Ainsi en ont décidé les responsables locaux de la gendarmerie camerounaise. Lesquels soupçonnent des membres de l’équipage de ce navire d’avoir agi en complicité avec des "voleurs de mer" dans la nuit de samedi à dimanche. En effet, samedi 4 août, le chef d’escadron Bikele, commandant de la compagnie du Port, informé de ce qu’un groupe de bandits allait opérer dans le bateau immobilisé, a posté autour de son point de déchargement au quai du port, plusieurs gendarmes de son unité.
Ces derniers ont, de leurs postes d’observation, repéré une pirogue qui est venue se positionner sous la coque de "Lucie Delmas", d’où ses occupants, trois au total, ont réceptionné une trentaine de pneus à eux transmis via des longues cordes depuis le haut du bateau.
Aussitôt après leur forfait, les bandits prennent la direction de Bonabéri à bord de leur pirogue, tandis que leur présumé commanditaire se trouve à bord d’une autre pirogue et avance vers une direction opposée. Les gendarmes prennent la pirogue "pirate" en chasse, et l’intercepte à Mabanda, à l’arrière de l’usine Alpicam. Ce lieu est le point de chute de la plupart des voleurs qui dérobent les marchandises au port de Douala, affirment les gendarmes. Blaise Ndoumbè, André Essam et le nommé Kongo, les trois occupants de la pirogue sont interpellés et gardés à vue à la compagnie de gendarmerie du port.
Dimanche 5 août, le Colonel Emmanuel Meka Meka, commandant de la légion de gendarmerie du Littoral s’est rendu sur le quai du port, auprès de "Lucie Delmas". Au cours de cette descente qui marque en fait le point de départ d’une enquête ouverte, et dont les conclusions sont très attendues, il a réitéré la décision d’immobiliser le bateau, comme déjà annoncée par le chef d’escadron Bikelé. Les enquêteurs, a-t-on appris, ont quelques indices.
Plusieurs coups de fils ont été passés entre les suspects et des personnes se trouvant à l’intérieur du bateau, ce qui renforce la thèse d’une complicité entre les deux parties. Une autre source à la gendarmerie a confié à Mutations que "les voleurs de mer ont de fortes connexions avec la plupart des équipages des bateaux étrangers qui mouillent au port de Douala".
Source: Quotidien Mutations
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