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L’urgence d’une loi sur la transmission volontaire
(01/06/2004)
Une loi afin de pouvoir punir les malfaiteurs qui "distribueraient" inlassablement la maladie.
Par Rédaction

La salle de réunion du club Pad à Bonanjo-Douala, a servi de cadre le 27 mai dernier pour une causerie éducative sur “la femme et le Vih/Sida” organisée par l’Amicale des femmes Deido dans le cadre de la fête des mères. Une initiative louable qui se situe dans le prolongement de l’action entreprise en avril 1992 par l’Afed.

Ses objectifs : “Créer et maintenir parmi ses membres un climat et des mécanismes de solidarité, d’entente et d’entraide mutuelle. Oeuvrer à la prospérité et au développement du Canton Deido par la promotion de la femme, la prise en charge de ses problèmes humanitaires et ceux de l’enfant, la participation à des réalisations socio-économiques du Canton”.

Des objectifs inhérents à la nature même de l’association qui rassemble en son sein des “femmes de bonne volonté dont les époux sont tous originaires de Deido (Bonebela) sans distinction de classe sociale”.

Pour le débat sur “La femme et le Vih/sida”, jeudi soir au club Pad, l’éventail des thèmes abordés allait de “malade en famille” à “malade face à lui-même” en passant par “malade en entreprise” ou encore “malade et le droit”. Après quoi, des leçons ont été tirées.

Sur la table des intervenants, des médecins de renom comme Henriette Meilo, Berthe Bollo, Antoinette Ellong Mbassi côtoyaient la juriste Esther Ngallè Mbonjo, le directeur des Ressources humaines du groupe Cfao, Paul Mouen Njo. Et pour modérer cette causerie éducative riche en enseignement, Hildegarde Lobè à l’aise comme un poisson dans l’eau.

Dans la salle, plus de 150 femmes, jeunes filles, enfants et hommes ont répondu présent à l’appel de l’Afed.

Ouvrant le ban, après le mot de bienvenue de Mme Agathe Epée Epée, présidente de l’association, le Dr. Henriette Meilo a commencé par expliquer ce qu’est le Vih/Sida et son mode de transmission, avant d’exposer sur le traitement de la pandémie : “Une affaire à la fois médicale et psychologique”, qui suppose un apport nutritionnel de qualité complété par un traitement médical si on est en dessous de 350 CD4.

Sinon, au-delà, “recourir à la trithérapie”, pour empêcher le Vih/Sida de se développer rapidement.

Quant à la transmission mère-enfant, le Dr. Berthe Bollo a indiqué que “Tout enfant né de mère séropositive est lui-même séropositif, car il a déjà les anticorps de sa mère”.

Mais, elle a ajouté que 2 cas de figures peuvent alors se présenter : “la femme porteuse de virus et qui ignore son statut. elle doit commencer par effectuer le test de dépistage. Si le Vih/Sida est confirmé, la femme doit se mettre sous trithérapie dès le début du premier trimestre de la grossesse.

Dans le cas de la femme porteuse de virus et qui connaît son statut sérologique, le traitement par trithérapie est vivement conseillé dès le troisième trimestre de la grossesse. Par ailleurs, la malade doit prendre un comprimé dès les premières contractions, le traitement continuant après l’accouchement avec l’enfant”.



Vide juridique

Mais, ce sont les révélations de Dr. Meilo, au sujet des enfants et jeunes filles victimes des contagions volontaires, de la part de “certains gros bonnets et des expatriés”, qui ont fait sensation lors de la soirée : “Je reçois en consultation chaque jour, des enfants de 14, 15 ou 16 ans qui viennent se confier et dénoncer les hommes, généralement des expatriés, qui les ont infectés. Malheureusement, je suis tenue par le secret médical. Je ne peux le lever que s’il y a réquisition dans le cadre d’une action judiciaire”.

Des propos qui font froid dans le dos et qui mettent à nu l’absence d’une législation sur l’instrumentalisation criminelle du Vih/Sida. Ainsi que le confirme la juriste Esther Ngallè Mbonjo, parlant des “moyens juridiques de protection” face à la pandémie du siècle : “selon la jurisprudence, note-t-elle, il n’y a pas de texte qui sanctionne la transmission du Vih/Sida, même volontaire.

Ce sont les dispositifs sur l’empoisonnement qui sont appliqués”.
[Art.260 du code pénal sur la transmission de maladie par contagion et 176 sur l’empoisonnement ndlr]
Dans la foulée, Mme Abomo, magistrat et particulièrement mal à l’aise devant cette situation n’a pu qu’interpeller le Dr. Henriette Meilo : “En se cachant derrière le secret médical, rend-on service à ces enfants qui dénoncent les gros bonnets, qui les prostituent et leur filent le Vih/Sida ? ” Ce à quoi elle a répondu qu’“il est urgent que les parents et le législateur prennent leurs responsabilités”.

Ailleurs, en France notamment, la loi protège les mineurs [moins de 18 ans, ndlr] et prévoit la levée automatique du secret médical dès que la vie des enfants est menacée.


source: LeMessager, Jean-Célestin EDJANGUE


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