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Cameroun - Lobmagnagui : Vendre du sable pour échapper à la débauche
(11/05/2010)
Depuis plusieurs années, le travail des exploitants de sable de Lobmagnagui, une banlieue de Douala, leur procure le minimum vital.
Par Redaction Bonaberi.com (Paula Laswell)
Depuis plus d’une heure que l’on bat le pavé, personne ne daigne nous regarder tellement les sableurs de Lobmagnagui, banlieue de Douala, sont concentrés. Un coup de pioche par là, un coup de pelle par ici, tous les travailleurs sans arrêt s’attèlent à retirer sous terre du sable. Tout autour du site, une montagne pointée à l’horizon les entoure. Malgré la pluie qui tombe en abondance, les sableurs sont au travail.

Pas tous du moins : « c’est la période morte. Les gens sont en congés »,explique Adolphe Manga. Tapi dans un trou qu’il a creusé la veille, il enfonce fort dans la terre une pioche, puis une pelle pour extraire du sable. Ses pieds nus lui permettent d’aplatir parfois la motte de terre qui l’empêche de se déplacer.

Jadis blanche, sa chemise devenue grise au fil du temps est trempée par la pluie. Stoïque, le sableur déclare ne pas avoir froid. « Quand il pleut je suis encore plus motivé puisque je ne me déshydrate pas », lance t-il en jetant de côté le sable qu’il vient de retirer. Au fur et à mesure qu'il creuse, les mouvements de ses vertèbres se dessinent sur son vêtement.

Son corps sec et ses mains calleuses souffrent le martyre. Cela se voit, il a décidé ce matin de sortir de terre plus d’un camion de sable qui pourrait lui rapporter de l’argent. Alors il va continuer car « il a trop de problèmes et de charges pour cette rentrée scolaire.

Travail d’équipe

A côté de lui, des camions chargés de sable font des allées et retour. De part et d’autre du site, des klaxons se font entendre. Les travailleurs avertis du violent bruit se hâtent de prendre la fuite. Ces camions de sable sont ceux de Georges Ngassa. Il est le plus chanceux ce matin. Le sable qu’il a extrait la veille vient d’être acheter par un client.

Ces compagnons à toute vitesse ramassent leur pelle pêche. Après un « bourdieux », c’est parti ! L’un d’eux se met au dessus du tas de sable, les autres autour « c’est la meilleure technique pour que le travail soit rapide ». Dans un récital de grincements de pelles, les sableurs d’un mouvement rapide sans toutefois rempli leur pelle charge le camion « il faut surtout prendre en petite quantité pour éviter de jeter le sable », explique Jean M. leurs clients viennent des périphéries de Douala et sont parfois des entrepreneurs.

Cette joie de l’équipe de Georges ne satisfait pas Paul K. qui ne daigne pas les regarder. Le sable qu'il a extrait depuis plusieurs jours est prêt et il n'en est pas peu fier : « ce travail est dur et même violent. Mais quand tu as les problèmes, l’argent que tu attends n’arrive toujours pas », regrette-t-il.

Dans la localité de Lobmagnaqui, les sableurs sont connus, tout comme leur site. Une centaine de jeunes et moins jeunes se retrouvent pour creuser du sable.

Pour que le sable arrive à la surface, les travailleurs doivent dégager à l’aide d’une pioche la terre de la montagne. A une profondeur d’un à deux mètres minimum, l’on peut apercevoir du sable.

La chose la plus fascinante à cet endroit est que dans un seul trou creusé, on peut retrouver différents types de sable. Le sable fin pour le crépissage, le gros sable pour la fabrique des parpaings et le granulé très efficace pour faire les fondations et les dalles. Toutefois en cette saison de pluie, il est difficile de trouver cette dernière qualité. Car il faut aller plus en profondeur.


Force et technique conciliées

Les sableurs n’ont pas d’heure pour débuter leur activité. « Ce n’est pas tous les jours qu’on doit creuser, rappelle Carlos T, un des anciens du site car il faut aussi laisser les reins se reposer et suffisamment se nourrir pour prendre les forces ». Sabler, c’est « rude et ça demande la force », fait remarquer un des sableurs.

Néanmoins, l’effort des sableurs payent. Le prix d'un camion de sable varie de 35000 à 40000 francs CFA. Un gain trois fois plus important que le salaire minimum inter-garanti (Smig). Cependant, « la tête du client conditionne parfois le prix », précise Carlos.

A Lobmagnaqui, on déplore l’arnaque des propriétaire terriens à qui chaque sableur verse une somme d’argent pour l’exploitation. « Les disputes ne manquent pas ici. Parfois certains sableur en viennent au mains parce qu’il ne s’entend pas avec le propriétaire sur l’argent versé », affirme un des travailleurs. Avec les pluies, les risques d’éboulement sont perceptibles.

Car il faut le dire, au fur et à mesure qu’ils creusent la montagne, des creux se forment et au moindre glissement de terrain c’est la catastrophe. En dehors du sable, les débrouillards il y a quelques temps se sont lancés dans la fabrique de parpaings. Un moyen de « doubler son gain », conclut Charles Mbia



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