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Santé: Des Ecorces sous la blouse
(03/09/2004)
Une exposition des tradi-praticiens à la Faculté de médecine et des sciences biomédicales.
Par Redaction

Une exposition des tradi-praticiens à la Faculté de médecine et des sciences biomédicales.

Un gamin se croirait, à coup sûr, dans un de ces rêves cauchemardesques qui hantent les nuits des personnes envoûtés. Tellement le visage que présente le hall de la Faculté de médecine et des sciences biomédicales (ancien Cuss), en ce mardi 31 août 2004, est effrayant. Les guérisseurs, comme on aime à les appeler chez nous, ont saisi l'occasion de la célébration de la 2 ème édition de la journée africaine de la médecine traditionnelle, pour exposer une pharmacopée diverse et variée, en ce lieu, véritable antre de la médecine au Cameroun. L'odeur qui agace les narines du visiteur de ces stands très particuliers n' a rien à voir avec les parfums les plus à la mode en ce moment. Sur des étals de fortune, sont disposés divers objets dont la cinquantaine d'exposants tiennent, au quotidien, leur réputation de pourfendeurs de la sorcellerie et guérisseurs de bien d'autres maladies, souvent jugées incurables, à tort ou à raison. Des mixtures aux multiples couleurs conditionnées dans des emballages plastiques au écorces d'arbres fraîches ou séchées, en passant par des masques hideux et autres poudres mystiques, tout dans le hall de la Fmsb de Yaoundé rappelle le décor d'une séance d'exorcisme, dont seuls nos médecins traditionnels ont le secret.

En dehors des étudiants de la Faculté de médecine, venus s'enquérir des résultats de fin d'année, l'accoutrement de ceux-là mêmes qui, comme peut en témoigner une plaque, ont la prétention de soigner "toutes sortes de maladies mystiques", incarne, lui aussi, le mystère qui entoure la profession de tradi-praticien dans notre pays. Et ce n'est pas cette dame, plutôt belle, mais à la coiffure apparemment vieille de plusieurs mois, et dont la robe rouge frappée d'une énorme étoile noire découragerait le plus vaillant dragueur, qui nous démentira. Au vrai, sa mise rappelle celle d'un magistrat, garant non pas du droit moderne, mais des pratiques ancestrales. A côté de cette déesse du mystère, deux individus se renseignent auprès d'un homme à la barbe impressionnante. "Vous êtes libre de vous faire consulter par qui vous voulez. Aujourd'hui, vous avez la possibilité de poser vos problèmes à n'importe quel guérisseur ici. C'est gratuit. Mais, au cas où vous voulez assister aux exposés, achetez un badge. Il coûte 3 000 francs", déclare-t-il à Penn et Khan, deux étudiants en médecine, de nationalité camerounaise, de la Bayero university of Kano, au Nigeria.

La présence des deux futurs médecins sur ce site d'exposition n'est pas le fait du hasard. "Nous sommes en vacances au pays. Nous avons cru devoir assister à cette manifestation pour échanger avec les tradi-praticiens, parce que la médecine traditionnelle, comme vous le savez, est à l'origine de la médecine moderne. Et il n'est pas exclu que nous sortions d'ici avec un thème de recherche susceptible d'apporter un plus à la médecine moderne", affirme Penn, le sourire en coin. Des propos qui s'inscrivent en droite ligne du thème de la célébration de cette année, à savoir : "avancer la médecine en Afrique avec la médecine traditionnelle".

Un voeu sur lequel l'Organisation mondiale de la santé (Oms) interpelle sans cesse les pouvoirs publics africains en général, et camerounais en particulier. Ce d'autant plus que, comme a tenu à le rappeler, Ebrahim Malick Samba, le directeur régional de l'Oms, "bien qu'elle ait été souvent dénigrée comme pratique arriérée (...) la médecine traditionnelle est utilisée par 80 % de la population vivant en Afrique.

Et pour la majorité de cette population, elle [la médecine traditionnelle, Ndlr] est l'unique source d'espoir de prise en charge ou de traitement de certaines maladies prioritaires telles que le vih-Sida et la drépanocytose". Cependant, pour créer une synergie efficace entre la médecine conventionnelle et traditionnelle, il est indispensable, entre autres dispositions à prendre, poursuit le responsable de l'Oms, de "développer des cadres stratégiques, juridiques et réglementaires pour la pratique de la médecine traditionnelle". Une manière très diplomatique d'en appeler à la promotion de cette médecine, mais davantage de tirer la sonnette d'alarme, face à la recrudescence des pharmacies traditionnelles de rue et de ces individus qui, dans les cars de transport inter-urbain, ne cessent de vanter les bienfaits de leurs potions passe partout.

par Quotidiens mutations



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