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Cameroun - New Bell : la peur au quotidien
(25/08/2008)
Avec les tentatives d’évasion répétées, la vie des riverains de la prison rime avec frayeur. Retour du quotidien Le Jour sur le phénomène.
Par Patient Ebwelle
Atmosphère chargée d’émotion et de frayeur ce matin à New Bell. Les alentours de la prison sont quadrillés par des gendarmes, armés de fusils d’assaut. La route principale qui passe devant le pénitencier est barricadée.

Des parents et proches de détenus venus aux nouvelles sont tenus à distance. Aucune visite n’est autorisée. Une benne à ordures stationnée devant l’entrée du pénitencier est chargée d’un tas de détritus issus de l’incendie de la veille.

Situé en plein cœur de New Bell, la prison centrale de Douala est séparée par une route des services administratifs de l’arrondissement de Douala 3ème (sous-préfecture, inspection des impôts, mairie, plus loin se trouve un commissariat de police).

Elle jouxte de part et d’autre des habitations qui l’éloignent quelque peu du marché central de Douala. Dans le voisinage, le souvenir de la matinée chaude de mercredi est encore présent dans les esprits. Il a même renforcé le climat de frayeur qui règne dans le voisinage de la prison, particulièrement du côté opposé au marché.

Les habitations sont situées à quelques mètres de la prison. Le mur d’enceinte de ce coté-ci n’est haut que de quelques mètres.



C’est par là que toutes les dernières tentatives d’évasions ont été menées. Ici, on a en mémoire les 29 et 30 juin, des jours au cours desquels 17 détenus qui tentaient de s’évader avaient été abattus. Deux dans des maisons où ils s’étaient réfugiés.

Par la même occasion, un habitant du coin René Mireille Bouyam, avait été abattu. Témoin de la scène, Ibrahim Aziz, 48 ans raconte : "Il était couché dans sa chambre autour de 03h lorsqu’un évadé a enfoncé sa porte. Il est tout de suite sorti et s’est mis à crier au secours. Mais quand les hommes en tenue sont arrivés, ils l’ont abattu, au même moment que le fugitif et lui".

Depuis, la peur s’est emparée de tous les habitants. "Désormais chaque fois que nous entendons des coups de feu, il nous est difficile de nous endormir. On est tout de suite pris de panique ", raconte le chef de bloc, Charles Djiengou Sepou, 54 ans. "Mercredi matin, nous sommes restés barricadés dans nos maisons, personne n’a osé sortir de chez lui.

Ceux qui habitent cette zone font partie du petit peuple qui vit essentiellement de commerce
", ajoute-t-il.
Né à New-Bell, Charles Djiengou Sepou garde de la prison de New Bell de meilleurs souvenirs : "il y a quelque temps, les populations collaboraient avec les gardiens de prison pour capturer les prisonniers qui s’évadaient. Aujourd’hui, plus personne ne peut prendre ce risque", regrette-t-il.

Même sentiment chez Arthur Kamba, 40 ans, également né à New-Bell : " Avec près de 4.000 détenus à quelques mètres de nous, et quand on connaît les conditions dans lesquelles, ils vivent on se dit que tout peut arriver. S’ils se décidaient à pousser le mur de la prison, je me demande comment il pourrait résister".

Chez les voisins de la prison, l’annonce de l’imminence de sa délocalisation par le vice premier ministre, ministre de la Justice garde des sceaux, est saluée. Amadou Ali arrivé à Douala, à la suite de l’incendie de mercredi 20 août 2008 à la prison centrale de Douala

Source : Le Jour






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