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Six provinces sur dix touchées par le choléra
(19/07/2004)
De janvier 2004 à ce jour, le Cameroun a enregistré, de l'aveu même des autorités en charge de la santé, 6377 malades de choléra.128 Camerounais sort morts. la pauvreté est elle la cause de ce fleau?
Par Redaction

De janvier 2004 à ce jour, le Cameroun a enregistré, de l'aveu même des autorités en charge du ministère de la santé, 6377 malades de choléra. 128 Camerounais en sort morts

Ces chiffres traduisent peu la réalité, car ils ne prennent pas en compte le nombre important de patients qui considèrent le choléra comme une maladie mystique relevant de la compétence des tradipraticiens, encore moins ceux qui ne peuvent accéder aux soins, faute de dispensaire proche de leur village.
Cette maladie de la pauvreté a donné lieu, de la part des pouvoirs publics, à un semblant de mobilisation. Mais les campagnes dites de sensibilisation ne sont pas à la hauteur de celles connues par le passé. La preuve : six des dix provinces du Cameroun sont tombées les unes après les autres.
Devant l'avancée de la maladie dont les causes sont à rechercher dans le non respect des règles d’hygiène, la paupérisation croissante des masses, et face aux demi-mesures prises par les pouvoirs publics, Mutations sonne l'alerte. Voici la radiographie du choléra au Cameroun.

Epidémie. Le vibrion du Renouveau. La montée du choléra s’explique par la croissance de la pauvreté.

Le choléra gagne de plus en plus du terrain au Cameroun. Il y a cinq ans, l’Organisation mondiale de la santé chiffrait à 326 le nombre de cas de choléra, et à 35 l’effectif des personnes décédées des suites de cette maladie. En cinq ans, la situation s’est aggravée. " De janvier à juillet 2004, reconnaît le ministère de la santé, 6377 cas de choléra avec 128 décès ont été enregistrés". Les provinces du Littoral, de l’Ouest, du Sud-ouest, de l’Extrême-Nord, du sud et du Centre sont les plus touchées. Si le minsanté se contente de placebo, comme semble être le cas, pour contenir le mal dans ses foyers actuels, le sursis des autres provinces ne saurait perdurer. De manière générale la pandémie opère un come-back à travers le Tiers-monde. Le nombre de cas recensé par l’organisation mondiale de la santé s’élevait à 254 310 dont 9175 décès en 1999.

Deux ans auparavant, la même source dénombrait 147 425 malades de choléra et 6274 décès. Des données sûrement en dessous de la réalité, si l’on tient compte du taux d’accès aux structures hospitalières, de la mauvaises tenues des statistiques et du nombre de malades qui recourent aux tradipraticiens dans les pays en développement.
En Afrique, estime l’Oms, le nombre de malades a augmenté de 53% entre 1995 et 1996, alors que dans les autres continents, on enregistrait une régression. L’Oms explique ce retour en force du choléradans le continent par la détérioration des conditions d’hygiène consécutive aux désastres humanitaires . Soit. Mais le Cameroun ne connaît pas un conflit armé comme en République démocratique du Congo ; ses rivages n’ont pas été balayés par un cyclone comme ce fut le cas à Madagascar; les pluies diluviennes qui transformèrent le Mozambique en un lac nous ont jusqu’ici épargné ; sauf à remonter aux années de guerre civile au Tchad, le pays n’est le théâtre de déplacements massifs de population.

Pauvreté

Comment dès lors expliquer le retour du choléra dans nos murs ? Comment justifier les 128 morts enregistrés en sept mois dans les dispensaires et hôpitaux ? Sans doute incriminera t-on la qualité de l’eau de la Société nationale des eaux du Cameroun, les conditions d’hygiène dans les élobi, le conditionnement des aliments consommée par les victimes la contamination suite à l’autopsie traditionnelle .. Mais on devrait aussi dire un mot sur la misère des populations. La pauvreté fait le lit du choléra. Une enquête sérieuse sur le niveau de vie des victimes du cholera qui sévit dans six des dix provinces du Cameroun en dirait long sur les leins de parenté entre le vibrion cholérique et le Renouveau. Pour mémoire, les spécialistes estiment que le choléra nous vient du sous continent indien. Il y a été confiné jusqu’en 1817, date à laquelle il opère une incursion en Asie, en Afrique, au Moyen-orient. Au fil des décennies, plus les moyens de transport se sont améliorés, plus les hommes se déplacent, plus le choléra se repandait. Progressivement, il a gagné les territoires jadis à l’abri. Du début du 20è siècle à ce jour, la planète a déjà subi au moins sept pandémies, aussi sévères les unes que les autres.

Les chroniques font mention de dizaine de milliers de morts enregistrés en Indonésie (1961) en Asie (1962), en Europe et au Moyen-orient (1965). Plus près de nous, en Afrique, le choléra connut ses moments fastes dans les années 1970. Au Cameroun cette irruption du choléra suscita une large mobilisation. Les pouvoirs publics lancèrent à l’époque une vaste campagne de sensibilisation qui toucha tous les coins du pays et toutes les couches de la populations. Les murs des villes et des villages étaient tapissés d’affiches qui décrivaient le processus de transmission de la maladie, ses symptômes… Sur les ondes de la radio, les élèves de l’école catholique de Nkol-Ewé, dans une chanson restée célèbre, donnait, chaque jour, des conseils pratiques aux populations. A la suite de la campagne, activement soutenue par l’Organisation mondiale de la santé et la Croix rouge, le choléra battit en retraite.

par Xavier Deutchoua/quotidienmutations



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