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Cameroun : le secteur de la santé, l'autre victime de Boko Haram dans l'extrême-nord
(10/04/2015)
Les violents combats contre Boko Haram ont mis en péril tous les efforts de l’Etat pour ramener les populations vers les centres de santé ou les hôpitaux dans l’extrême-nord du Cameroun..
Par Afrik.com
Des soldats de l’armée camerounaise patrouillant à Mora
Des soldats de l’armée camerounaise patrouillant à Mora
Certains districts de santé de l’Extrême-Nord Cameroun sont purement fermés ou d’autres tournent au ralenti. Des experts en santé craignent des épidémies de choléra et un accroissement du taux de mortalité chez les enfants.

A Amchide, Gouzda, Vreket, Tourou dans l’Extrême-Nord Cameroun, les pharmacies ont été pillées. Des matériels emportés par les membres du groupe terroriste Boko Haram. Des bâtiments entiers abritant les centres de santé ou des hôpitaux ont été détruits. Les incursions récurrentes des assaillants ont amené le personnel à déserter les lieux de service. Les motos qui servaient aux déplacements du corps médical pour les campagnes de suivi de vaccination ont été arrachées par les criminels de Boko Haram. « Une dizaine de centres de santé intégrés restent fermés à ce jour dans la région », indique Awa, infirmière, cadre a la délégation régionale du ministère camerounais de la santé dans l’Extrême-Nord.


11 districts de santé infectés

Sur les 30 districts de santé opérationnels en fin d’année 2014 dans la région de l’Extrême-Nord du pays, nous avons appris qu’« au moins, onze districts ont déjà été touchés dans leur dispositif sanitaire par les membres du groupe terroriste Boko Haram : Kousseri, Kolofata, Koza, Goulfey, Makary, Mora, Mokolo, Mogode,Mada et Bourha. Trois départements sont au centre des combats contre les groupes terroristes : Mayo Tsanaga, Logone et Chari et Mayo Sava ».

Kolofata, le district de santé fonctionne à minima. Tout le personnel ou presque est hors zone pour des raisons de sécurité. « Et c’est pas pour demain que les infirmières, aides-soignants et autres personnel para médical vont retrouver l’arrondissement pour vaquer à leurs occupations auprès des patients » ; a renchéri Thomas Zourmba, un journaliste local.

Marabouts et automédication au secours des populations

Les dispositifs de santé détruits par Boko Haram
Les dispositifs de santé détruits par Boko Haram
Les services de santé subissent les méfaits de la guerre contre Boko Haram. De fait d’un abandon forcé de poste de travail par le personnel soignant, les populations sont contraints de se tourner désormais vers les charlatans, les guérisseurs de tous bords ou verser simplement dans l’automédication avec ce que cela comporte comme risques. En temps de paix, la région de l’Extrême-Nord Cameroun constitue un foyer pour les pathologies comme le choléra, la poliomyélite et le paludisme.



Le nombre de veuves et orphelins augmente

« Family Club », une association opérant dans la promotion des droits de la famille et la résolution des problèmes familiaux, la protection de la femme, la jeune fille et l’enfant, la promotion du développement durable à partir de l’éducation, s’inquiète du nombre de déplacés internes du fait de la guerre contre Boko Haram. D’après Family Club : « plus de 2000 familles sont sans abri, plus de 10 000 jeunes n’ont pas pu retourner à l’école et le nombre de veuves et orphelins augmente ».

Les déplacés internes dans l’Extrême-Nord Cameroun ont tout perdu et vivent dans la misère. Certaines organisations humanitaires ont lancé des appels à l’aide aux déplacés internes pour survivre. D’après Joseph.K, médecin dans les services régionaux du ministère de la santé publique dans l’Extrême-Nord Cameroun : « Dans une région où 76°/° de femmes accouchent à la maison sans assistance, ni suivi médical, la guerre contre Boko Haram a réduit considérablement le nombre de femmes enceintes en consultations prénatales. Et les fistules obstétricales ont encore de beaux jours devant elles ».

Avec la guerre, la région de l’Extrême-Nord Cameroun, théâtre des affrontements, se trouve confronté à la désorganisation de son système de couverture et de surveillance sanitaire. La vie des femmes et des enfants, couches les plus vulnérables sur le plan de la santé en ce temps d’insécurité est en danger.


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