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La Camerounaise Cécile Nlend présente : "La protection du mineur dans le Cyberespace"
(28/12/2010)
Dans le cadre de sa thèse, Cécile Nlend a écrit un livre intitulé :"La protection du mineur dans le cyberespace". Bonaberi.com est allé à sa rencontre
Par Redaction Bonaberi.com

Bonjour Cécile, pouvez-vous vous présenter à nos internautes ?
Je m’appelle Nlend Cécile, je suis une Africaine originaire du Cameroun (Bonabéri). Née à Yaoundé, je suis la 7e enfant d’une famille de 9, j’ai vécu avec ma famille entre le Cameroun, le Zaïre, le Tchad, La Côte d’Ivoire et la France où je réside actuellement.

Parlez-nous brièvement de votre parcours.
Arrivée en France pour y poursuivre mes études supérieures, j’ai suivi un cursus juridique soldé par un Doctorat en droit public et des nouvelles technologies (thèse sur le statut juridique du mineur dans le cyberespace).

Egalement spécialisée dans le droit international et européen j’ai rédigé un mémoire sur le rôle de l’union européenne dans le règlement des conflits internationaux en prenant l’exemple du Rwanda.

Dans le cadre de votre thèse, vous avez écrit un livre. Qu'est-ce qui vous a poussée à vous lancer dans un tel projet ?
L’objectif initial n’était pas la rédaction d’un livre mais plutôt de traiter de la protection des plus jeunes sur internet. Cette ambition m’a amenée à faire des recherches et à rédiger une thèse sur la question en vue de l’obtention d’un doctorat. Quelques temps après la soutenance de ladite thèse, j’ai eu l’opportunité d’être contactée par une maison d’édition qui souhaitait la publier.

Parlez-nous du projet un peu plus en détail. Comment avez-vous vécu l'écriture de votre livre ? Comme je le disais plus haut c’est ma thèse qui a été éditée en livre. Elle est le fruit de plusieurs années de recherches. Le processus a été aussi long que passionnant. La phase de collecte des informations a été la plus difficile. En débutant mes recherches j’avais des idées préconçues sur l’outil de manière générale. Je pensais comme beaucoup encore que c’était un espace anarchique et qui n’était régi par aucune ou du moins très peu de lois.

J’ai du réaliser qu'au contraire beaucoup trop de textes, de législations se chevauchaient en se contredisant ou se neutralisant parfois. Pour ce qui est de la question spécifique qui m’intéressait j’ai pu constater qu’elle était très peu règlementée bien que tous s’accordent sur le fait qu’elle nécessite la plus grande vigilance. De ce fait j’avais peu de matière pour travailler et il a fallu beaucoup creuser pour établir un lien avec des documents généraux et la question spécifique de la protection des mineurs dans le cyberespace. Cette somme d’information faite, le processus d’écriture a pu commencer.


"Les parents demeurent les responsables légaux des mineurs"

Cécile Nlend, auteure de "La protection du mineur dans le cyberespace"
Cécile Nlend, auteure de "La protection du mineur dans le cyberespace"
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Vous parlez de la protection du mineur sur Internet. A qui vous adressez-vous ? Aux jeunes ? Aux parents ? Aux éditeurs de sites web ?
Le livre s’adresse à tous les acteurs du web, car chacun y joue un rôle générateur de responsabilités plus ou moins importantes.

Les “jeunes”, parce qu’il faut qu’ils prennent conscience que leurs actes sur le net ne sont pas vides de conséquences. Ils doivent être vigilants par ce qu’ils peuvent être exposés à plusieurs égards, soit en étant victimes de malveillance(s), ou être involontairement auteurs de délits à l’égard d’autrui sur le web.


Aux parents parce qu’ils demeurent les responsables légaux de leurs enfants mineurs et qu’ils doivent s’assurer de la sécurité et de la probité de ces derniers autant dans la “vie réelle ”que sur le support virtuel qu’est internet.

Enfin aux éditeurs de site(s) web(s), fournisseurs d’accès, médiateurs, tous les diffuseurs de contenus parce qu’ils s’adressent potentiellement à des mineurs et qu’ils doivent se montrer responsables et être conscients des dangers auxquels ils sont susceptibles d’exposer les plus jeunes. La sécurité des mineurs est l’affaire de tous y compris du mineur lui même.

Selon vous, Internet est-il sûr pour les mineurs, et plus généralement les jeunes ?
Aucun espace n’est totalement sûr pour personne et Internet ne fait pas exception à la règle. La particularité d’Internet est que sous couvert de virtualité les internautes quels qu’ils soient mais les mineurs en particulier se croient à l’abri de leurs responsabilités et de tout risque.

Comment: La notion selon laquelle une information une fois mise en toile est irrécupérable est une réalité qui n’est pas comprise par tous, ou alors oblitérée, jusqu’a ce qu’elle porte à conséquences

qui est la responsabilité de la protection du mineur selon vous : à l'Etat, en tant que législateur, au webmestre, ou au responsable légal de l'enfant ?
A tous !

Le législateur se doit de faire son travail de réglementation. Hors j’ai pu constater au cours de mes recherches et lors de la rédaction de l’ouvrage que les législations nationales n’étaient pas exhaustives : Hormis la question de la pédopornographie qui est largement réglementée sur internet, il n’existe pas à proprement dit de statut juridique du mineur dans le cyberespace.

Le webmestre malgré l’indulgence législative (les dernières lois tendent à le déresponsabiliser lorsque qu’il n’est pas l’auteur direct du contenu incriminé) se doit d’être le garant d’une meilleure sécurité des mineurs dans ses supports. Cela passe autant par de la prévention que par de la répression des internautes (exclusions des personnes et des contenus délictueux).

Enfin les responsables légaux (parents, tuteurs etc.) en jouant simplement leur rôle d’éducateur ne peuvent que contribuer à protéger le mineur même par devers lui.

Si Internet est un espace soumis à des lois en théorie, en pratique « chacun fait ce qu'il veut ». Pensez-vous que les choses peuvent changer ?
Personne n’est libre de faire ce qu’il ne veut nulle part, il en est de même sur Internet. On a pu voir en France par exemple avec la loi Hadopi que la tendance est à la répression. De plus, depuis plusieurs années la cybercriminalité fait l’objet de nombreux procès à travers le monde (ex: réseaux de pédopornographie, les sites de partages, le téléchargement illégal etc.).

Donc oui les choses tendent à changer même si la cohésion internationale n’est toujours pas de mise. Les Etats demeurant jaloux de leur souveraineté, les solutions nationales existantes demeurent inadéquates face à un problème transfrontalier.

Que pensez-vous de l'essor des sites de réseau sociaux, notamment Facebook par rapport à la cybercriminalité, notamment envers les mineurs ?
La difficulté supplémentaire qu’induisent les réseaux sociaux tels que Facebook, tient au caractère ouvert de ces derniers. Ce qui était populaires il ya quelques années c’était la messagerie instantanée (Ex: Msn et Yahoo Messenger). Le principe de Messenger était que le jeune internaute ne pouvait communiquer qu’avec des personnes qui étaient déjà dans sa liste de contacts, voire dans sa liste de contacts Messenger.

De plus la majorité des adresses mails ne comportaient pas mention de l’identité, c’était souvent des pseudonymes. Hors aujourd’hui le concept initial des réseaux sociaux comme Facebook, c’est de retrouver des amis perdus de vue, ce qui n’est possible que si ils sont répertoriés par des données directement ou indirectement identifiantes (nom, nationalité, établissement scolaire, entreprise, etc.) ; vous pouvez recevoir des notifications de quiconque a recherché votre nom, a des amis et/ou des intérêts communs avec vous etc.

Les mineurs peuvent être contactés par quiconque sans filtre augmentant ainsi les risques d’exposition à des cybercriminels qui ont désormais accès à des informations personnelles pouvant devenir sensibles.

La multiplication des outils multimédia compatibles à Internet tels les consoles de salon ou portables, téléphones cellulaires, etc. démultiplie de manière exponentielle la cybercriminalité.

Même si l’outil n’est pas nocif en lui même, les déviances qui en résultent rendent donc vital et primordial le rôle de veille de chacun d’entre nous auprès des mineurs.

Parlons du cas du Cameroun. Y sont les mineurs autant en danger sur Internet que dans les pays développés ?
Oui et Non.
Internet n’ayant pas encore connu la même démocratisation qu’en occident, son accès dans les foyers est un luxe qui reste hors de portée de la majorité. Les jeunes enfants (4-13 ans) n’y ont pas facilement accès. Leur exposition à la cybercriminalité en est de facto limitée.

Pour autant la popularité des cybercafés auprès des adolescents remet au cœur du débat l’intégrité morale et physique de ces derniers. Loin de la surveillance des adultes (les tenanciers des cybercafés ne se préoccupant ni de l’âge ni de la teneur de la navigation des jeunes internautes), ces ados s’autorisent parfois l’impensable. Sous les promesses de compensations financières et/où d’immigrations sexuelles, ils entretiennent des contacts avec des personnes aux motivations ouvertement immorales, impunément à l’abri de la virtualité de l’outil et de l’absence de répression.

Dans votre livre, proposez-vous des solutions ? Quelles sont-elles ?
Les solutions sont humaines et réglementaires.

• Le facteur humain (prévention, vigilance, dialogue) passe par l’éducation et la sensibilisation des mineurs, de leurs tuteurs légaux et des intermédiaires techniques (webmestre, fournisseurs d’accès etc.). Il est important que tous les acteurs du cyberespace appréhendent au mieux les forces et les faiblesses d’internet de même que la notion de ce qui est ou non permis et admissible.
• Le facteur réglementaire doit être complémentaire du précédent. Il doit apporter la répression là où la prévention n’a pas suffit à contenir la cybercriminalité. La solution ne peut être simplement nationale étant donné que internet se joue des frontières. Tous les Etats doivent pouvoir travailler de concert et transformer les vœux pieux en actes.

Comment se procurer votre livre ?
Essentiellement mon livre peut être commandé en ligne sur Amazon.fr, Amazon.com, morebooks.de


Nous arrivons au terme de cet entretien. Un dernier mot pour les bérinautes ?
La protection des mineurs est l’affaire de tous, on ne doit pas la laisser être privatisée. Les lacunes règlementaires ne sont point une excuse à la négligence. Les valeurs d’éducation et de respect que nous Africains en général et Bérinautes en particulier chérissons dans la “vie réelle” doivent être relayées dans la “vie virtuelle”.

En tant que mère, j’ai à cœur de mettre à disposition de mon enfant le potentiel inestimable de l’internet tout en la protégeant du mieux possible de ses dérives.

Mon humble souhait est que cet ouvrage contribue à vous faire prendre conscience de la nécessité de poser les jalons d’un internet Africain plus responsable à l’égard de nos enfants qu’il ne l’est aujourd’hui en occident.

Bonnes fêtes de fin d’années à la rédaction de Bonabéri et à tous mes frères et sœurs bérinautes.

Merci de nous avoir répondu.


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