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Pénurie d’anesthésistes dans les hôpitaux
(08/06/2004)
Hôpitaux recherchent anesthésistes . Huit provinces du Cameroun sans spécialistes dans ce domaine de la médecine.
Par Rédaction

La situation n'est non plus enviable dans les villes de Yaoundé et de Douala, les quelques rares à compter des anesthésistes-réanimateurs dans certaines de leurs structures hospitalières. A Yaoundé, les hôpitaux central, général et gynéco-obstétrique, n’ont que trois spécialistes pour le premier, deux pour second et un seulement pour le troisième. Le Centre hospitalier universitaire (Chu) en a aussi un seul. Par contre à l’hôpital Laquintinie de Douala, il y a moins de dix jours que le deuxième anesthésiste-réanimateur y a été affecté. Mais compte tenu de l’affluence des malades pour des actes chirurgicaux de tout ordre, obstétrical ou médical (endoscopie, radiologie... ), le nombre reste toujours réduit. Laxisme ou simple pénurie, le problème d’effectif de ces spécialistes dans les hôpitaux camerounais est donc réel. Encore que les normes d'exercice de profession demandent à ce qu'un anesthésistes ne s'occupe pas de plus de salles.

Selon des aînés dans la profession, la question interpelle davantage les autorités compétentes que les médecins eux même. Les premiers n’ayant pas pris en compte les recommandations de la Conférence sous régionale de l’Organisation mondiale de la Santé (Oms) qui s’est tenue en 1980 à Brazzaville au Congo. " A la suite de cette rencontre, la formation des anesthésistes-réanimateurs a été décrétée prioritaire. Au Cameroun, c’est vrai que certaines mesures ont été prises dans ce sens, avec par exemple l’introduction de cette filière en 1982 à la faculté de médecine et de sciences biomédicales de l’université de Yaoundé I (Fmsb) à l'époque appellée Cuss. Depuis peu, le ministère de tutelle a demandé l’augmentation des quotas au cycle de spécialisation. Ceux-ci ont presque doublé pour cette formation. Au lieu de cinq, on en demande désormais plus d’une dizaine. Mais ce n’est pas la grande affluence. Quand on regarde la réalité sur le terrain, on comprend que beaucoup de points restent encore à toucher", explique le coordonnateur du cycle de spécialisation anesthésie-réanimation à la Fmsb, le professeur Simo-Moyo. L’urgence d’un changement n’est donc plus à démontrer pour valoriser cette profession quelque peu méconnue au Cameroun.

En attendant, les infirmières se frottent les mains et ne souhaitent certainement pas que les choses changent. " J’ai une formation en anesthésie acquise sur le tard. Pour une prestation, je gagne entre 10 et 20 000 F Cfa. Je m’en sors plutôt bien et je n’ai jamais eu de cas d’accident", explique une infirmière en service au dispensaire de Mvog-Ada.

Si dans les pays développés, la pratique de cet art par les infirmières et autres personnels de la santé ne pose pas vraiment problème. Car, là-bas, explique un anesthésiste qui exerce en clientèle privée, les salles sont fortement équipées. Rien à voir avec nos structures, où dans la majeure partie des cas, le médecin ne dispose pas de l'ensemble du matériel nécessaire à la surveillance du patient, au rétablissement et/ou au maintien de ses fonctions vitales (cardioscope, oxymètre de pouls, appareil de mesure automatique de la pression artérielle, analyseur de vapeurs anesthésiques, thermomètre électrique, appareil de surveillance de la transmission neuromusculaire à la réalisation de cette technique).

A l'hôpital central et au Chu de Yaoundé, toutes les salles n'ont pas ces équipements. Ce qui, en plus de la pénurie, rend la tâche encore plus ardue. Pareil quand l'appareillage vous lâche en pleine opération comme c'est souvent arrivé. " Le tout n'est pas d'avoir des appareils encore faudrait-il assurer leurs maintenances..." explique André Mikande, anesthésiste.





Justin Simo-Moyo : C’est un problème financier .Le coordonnateur du cycle de spécialisation anesthésie-réanimation à la Fmsb explique l’origine de la pénurie.


Pouvez-vous faire le point sur la formation des anesthésistes-réanimateurs au Cameroun ?
La pénurie des anesthésistes-réanimateurs n'est pas une réalité purement camerounaise, même si le manque est plus criard chez nous. Presque tous les pays africains en souffrent, à l’exception de la Côte d’Ivoire. Pour en revenir au Cameroun, les mobiles de cette situation sont d’abord pécuniaires. La plus part des cerveaux vont dans les pays du Nord où ils sont mieux payés. Entre 3 millions de Fcfa et 200 à 400 000 Fcfa de salaire par mois, je ne sais pas s'il faut hésiter. Par conséquent, les jeunes ne veulent pas faire cette spécialisation qu’ils trouvent ennuyeuse et moins rentable. En étant chirurgien par exemple, le moindre toucher vaginal n’est pas payé à moins de 10 000 Fcfa. Je ne parle pas des interruptions de grossesse et autres. Il y a également le fait que les médecins sollicitent davantage les services des infirmières, qu’ils trouvent moins onéreux, à ceux des spécialistes. Ils préfèrent payer 10 000 Fcfa au lieu de 100 000 Fcfa la prestation. Il faut aussi dire que nous ne sommes pas considérés à notre juste valeur dans la société. Lors d’une intervention chirurgicale, le patient a plus confiance au chirurgien qu’à l’anesthésiste-réanimateur dont il ne connaît d’ailleurs pas les compétences.

Peut-on en savoir plus sur cette science?
L’anesthésie est un ensemble de techniques qui permettent la réalisation d’un acte chirurgical, obstétrical ou médical, en supprimant ou en atténuant la douleur. L’objectif est d’obtenir de bonnes conditions opératoires. Il en existe deux grands types : l’anesthésie générale et l’anesthésie locorégionale. La première est un état comparable au sommeil, produit par l’injection de médicaments par voie intraveineuse. Elle aussi s'obtenir en faisant respirer au patient des vapeurs anesthésiques, à l’aide d’un dispositif approprié.
Par contre, l'anesthésie locorégionale permet, par différentes techniques, de n'endormir que la partie du corps sur laquelle se déroulera l'opération. Son principe est de bloquer les nerfs de cette région, en injectant à leur proximité un produit anesthésique local. Évidement cette dernière technique a d’autres formes.

N’y a-t-il pas un préalable à une anesthésie ?
Toute anesthésie, générale ou locorégionale, nécessite une visite préopératoire qui détermine la conduite à tenir pendant l’opération. Le but de la manoeuvre est d’éviter des accidents au cas où le malade aurait des problèmes cardiaques, de tension artérielle ou une incompatibilité à un produit. Pour ce faire, l’anesthésiste doit être en possession du dossier médical du patient plusieurs jours à l'avance.

Qui est habilité à faire une anesthésie ?
La profession d’anesthésiste est la seule spécialité en technique médicale où l’infirmière peut accomplir le même geste médical que le spécialiste. Mais elle n’est pas suffisamment formée pour remédier aux accidents. Il y a moins de problème dans les pays développés, où les salles sont équipées d'un matériel adéquat, adapté à chaque cas, et surveillé, même à distance, par le spécialiste.

Quels sont les risques de cette technique?
Tout acte médical, même conduit avec compétence et dans le respect des données acquises de la science, comporte un risque. Si on travaille dans des bonnes conditions de surveillance de l'anesthésie et de la période du réveil, il est possible de dépister rapidement les anomalies et de les traiter.

Y a-t-il des inconvénients et des risques liés à l'anesthésie ?
L'introduction d'un tube dans la trachée ou dans la gorge pour assurer la respiration pendant l'anesthésie peut provoquer des maux de gorge ou un enrouement passagers. Des traumatismes dentaires sont également possibles. C'est pourquoi il est important que vous signaliez tout appareil ou toute fragilité dentaire particulière avant l'intervention. Par contre, les nausées et les vomissements au réveil sont devenus moins fréquents avec les nouvelles techniques et les nouveaux médicaments. Les accidents liés au passage de vomissements dans les poumons sont très rares si les consignes de jeûne sont bien respectées.



source: Quotidienmutations, Cathy Yogo


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