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Cameroun - Douala : La difficile insertion des enfants de la rue
(13/11/2009)
En plus des difficultés que rencontrent les éducateurs, plusieurs parents s’opposent au retour de ces enfants en famille.
Par Mutations (Blaise Djouokep)
Le sourire en coin, Valentin Atangana se souvient de son expulsion de la maison familiale comme si c’était hier. «Je me suis retrouvé dans la rue pour pas grand-chose», déclare t-il. «Je suis allé à une fête avec des amis. Et à mon retour, le lendemain matin, mes grands parents m’ont mis à la porte. Mes parents ne vivent plus. J’ai erré au quartier pendant deux jours au vu et au su de mes tantes. C’est après plusieurs tentatives infructueuses de retour à la maison que la rue est devenue ma nouvelle demeure», raconte ce pensionnaire du foyer Saint Nicodème, situé au quartier Pk 24 à Douala. «Cela s’est passé en 2007, pendant les vacances. Et je passais en quatrième année mécanique automobile», ajoute-t-il.

Comme Valentin, de nombreux enfants sortis de la rue ont du mal à retrouver le cadre familial. Ce, à cause de l’hostilité et de la réticence des parents, qui les considèrent comme des cambrioleurs. Ils veulent par conséquent les tenir loin de la demeure familiale. Une situation qui embarrasse les responsables du foyer Saint Nicodème. «Notre but n’est pas de garder les enfants. Mais, de les faire intégrer leur famille une fois sortie de la rue», reconnaît Daniel Yonghowa, le Directeur général des centres. C’est très souvent après l’échec des négociations entre l’équipe chargée de les sortir de la rue et les parents, ou entre les parents et les enfants, que l’option de les maintenir dans le centre est envisagée. Ce, le temps de retrouver les familles qui sont parfois hors de la ville, ou de convaincre les parents qui ne veulent plus avoir à faire à leurs progénitures.

Toute une équipe s’atèle donc à réintégrer les enfants de la rue au sein de leur famille. Afin de les appâter, plusieurs techniques sont utilisées. «Lorsque nous observons une masse d’enfants de la rue, nous jouons aux boules dans l’espoir qu’ils seront intéressés. Ce qui est très souvent le cas. Ensuite, nous nous intéressons à eux. Nous les sensibilisons», raconte Ernest Mbatchou, responsable des ressources humaines. Après cette étape, des rendez-vous sont pris aux deux foyers d’écoute avec les concernés, afin de pouvoir localiser le domicile des parents et entrer en contact avec eux. Ce qui n’est pas toujours aisé. Ce n’est qu’en cas d’échec des négociations que l’enfant est envoyé dans l’un des trois foyers d’hébergement.



Pour la plupart des parents pourtant, pas question d’accepter un rendez-vous ou une quelconque rencontre visant à faire retourner leur progéniture au domicile familial. Les encadreurs sont souvent «chassés comme des mal propres» dès l’approche de la maison familiale en compagnie de l’enfant rejeté. Ils doivent alors convaincre le parent de leur accorder un peu d’attention. Ce qui n’est pas chose facile. «Mais les négociations portent des fruits au bout de plusieurs tentatives», se réjouit le responsable des ressources humaines. L’accueil est identique lorsque les entreprises sont sollicitées par le foyer afin de permettre à ces jeunes d’approfondir la formation reçue au centre.

Une réticence que le Directeur du centre trouve justifiée du fait de leur statut et du mauvais comportement des certains enfants de la rue, qui avaient commis des cas de vol une fois admis dans des entreprises. Pourtant, au regard de l’encadrement reçu par ces enfants au foyer, cela ne devrait pas être le cas. «Lorsqu’on se réveille le matin, on prie. Après la prière, on fait le ménage. Puis, on va dans les différents ateliers pour la séance de formation. La journée se clôture par des cours de remise à niveau», relate Valentin Atangana. Grâce à cette initiative, ce centre créé en 1996 par la sœur Marie Roumy, a déjà accueilli plus de 6000 enfants et permis la réinsertion d’environ 4500 d’entre eux. «Pour ceux qui parviennent à rester dans leur famille, nous finançons leur scolarité pendant deux années», lance le Dg de la chaîne des foyers Saint Nicodème.

Une réussite qui n’est pourtant pas toujours au rendez-vous, en raison de plusieurs facteurs. Daniel Yonghowa reconnaît en effet que le taux de réussite de réinsertion dépend aussi du temps mis dans la rue par ces derniers. Cela dépend aussi de la détermination des enfants à véritablement quitter la rue. «Parce que dans la rue, ils sont libres et peuvent facilement avoir de l’argent et à tout moment. Ce qui n’est pas le cas à la maison», reconnaît le Dg. Pour réussir, les enfants réintégrés doivent aussi pouvoir faire avec les règles de la maison. Ce, d’autant plus que la plupart des enfants qui se retrouvent dans la rue, apprend-on, sont des enfants issus des familles dont les parents sont séparés. Chacun menant une nouvelle vie avec des conjoints nouveaux. Des partenaires qui ne supportent pas toujours la présence d’un enfant qui n’est pas le leur.


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