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Jean Lambert Nang : ce que j’ai vu et entendu à la fédération camerounaise de football
(13/07/2009)
Jean-Lambert Nang, dans un livre paru la semaine dernière, relate son expérience de 6mois passés à la direction générale de la Fecafoot. Les bonnes feuilles publiées par Le Jour.
Par Le Jour Quotidien
Jean Lambert Nang déballe tout dans un livre intitulé "Desperate Football House"
Jean Lambert Nang déballe tout dans un livre intitulé "Desperate Football House"
Le quotidien Le Jour publie en exclusivité quelques extraits de ce livre qui décode le système, les réseaux et les hommes chargés de gérer le football camerounais.

[…]

La seringue de mes prescriptions sur l’utilisation des biens de la Fécafoot fait mal. Très mal. Si je veux imprimer ma marque dans cette maison où le laisser-aller et le laisser-faire ont été érigés en règles, cela passe par la fermeture de tous ces robinets qui suintent et qui assèchent inutilement les finances du football au détriment de son développement.

Des proches me rapportent les indiscrétions des messes de minuit que l’on tient ici et là pour contester ma légitimité à la Fécafoot. Mes mesures passent d’autant plus mal auprès des gouvernants de l’association qu’il se répand la nouvelle que j’ai fait refaire le toilettage de mon bureau à plus de vingt millions de francs.

J’occupe l’ancienne officine de Alioum Alhadji, ancien chef du département financier de la Fécafoot, dont la gestion a tant été décriée au point de lui valoir sa mise à l’écart. Iya Mohammed lui a réservé le même sort qu’à son compère. Il a été « promu » conseiller du président. Ce bureau, c’est le même qu’a occupé en son temps Patrick Prêcheur, Atangana Mballa ayant refusé de lui céder son imposant espace, normalement dévolu à ceux qui en portent la charge. Mon bureau a pris un coup de vieux, avec sa moquette dans laquelle on se prend les pieds, tellement elle est gondolée.

Je décide de donner une allure de neuf à ce cadre que j’occupe tout de même onze heures sur vingt quatre dans la journée. Je change le tapis au sol, à six cent mille francs. Je fais capitonner les portes à deux cent cinquante mille francs. J’appelle un électricien qui redonne vie à la climatisation, pour cent vingt mille francs. J’achète une table de bureau soldée à un million quatre cent mille francs. Je fais refaire les rideaux et en fait poser de nouveaux dans tous les bureaux du siège exposés au soleil, à hauteur de deux millions de francs. Voilà la dépense qui me vaut le défilé des administrateurs de la Fécafoot, alertés par des journalistes qui vocifèrent contre mon goût effréné du luxe et mes acquisitions dispendieuses. Ils évaluent les dépenses à vingt millions de francs.

La palme de la sournoiserie et du double langage revient à Essomba Eyenga. Venu se rendre compte par lui-même de ce bureau cossu tant décrié par la presse, il s’avouera déçu par le tintamarre. Que ne sera ma surprise, qu’au cours du comité du 18 décembre 2006, où l’on discute du contentieux des interpoules 2006, il qualifie mon bureau de « sur équipé ».

Le premier clash frontal avec un élu, je le vis le 07 octobre 2006, un mois à peine, après mon entrée en fonction. C’est le jour du match Cameroun - Guinée Equatoriale des éliminatoires couplées pour la coupe d’Afrique des nations et la coupe du monde 2006. Une spécificité camerounaise veut que pour les rencontres internationales, la Fécafoot finance l’émission des billets d’accès au stade, et les mette à la disposition du ministère des sports pour leur vente.

Pour sa part, le ministère des Sports émet des cartons d’invitation de la loge présidentielle et les tribunes d’honneur. En tant qu’organisatrice des événements, il coule pratiquement de source que les instances dirigeantes de la Fécafoot devraient être les premières bénéficiaires de ces invitations. Au Ministère des Sports on a une toute autre lecture de cette évidence.

La plupart du temps, les recettes sont retenues par la tutelle, sous des prétextes qui ne resurgissent qu’à l’occasion des matches internationaux. Ils traduisent cependant à suffisance la mauvaise foi qui caractérise les rapports entre les deux institutions. Comment expliquer que l’on n’attende que la survenue d’une rencontre internationale pour songer à réparer le véhicule de service du sélectionneur national ou à acquitter la facture de consommation de l’eau servant à l’arrosage de la pelouse ?

J’use de tonnes de diplomatie pour faire plier son Secrétaire Général, Amadou Paul, et obtiens douze billets pour la loge présidentielle. J’ai beau lui expliquer que les membres du comité exécutif sont trente et un, il reste inflexible, arguant que les membres du Gouvernement sont plus nombreux et prioritaires. J’achète alors (eh oui !), pour un million sept cent soixante quinze mille francs, des billets destinés aux joueurs de la sélection nationale et à leurs épouses, aux encadreurs des Lions indomptables, aux administrateurs et aux personnels de la Fécafoot. Je me retrouve en train de procéder à des arbitrages pour ne pas susciter de frustrations chez les administrateurs : les douze billets de la loge présidentielle pour le président et ses six vices et, à tout hasard, aux six premiers membres du Comité Exécutif qui se présenteront à mon bureau. Nul n’étant tenu à l’impossible, les autres devront se résoudre à occuper des places dans les tribunes d’honneur.

Le matin du match donc, Abbo Mohammadou, membre du Comité Exécutif, élu de l’Adamaoua mais résidant à Yaoundé, est le tout premier élu à se présenter à mon bureau pour exiger son billet de stade. Ce qui est fait. Il dit en vouloir un deuxième. Je lui explique toutes les entraves subies pour satisfaire la totalité de ses camarades du Comité Exécutif, et lui exprime mes regrets de ne pouvoir exaucer sa doléance.

Le fonctionnaire du ministère de l’Agriculture propose de récupérer le ticket d’un autre élu de l’Adamaoua qui est son homonyme. Je marque mon refus en requerrant son accord préalable. Fureur de Abbo Mohammadou qui m’accuse de le traiter de « voleur ». Il est en éruption et profère des «Vous ne tarderez pas à savoir qui je suis dans cette fédération ! » Au cours de la réunion du Bureau Exécutif qui suit quelques jours plus tard, le président Iya Mohammed évoque cet incident et me conseille publiquement de « ménager les élus ».

Le lendemain, le même Abbo Mohammadou, sans doute fortifié par les propos du président tenus la veille, demande à se faire rembourser les frais de son billet d’avion aller et retour entre Ngaoundéré et Yaoundé. Il allègue qu’en sa qualité d’élu de l’Adamaoua, il y a droit pour avoir pris part à la réunion du Bureau Exécutif. Je lui explique que du seul fait qu’il n’est pas parti de Ngaoundéré, il ne peut prétendre à ce privilège. Mon interlocuteur pique une ire indescriptible. Il jure de ne plus jamais mettre ses pieds dans mon bureau, maintenant qu’il détient la preuve que je le déteste.

Le 15 janvier 2007, se réunit la commission de relecture des « Statuts standard de la Fifa ». Il s’agit de conformer les statuts actuels de la Fécafoot à ceux de l’ensemble des pays membres de la Fifa, afin que de Papouasie en Malaisie, des Honduras au Qatar, tous les satellites de la galaxie Fifa soient gouvernés par les mêmes codes formatés par les experts de Zürich. Abbo Mohammadou est désigné par Atangana Mballa pour présider les travaux.

Au bout d’une heure de séance, il fait circuler une feuille devant les membres de la commission qui y apposent noms et signature. Lorsqu’elle me parvient, je lis devant la colonne des noms : cent cinquante mille francs, au titre des frais de session. J’appelle l’attention de l’élu sur le fait que la décision qui a créé la commission ne lui a pas accordé de chapitre financier. La réponse de mon interlocuteur fuse comme un boulet. Brûlante et dévastatrice :
« Pour qui vous prenez vous pour me le rappeler ? Est-ce votre argent ? Vous allez le débloquer sinon j’arrête les travaux et je m’en vais ! ».

Abbo Mohammadou est igné jusqu’aux orteils. Il déverse toute l’aigreur de son cœur sur moi ; il évoque l’incident du billet du match ; il rappelle celui du billet d’avion. Il est plus que jamais convaincu que je lui en veux personnellement.[…]

[…]

Un jour d’octobre, « le doyen » des membres du Comité Exécutif entre dans mon bureau. Ondoua François veut «une avance d’argent à retenir sur ses jetons de présence aux prochaines sessions du Comité Exécutif ou de l’Assemblée générale ». Je suis halluciné. Où est-il allé chercher l’idée qu’on puisse se faire prépayer des frais de sessions qui ne sont même pas encore envisagées, quoique statutaires ? Je lui explique mon impuissance à accéder à sa demande et lui propose, si nécessaire, de financer de ma poche ses soins médicaux. Que ne ferais-je pour « ménager» un élu !

A ma grande surprise, sa réaction est fulgurante. Lui qui tout à l’heure était à peine audible, retrouve d’un coup son tonus pour me dire ce qu’il pense du Directeur Général que je crois être.
-Tu me prends pour un mendiant ? J’ai consacré toute ma vie au football. Je me suis ruiné. J’en suis tombé malade. Et aujourd’hui un enfant de rien du tout vient m’expliquer que je ne dois pas avoir des prétentions sur ce qui m’est dû ? Je le ferai savoir au Comité Exécutif ». Je suis estomaqué par cette diatribe aussi imprévisible qu’injustifiée. Le doyen est saisi de logorrhée.
- Le Blanc qui était ici comblait tous mes désirs, et toi, qui n’as même pas l’âge de mon fils, tu m’opposes les règlements ! Qui donc a rédigé ces textes si ce n’est moi ? Je ne veux plus de ton argent. Si je viens à mourir, je ne veux pas de représentant de la Fécafoot à mes obsèques. Ni d’oraison funèbre. Ni de fleurs. Ni d’hommage. Ni… (Il étouffe). Rien ! ».

Ondoua François est comme transfiguré. Le temps se couvre. Mon bureau devient morphinique. Puis peu à peu « le doyen », retrouve son calme et ses esprits ; il se lève et sort. Son visage est raviné.
Immédiatement après, je cours raconter cette scène effroyable à Atangana Mballa, dans son bureau. Je crois bien faire. Il me répond que je n’ai rien à me reprocher : «Il faut des gens sérieux dans le football ! », s’offusque-t-il. Double joueur […]

[…]

Les usages internationaux sont pourtant connus de tous en matière de préséance des fédérations sur leurs mandants dans les sphères sportives. Mais il ne viendrait jamais à l’idée d’un ministre camerounais de faire partie d’une délégation sportive conduite par le Directeur général ou le président de la Fécafoot. Crime de lèse-majesté ! Que dire alors des coups d’envoi de matches qu’un Augustin Edjoa ou plus loin dans le temps, un Joseph Fofé n’entend céder pour rien au monde aux sous fifres de la Fécafoot. Qui plus est devant le Chef de l’Etat ! Damnation !

Contrôler de fond en comble la vie de la Fécafoot est bien plus juteux pour les ministres des Sports que passer du temps à réfléchir aux moyens de doter le pays d’infrastructures dignes de son statut. Ils ont installé des hommes grenouilles à la Fécafoot qui passent le plus clair de leur temps à farfouiller dans tous les dossiers, à la recherche de la petite bête. Et comme les drames ne manquent pas à Tsinga ! La Fécafoot est une bombonne de produits hautement inflammables. Le nombre de mèches et de boutes feu pyrotechniques qu’on pourrait y allumer consumeraient tout son siège et n’épargnerait pas le Ministère des Sports.

Augustin Edjoa, à l’instar de ses prédécesseurs, s’est très vite retrouvé mêlé à toutes les crises qui secouent la Fécafoot. C’est lui, à travers son désir ardent de s’approprier au plus vite les rênes de la maison de football qui met le feu aux poudres. Cela commence par la gestion des affaires des interpoules et se prolonge avec la menace de retrait de l’agrément du gouvernement à la Fécafoot. Plus futé que ses prédécesseurs, il a exigé et obtenu les copies des contrats signés par la Fécafoot avec ses sponsors pour en maîtriser les termes et l’échéancier ? Son analyse est toute simple : le contrôle d’une structure et de ses hommes n’est efficace que s’il est couronné d’une totale mainmise sur ses finances.

Les frictions et tensions récurrentes entre la tutelle et la Fécafoot ont donné naissance à une caste de médiateurs qui sortent saisonnièrement du bois pour offrir leurs bons offices. Lorsqu’ils se sentent vraiment dos au mur, poussés dans leur retranchement, comme lorsque Edjoa a menacé de leur retirer l’agrément du gouvernement au mois de décembre 2006, les responsables du football se servent de ces canaux. Ils y font transiter d’énormes sommes d’argent supposées servir d’antalgique à la subite poussée de fièvre de leur tutelle ou d’élixir soporifique pour aplatir le mammouth. Le désir d’argent sédimente de nombreuses crises entre le département des sports et la Fécafoot. Pour le ministre et ses collaborateurs, le football est une vache à lait : on ne saurait laisser sa traite entre les seules mains de la Fécafoot. […]

[…]

Le football en particulier est considéré comme la mamelle qui autorise les tétées financières les plus goulues et les comptabilités les plus cabalistiques. Au nom du football camerounais et des exigences de plus en plus exponentielles de ses plénipotentiaires, les mallettes d’argent en espèces circulent comme dans nul autre département ministériel. Les primes des joueurs, les frais de séjour à l’intérieur comme à l’extérieur, toutes formes de dépenses sont effectuées en argent liquide. Les chèques n’ont pas droit de cité dans ce système où tout est surfacturé, surdimensionné, dénaturé. Plus qu’ailleurs, le ministre des Sports se balade à travers le monde avec dans ses mallettes des centaines de millions d’argent en numéraires, arguant du refus des footballeurs camerounais de se faire payer autrement qu’en argent liquide.

Jusqu’au milieu des années 80, les joueurs des sélections nationales acceptaient bien les chèques que leur servait le patron des sports. Mais, la plupart de ces chèques revenait impayée, parce que « en bois », le compte bancaire ayant été subrepticement vidé de son contenu. Conséquence, de nombreux joueurs n’ont pas recouvré leur dû pendant des années. Pis encore ils n’ont disposé d’aucune voie de recours, à une époque où apparaître en sélection nationale relevait d’une mini consécration sociale. Etre retenu en équipe nationale suffisait seul à faire le bonheur du sélectionné, assuré de prendre l’avion, de découvrir d’autres pays et d’être admiré de ses voisins de quartier…A cette époque-là, la majorité des internationaux évoluait encore dans le championnat local.

De nombreux propriétaires d’hôtels ont été les victimes de la félonie des fonctionnaires habiles dans les détournements à d’autres fins des millions destinés à assurer l’hébergement des sélections nationales. Réputé sous le label d’« hôtel des Lions indomptables » dans les années 90, Le Makombé continue de traîner de colossaux impayés qui ont plombé sa comptabilité et ébranlé sa gestion jusqu’à ce jour.
Lassé des complaintes récurrentes des joueurs dans les médias au sujet de primes jamais encaissées, le Ministre des Finances Antoine Ntsimi défraie la chronique en octobre 1993, en débarquant nuitamment à l’hôtel Le Makombé, accompagné d’un fonctionnaire du trésor public. Il est venu en personne procéder à l’apurement des primes et autres manques à gagner des footballeurs. J’interroge le Ministre des Finances sur son offensive qui fait perdre la face à son homologue des Sports. Antoine Ntsimi use alors de cette expression que j’entends pour la première fois : « La Fécafoot ne saurait être un éternel tonneau des Danaïdes ». On se dit alors que la leçon va porter. C’est mal connaître les Camerounais. Lors de la coupe du Monde des Etats-Unis quelques mois après, le même ministre, Bernard Massoua II, n’éprouva aucune honte ni ne mit de forme à empocher, devant une assistance stupéfaite, les chèques de voyage devant servir au paiement des primes des sélectionnés. Raison évoquée, les joueurs voulaient être rétribués en dollars liquides pour ne pas laisser des plumes au change. Lui, ne les avait pas.

Avec ce détournement aussi terrien qu’anecdotique, on crut avoir atteint les sommets de l’indécence et de la roublardise. Comme disent les Anglais : « The best was to come ». Et le meilleur vint avec Augustin Kontchou Kouomegni, Ministre de la Communication. A son retour au pays après l’élimination du Cameroun de la World Cup, « Zéro Mort » déclara, pince sans rire, avec son flegme légendaire :
« La valisette contenant les primes des footballeurs se trouve dans un avion, entre Los Angeles et Paris ».
Si dans les chaumières l’on devisa sur l’ingéniosité du ministre à vouloir masquer ce qui prenait toutes les allures d’un détournement, personne ne rit car l’argent en question provenait des contributions à l’échelle nationale d’une campagne dénommée « Coup de cœur pour les Lions indomptables ». Aujourd’hui, nul ne sait si le ministre a récupéré sa valisette de dollars.
Les années ont passé. Rien n’a changé dans le monde du football camerounais.

[…]

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Essomba Eyenga est un des moteurs du tripatouillage du fichier informatisé de la Fécafoot. Jouissant de complicités dans le système, il est passé depuis longtemps artificier en chef dans la contrefaçon des passeports des joueurs. Il tire l’essentiel de ses revenus de la traite négrière qu’il a instituée au sein de son club. Au contraire des autres dirigeants de clubs, ce négrier des temps modernes obtient plus facilement des lettres de sortie complaisamment signées par Atangana Mballa ou Thérèse Manguélé. Des documents qui lui facilitent l’obtention de visas dans les ambassades étrangères. Cette technique fait du Tonnerre de Yaoundé le club camerounais qui a le plus exporté de footballeurs. Il est même advenu, pendant des années, que la motivation d’être « vendu » incite les amateurs camerounais à se faire recruter dans le Tkc. De nombreux jeunes gens ont été envoyés à l’aventure dans les pays les plus reculés de la planète, sans la moindre garantie d’y réussir carrière. Ses destinations sont pour la plupart exotiques : Indonésie, Chine ou Mexique. La réglementation en matière de contrats professionnels y est bien molle pour ne pas dire pire. Essomba Eyenga n’a cure pour le pauvre joueur tout d’un coup déraciné et jeté en pâture dans un environnement qu’il ignore complètement. Une fois qu’il a empoché la première avance de ses sordides transactions, il ne se soucie guère de ce qu’il adviendra à son esclave. Je me réserve de donner les noms de footballeurs qui se sont retrouvés dans un coin de la planète ne sachant plus ce qu’ils y faisaient ni comment rentrer au bercail. Des carrières et des vies ont été ainsi brisées. Pendant ce temps, Essomba se gondole au Cameroun, fait l’étalage de sa présumée fortune et nargue les autres membres de la Fécafoot.

Essomba Eyenga vit aux crochets du football camerounais qu’il pressurise, suce et ponctionne à souhait. Des preuves patentes témoignent à souhait de son indescriptible cupidité et des sommes mirobolantes qu’il tire de ses innombrables forfaitures. Un seul chapitre de livre ne suffirait pas à les répertorier toutes. Nous en donnons un bref aperçu en annexes, à travers diverses décharges effectuées au cours des compétitions internationales.
Curieusement, dans l’imaginaire populaire, à force de parler plus fort que tout le reste, Essomba Eyenga se forge une image de « Monsieur Propre » du football, celui qui ne lésine pas à dénoncer ses nombreux travers. En réalité, cet aboyeur ne se fait verbalement violent que lorsque ses intérêts sont en péril ou qu’il a perdu sa mise au poker.

Pour qui ne le sait pas, Essomba Eyenga a activement participé à mettre en place le système des magouilles qui gangrène le football. Ponte de la corruption du corps arbitral et des nombreuses comparses qui peuplent le football national, il n’a surpris personne en déclarant à la radio nationale qu’il avait accepté la proposition de faire perdre son équipe devant celle du président de… la Fécafoot, afin que cette dernière remportât le titre du championnat. Un aveu de corruption inédit qui aurait dû coûter aux deux équipes et à leurs dirigeants la radiation des milieux du football. Il n’en fut rien. […]


Desperate Football House, Jean-Lambert Nang, Préface de Joseph Antoine Bell, aux Editions Inter Press, Yaoundé-Cameroun

Source : Le Jour Quotidien


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