 à l’Education nationale. "Ainsi, la baisse du développement intellectuel et la croissance des enfants sont, à quelque chose près, tributaires des indicateurs de l’impact de cette maladie", affirme-t-il.

"Le niveau actuel des pathologies dues aux maladies parasitaires au Cameroun, notamment la schistosomiase qui est causée par les vers, montre qu’un Camerounais sur deux est atteint des vers intestinaux", explique à IPS, le professeur Same Ekobo, chef de laboratoire de parasitologie à la Faculté de médecine de l’Université de Yaoundé I. Ekobo ajoute : "En réalité, le territoire national, dans son ensemble, est touché par les helminthiases intestinales. Il n y a donc pas de régions potentiellement exposées. Seulement, les régions humides du littoral présentent un mode de contagion particulier, la transmission par voie de pieds nus, l’ingestion des eaux insalubres, alors que la région septentrionale (sèche) du pays est plus encline à une transmission due à une mauvaise hygiène des mains".

Selon le Rapport sur le développement humain 2003 du Programme des Nations Unies pour le développement, 79 pour cent des Camerounais ont accès aux services sanitaires, et 58 pour cent à l’eau potable.

Le Minmee et le Mineduc interpellés

Le ministère de la Santé publique pense que face à la montée croissante des maladies parasitaires, seule une action conjointe entre les ministères des Mines, de l’Eau et de l’Energie et de l’Education nationale pourrait aider rapidement à un déparasitage systématique et régulier des enfants en âge scolaire, et viser des groupes cibles à risques élevés comme des pêcheurs.

"Nous allons procéder au traitement, par le chlore, de tous les puits des villes de Yaoundé et de Douala (la capitale économique) afin d’aider au moins la moitié des habitants de ces villes qui n’ont pas tous accès à l’eau courante", a indiqué à IPS, Joseph Nkumi, ingénieur en service à la Direction de l’eau au ministère des Mines, de l’Eau et de l’Energie.

La direction "demande à ces populations d’éloigner les latrines des puits, de porter des chaussures couvertes, et de bien laver les fruits avant de les consommer", a-t-il dit.

"La solution à long terme serait de promouvoir l’accès des populations à une eau saine, et de vulgariser les mesures d’hygiène élémentaire", a expliqué à IPS, Hélène Mambu Ma-Disu, représente résidente de l’Organisation mondiale de la santé (Oms) au Cameroun.
Elle ajoute : "Pour ce qui est du traitement des enfants dans les écoles, l’Oms et le gouvernement camerounais élaborent, en ce moment, une stratégie conjointe de lutte qui commence à la mi-octobre et va s’appuyer sur un réseau d’enseignants formés. Les maladies parasitaires sont à prendre au sérieux au même titre que le Vih/Sida et le paludisme".

"La recrudescence des maladies parasitaires nous inquiète beaucoup’’, a déclaré à IPS, le professeur Louis Albert Tchuem, secrétaire permanent du Programme national de lutte contre la schistosomiase et les helminthiases intestinales. Selon Tchuem, le ‘’plan d’urgence commence en octobre et ira jusqu’en 2008. Il prévoit le déparasitage de 2,5 millions de personnes par an. Pour cela, un budget de six milliards FCFA (environ 11,320 millions de dollars) nous a été alloué".

Ce budget "nous permettra de subventionner les médicaments tels que le Praziquantel qui est un médicament de choix pour toutes sortes de schistosomiases et l’Oxamniquinine. Le coût de traitement d’un enfant va revenir à 270 FCFA (51 cents US) tandis que celui de l’adulte sera fixé à 425 FCFA (80 cents)", a-t-il ajouté.

"Le gouvernement a focalisé tous ses efforts dans le SIDA où il y a beaucoup de mouvements d’argent, oubliant que d’autres maladies requièrent l’attention", a affirmé à IPS, Etienne Nsoga, secrétaire général de l’Association pour la promotion de la santé communautaire, une organisation non gouvernementale (Ong) basée à Yaoundé.

"Nous venons de saisir les autorités par lettre afin qu’une mesure immédiate (de traitement) soit prise pour les populations rurales de la province du Centre, la plus touchée", indique-t-il.



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