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Cameroun : A la rencontre de Roland Moungou Efouba
(13/04/2008)
Bonaberi.com est allé à la rencontre de Moungou Efouba Roland, brillant juriste camerounais, âgé de 27 ans. Il est diplômé de la faculté de sciences juridiques et politiques de l’université de Douala
Par Rédaction Bonaberi.com (Biumla Bi Massot)
Bonaberi.com est allé à la rencontre de Moungou Efouba Roland, brillant juriste camerounais, âgé de 27 ans. Il est diplômé de la faculté de sciences juridiques et politiques de l’université de Douala. Aujourd’hui au sein d’une entreprise de la place, il a bien voulu parler de son parcours en répondant à nos questions.


Roland Moungou sortant de son bureau
Roland Moungou sortant de son bureau
Bonjour Roland, peux tu te présenter à nos internautes ?

Bonjour, je m’appelle Moungou Efouba Roland, je suis âgé de 27 ans pour être né le 23 Janvier 1981. Titulaire d’une maîtrise en Droit option carrières administratives et inscrit en DEA option Droit public interne à l’université de Douala, j’exerce actuellement au sein d’une compagnie aérienne où je m’occupe des affaires juridiques et du contentieux.



Peux tu nous parler der ton parcours scolaire et universitaire ?

Tout mon primaire, je l’ai fait à l’école de Tsinga, laquelle se trouve dans la même enceinte que le lycée. Et c’est dans ce même lycée que j’ai effectué une partie de mon secondaire jusqu’en classe de seconde. En 99, je pars de Yaoundé pour Douala, suite à des petites vicissitudes de la transition entre l’adolescence et l’age adulte. Je continue donc mes études au lycée d’Akwa, pendant 2 ans et en 2001, j’obtiens mon baccalauréat A4 espagnol lettres et philosophie. Je suis admis à la faculté des sciences juridiques et politiques de l’université de Douala. Après de 5 ans, j’obtiens une maîtrise en droit, option carrières administratives. L’année académique d’après, je suis admis en DEA option Droit public interne. Mais le retard du lancement des enseignements me conduit à un stage dans un premier cabinet d’Avocat où je passerais 9 mois, puis dans un second à Yaoundé où je ne ferais que 2 semaines puisque ayant trouvé du travail.

On constate que tu as fait des lycées comme celui de Tsinga à Yaoundé, ou encore celui d’Akwa à Douala, quels souvenirs gardes-tu de cette époque ?

Je suis un pur produit du lycée de Tsinga, mon plus beau souvenir : Patricia, ma première petite amie, je ne ferais pas de commentaires, mais s’il fallait l’épouser je crois que je n’hésiterais pas. C’est au lycée de Tsinga que j’ai adhéré à la famille du RAP, où j’ai passé les moments les plus fous en milieu scolaire où j’ai découvert que seule la volonté et la confiance en soi conduisent inéluctablement au succès. Le regroupement entre amis sous le manguier en face de la boulangerie, entourés de « nanas » qui nous tressaient les cheveux me manquent. Si je pouvais revivre l’un de ces moments !!

A Akwa, je me souviendrais toujours du premier jour où je suis arrivé dans ma salle de classe (1ere A4 espagnol), Marie qui vit à paris aujourd’hui m’a accueilli. Elle est devenue une amie, une sœur ma fiancée ! Par ailleurs, les interclasses : j’y ai découvert mes talents d’avant-centre avec 8 réalisations, j’étais donc le meilleur de Terminale et le 3eme du lycée, c’est inoubliable !

Après ton bac, tu entreprends des études de droit, qu’est-ce qui motive ton choix pour les sciences juridiques ?

Etre parmi les décideurs, administrer ou diriger a toujours été mon leitmotiv. Pour ce faire, il fallait rentrer, pour acquérir les fondamentaux, dans l’école du Droit et de la politique. Mon défunt père était un haut fonctionnaire dont l’autorité aussi bien en famille, qu’au service n’avait jamais été ébranlée, c’est un modèle pour moi. Les sciences juridiques et politiques étaient alors la meilleure des formations qui puissent m’apporter beaucoup d’arguments pour pouvoir faire face à la rude compétitivité des concours administratifs débouchant à la fonction publique, notamment celui de l’ENAM (Ecole Nationale d’Administration et de Magistrature).

As-tu finalement présenté un de ces concours ?

Jusqu’ici, le seul concours que j’ai présenté est celui d’entrée en sixième ! (Rires…). En fait je ne me suis pas encore senti vraiment préparé pour faire un autre concours, mais j’y songe et j’ai encore du temps ! Pour l’heure, j’aime ce que je fais. Faire carrière dans le transport aérien est en train de devenir mon objectif. C’est un domaine florissant et il n’existe pas encore à ma connaissance de spécialiste au Cameroun.

On dit de ces concours qu’ils ne sont que favoritisme et corruption ! Quel est ton avis sur ce sujet ?

Vous savez, les préjugés il faut s’en débarrasser lorsqu’on veut réussir dans tout ce que nous voulons entreprendre. Le phénomène de népotisme et de favoritisme qui ne sont rien d’autres que des stimulateurs de la corruption ne sont pas un apanage du seul Cameroun.
Je pense que la méritocratie a sa place au Cameroun et j’exhorte les jeunes camerounais, à plus d’efforts et de sacrifices dans leur préparation aux différents concours, qu’ils intègrent dans leur mentalité le sens de la compétitivité et que chacun se souvienne toujours que s’il y a une seule place a pourvoir, la sienne !

En parlant d’examen, celui pour l’accession au barreau camerounais a eu lieu après 7 ans de non déroulement, comment est-ce possible et penses tu qu'il puisse avoir une solution à ce genre de problèmes ?

La profession d’Avocat au Cameroun est régie par une loi qui détermine les modalités d’admission au stage qui dure 2 ans et est sanctionné par un examen de fin de stage, lequel donne droit à l’inscription de l’Avocat Stagiaire au grand Tableau de l’ordre des Avocats si celui-ci a une moyenne supérieure ou égale à 12/20.

Quant à la fréquence de ces examens, je dois préciser que plusieurs institutions interviennent dans leurs organisations notamment, la primature, le ministère de la justice et le Bâtonnier. Vous voyez donc qu’il y a d’un côté une loi, selon laquelle en principe tous les 2 ans au moins, un examen doit être organisé ; de l’autre côté, le gouvernement qui peut tout paralyser et on se retrouve avec des intervalles de 7 ans. C’est une situation d’autant plus préoccupante que les jeunes qui sont de plus en plus nombreux en pré stage dans les cabinets d’Avocats, vivent dans une précarité et une incertitude qui ne peuvent que créer des frustrations.

Toutefois, il faut souligner que le gouvernement a mis sur pied une institution par laquelle les candidats à la profession d’Avocat passeront. C’est déjà un pas vers la démystification de cette profession au Cameroun, c’est un début de solution. En attendant que celle-ci ne fonctionne effectivement, vivement que les autorités prennent toutes les mesures qui s’imposent afin que les candidats qui seront définitivement admis soient les plus méritants et non ceux qui, selon certains médias, ont été admissibles alors que leurs dossiers de candidature avaient été rejetés.

Roland à son bureau à Bonanjo
Roland à son bureau à Bonanjo
Après ta maîtrise en Droit donc, tu intègres un cabinet d’Avocats, peux tu nous parler de cette période de ta vie ?

Jamais je n’ai été sous pression comme je l’ai été durant 9 mois dans ce cabinet où j’ai effectué mon premier stage. Lorsque j’arrive en Octobre 2007, le cabinet ne compte qu’un seul collaborateur et une secrétaire en plus de la maîtresse des lieux.

Le collaborateur que je trouve ne me facilite pas la tâche ; il est austère et peu emprunt au dialogue. Je ne savais pas grand-chose des procédures de la rédaction des actes et des écritures. Mais je devais rendre compte d’un travail de professionnel et ce, le plus vite possible. En 2 mois, je savais rédiger des conclusions, en dehors de quelques retouches sur la forme, mon travail était très souvent retenu.

En 7 mois, ma marraine disait de moi que la seule chose qui me manquait, c’était la robe (la robe d'avocat, ndlr). J’ai appris à aimer cette profession dans ce cabinet, mais l’incompatibilité d’humeur avait pris le dessus sur le professionnel et j’ai dû mettre un terme à mon contrat de collaboration. Ce serait de l’ingratitude que de ne pas souligner que ce cabinet m’a beaucoup apporté. J’y ai appris la rigueur au travail, la ponctualité, l’organisation systématique du travail, le respect des autres et surtout comment tenir un agenda. Au demeurant, c’était une étape indispensable dans ma vie.

Aujourd’hui, tu travailles au sein d’une compagnie aérienne, en quoi consiste ton travail ?

Une compagnie aérienne est une entreprise commerciale avant d’être distincte des autres de par la spécificité de son activité principale qui est le transport des personnes, des bagages et le fret. Cela suppose des rapports divers non seulement sur le plan interne, mais aussi sur le plan externe : envisager l’aspect juridique des rapports entre les employés et l’employeur qui de manière classique débutent par la signature d’un contrat de Travail à exécuter conformément aux lois, règlements, conventions collectives et aux clauses même dudit contrat. Dans la phase d’exécution, il peut donc arriver qu’une partie ne respecte pas ses engagements ou les obligations auxquelles il est tenu de telle sorte que le maintien du lieu contractuel devient impossible. Mon principal objectif étant de protéger les intérêts de l’entreprise, c’est dans ce sens que je serais appelé à le conseiller.

Dans tous les cas rapports sont principalement régis par le code du Travail et c’est ce texte qui aide l’employeur à mieux appliquer. Sur le plan externe, il faut voir les rapports entre la compagnie et les clients, les passagers ; les autres compagnies aériennes, les agences de voyage et les tiers. Si les rapports entre compagnies et autres agences de voyage sont les plus souvent stables, tel n’est pas le cas des passagers avec le sempiternel problème de perte, vol et retard des bagages ou encore de refus d’embarquement de passagers en possession de document de voyage douteux ou pour toute autre raison liée à l’exploitation. Mon rôle, le cas échéant, est alors de trouver avec le passager un compromis qui préserverait au mieux l’image commerciale de l’entreprise plutôt que d’aboutir à un procès long et onéreux.

A 27 ans, tu as déjà engrangé de l’expérience et tu as ainsi développé des acquis, quels sont tes projets aujourd’hui ?

Vous savez, je dis souvent à ceux qui font l’honneur de m’écouter, surtout aux jeunes comme moi, qu’il ne faut pas être figé. Faut toujours espérer mieux. Au départ je voulais faire dans l’administration publique, voilà que je me retrouve dans le transport aérien. Ca devient une passion ; et j envisage une formation professionnelle notamment un Master en Transport Aérien. J’ai contacté déjà l’université Paul Cézanne Aix Marseille III pour les modalités, mais ce n’est qu’à partir du 21 Avril que je pourrai avoir des informations sur le retrait du dossier de candidature. Je ne compte pas m’arrêter en si bon chemin, administrer une compagnie aérienne, avoir une agence de voyage ou ouvrir un cabinet de consultant sont mes rêves. Je sais que j’ai du pain sur la planche !

Pourquoi un master en transport aérien ?

Pourquoi je voulais avoir une qualification professionnelle spécifique en transport aérien ? Et bien parce que, je l’ai dit précédemment, ça devient une passion. En plus, à ma connaissance au Cameroun, les consultants en transport aérien ne sont pas légion. J’aime ce que les autres ne regardent pas.

Nous arrivons au terme de notre interview, aurais-tu un message à faire passer, un mot de fin ?

Je remercie déjà www.bonaberi.com de m’avoir accordé cette interview et je salue toutes leurs initiatives en faveur de la jeunesse camerounaise. Jeune camerounais, crois en Dieu et en toi. Sache que rien n’est acquis dans la vie. S’il n’y avait pas existé de politique, de népotisme, de favoritisme, il y aurait toujours eu la pluie et le soleil. Et tu dois faire face même à l’adversité de la nature. Le monde évolue et le Cameroun aussi ! Aie donc la conviction que tu es le meilleur chaque fois que tu seras en compétition, c’est la clé du succès. Ton futur commence aujourd’hui ! Que Dieu bénisse la jeunesse camerounaise !





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