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Sur le trottoir : Takala et Muyenga
(19/07/2006)
Takala : Bonjour voyou ! C’est la dernière fois que tu me fais attendre comme ça tout seul dans un bar. Tu aurais pu m’informer que tu serais en retard...
Par Le Messager

Takala : Bonjour voyou ! C’est la dernière fois que tu me fais attendre comme ça tout seul dans un bar. Tu aurais pu m’informer que tu serais en retard.
Muyenga : Bonjour grand ! Excuse-moi. Je voulais bien t’appeler, mais les propriétaires de mon portable me l’ont arraché…

Takala : Tu veux dire que tu as été braqué wéééh ; le pauvre ! Assia-a ! On va faire comment avec ce braquage qui est devenu une profession chez nous ? Et avec ça quand on instaure le commandement opérationnel, les amis journalistes et les associations de droits de l’homme crient au scandale. Et quand nous faisons la justice populaire au quartier, vous nous arrêtez.
Muyenga : Est-ce que le commandement opérationnel crée des emplois ? Est-ce qu’il donne l’éducation morale et civique à l’école ? Le chômage qui sévit dans ce pays et qui sert de vivier au banditisme est le fait de la criminalité à col blanc. C’est-à-dire des fonctionnaires qui, bien que privilégiés de la république, pillent comme des étrangers les ressources de l’Etat. le commandement opérationnel peut-il mettre fin à cette criminalité de ces gens qui lui donnent des ordres ?

Takala : Oui, mais pourquoi quand les populations s’organisent au quartier pour tuer les braqueurs, la police les arrête ?
Muyenga : Moi, je comprends bien que quand quelqu’un a souffert pour se constituer un petit patrimoine pour sa famille et qu’un autre vient lui faire violence pour le lui arracher, ou bien quand les drogués viennent violer femmes et filles devant leur époux et père, et souvent obligent celui-ci à le faire pour leur offrir un diabolique spectacle, il est inhumain de lui conseiller la retenue lorsqu’il a l’opportunité de se venger. Mais, se faisant, il se fait justice et se retrouve hors la loi comme son braqueur.

Takala : Mais le commandement opérationnel, lui n’est pas hors la loi si le gouvernement lui demande de traquer ces bandits.
Muyenga : Il n’est pas hors-la-loi. Mais, son action est arbitraire parce qu’il n’est pas la police. On ne peut pas empêcher les populations de tuer des bandits qu’elles prennent en flagrant délit et confier la sécurité aux gens qui massacrent coupables et suspects dans la confusion.

Takala : Où est donc la solution selon toi ? Car il faut bien en trouver une.
Muyenga : Bien sûr qu’il faut trouver une solution à cette situation. Une solution qui ne soit pas paradoxale. Mais elle se trouve entre une police de sécurité et une justice dissuasive.

Takala : Que veux-tu dire par là ?
Muyenga : Qu’au lieu de recruter une police dont la mission, la seule mission réelle et efficace est de contrôler la circulation routière pour enrichir chefs et agents – ce qui n’est pas différent du braquage - vous devez former une police capable de patrouiller dans les quartiers pour dissuader les bandits, déjà par sa présence, mais aussi dotée des moyens d’intervention quand c’est nécessaire est-ce que c’est le cas aujourd’hui ?

Takala : Pas tout à fait, à vrai dire, quand la nuit tombe la police se terre et les bandits deviennent les rois de l’obscurité.
Muyenga : Et toi qui défends la justice populaire tu sais bien qu’elle se justifie souvent par le fait que les bandits qui sont arrêtés dans le quartier sous dénonciation sont souvent libérés… et viennent narguer les populations quand ils ne se vengent pas en s’attaquant à ceux qu’ils soupçonnent de les avoir dénoncés.

Takala : Oui oui ! c’est ce qui arrive souvent. C’est comme ça qu’ils terrorisent le quartier pour dissuader les gens alors de les dénoncer encore. Mais si la solution n’est pas de les maintenir en prison, il reste quoi alors ?
Muyenga : Ça c’est une question de gouvernance qu’il faut poser à la hiérarchie du Rdpc en tant que parti gouvernant. Ou alors que le Rdpc doit poser au gouvernement qui est son émanation, et dont il doit inspirer la politique. Quelle est la politique de sécurité du Rdpc ?
Takala : Tu ne vas pas nier qu’il existe une délégation générale à la sûreté et une délégation chargée de la gendarmerie dont les démembrements sont déployés sur le terrain à travers le territoire national ?
Muyenga : Je ne suis ni sourd ni aveugle, je sais que ces structures existent. Je te demande quelle politique leur est assignée avec quels moyens pour atteindre l’objectif “ insécurité-zéro ”. Et pour être honnête, tu ne devrais pas perdre ton temps pour me persuader de la réalité de ce qui n’existe pas. Tu devrais seulement me demander comment je vois une telle politique. Mais il est notoire que l’arrogance chez les militants du Rdpc ne s’accommode point de modestie. Vous savez tout et ce que vous faites et bis. Personne ne peut mieux.

Takala : Ecoute, mon ami. Si tu crois avoir des propositions à nous faire, parce qu’il ne sert à rien de les garder pour toi, accouche toujours, on verra si tu peux avoir l’honneur d’être écouté. Alors qu’elle est ta vision d’une politique de sécurité ?
Muyenga : D’abord il faut remplacer le corps d’arnaqueurs qui jonchent de contrôles intempestifs les axes routiers et les rues urbaines du Cameroun, par une police de sécurité formée pour la protection des personnes et des biens ; ensuite remplacer les dépotoirs actuels des prévenus par les véritables prisons de haute sécurité et/ou de production pour coupables. Enfin et par-dessus tout, doter enfin ce pays d’une magistrature aux moyens humains et matériels à la hauteur des exigences sociales de la justice. Les tribunaux camerounais sont responsables de la recrudescence du banditisme, et ce n’est pas leur faute, mais celle de votre système.

Takala : Tu fais sans doute allusion au fait que la plupart des braqueurs sont des repris de justice. Dans ce cas ce sont les prisons et non les tribunaux qui sont en cause.
Muyenga : Tu peux faire semblant de ne pas comprendre. Mais, j’ai déjà tout dit. Le responsable de tout ça en dernier ressort, c’est votre gouvernement qui ne construit pas les prisons, et qui en maintenant un déficit de magistrats remplit le peu de prisons existantes par des milliers de présumés coupables qui restent des prévenus de 48 heures à 15 ans ou plus… Et là, il ne reste plus de place pour les braqueurs qui ont les moyens d’être libres et impunis.

Takala : Tu es vraiment fort pour imposer ce qui n’est que pourtant ton point de vue. Alors mon cher à la prochaine.


Source : Le Messager






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