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Cameroun - Bamenda : Etudiants et forces de l'ordre s'affrontent
(22/05/2009)
Les premiers ont manifesté contre des coups de vol, des viols et autres exactions commises contre eux à Bambui et Bambili.
Par Mutations : Fréderic Takang (Correspondance particulière), à Bamenda
Après une série d'agressions enregistrées dans la nuit du jeudi au vendredi 15 mai dernier à Bambili et a Bambui, près de Bamenda, des étudiants de l'Ecole normale supérieure annexe de Bambili, ceux de l'université polytechnique de Bambui et des élèves des établissements scolaires d'enseignement secondaire de cette ville, sont descendus dans les rues.

C'était mardi le 19 mai dernier et ils souhaitaient, ainsi, dénoncer l'insécurité qui règne au sein des différents campus et dans des mini-cités. Pour se faire entendre, ils ont brandi des pancartes aux messages clairs : "Nous voulons la sécurité, créez un poste de police avec les éléments des Esir sur place à Bambili, ça ne sert a rien de créer un second cycle à l'Ens de Bambili alors que nous vivons dans l'insécurité totale, nos sœurs ont été violées, aidez nous" etc.

Appréhendant des cas similaires à cette attaque du 15 mai dernier en effet, ces étudiants et élèves n'ont cessé d'interpeller les responsables concernés à tous les niveaux, afin d'intervenir pour "éviter le pire". D'ailleurs, la semaine d'avant, les représentants des comités des mini-cités ont dénoncé fermement "cet état de fait caractérisé par l'indifférence totale du personnel de la sécurité, ainsi que la fuite en avant des responsables de l'administration", affirment-ils.

En effet, dans leur correspondance, les étudiants qui logent dans des cités universitaires ont traduit ce qu'ils vivent au quotidien: "Il ne se passe pas un jour sans qu'un incident, une agression à l'arme blanche, des menaces et des insultes, ne se produisent". Ce document qui a été rédigé le 7 mai 2009 a d'ailleurs été signé par plusieurs étudiants.

Ces élèves et étudiants relèvent également que l'insécurité gagne du terrain de manière inquiétante. Et pour se faire entendre, ils ont érigé, vendredi dernier, des barricades sur la chaussée, empêchant ainsi la circulation des véhicules pendant près de 6 heures. "Cette volonté délibérée encourage le pourrissement", précisent les rédacteurs du texte qui ajoutent : "Avant que des vies humaines ne soient perdues que nul ne pourra assumer, nous réitérons encore une fois, notre appel aux autorités concernées, afin d'agir pour remédier en urgence à cette situation". Les autorités de villes informées de la situation, se sont rendues sur les lieux. Le préfet de la Mezam, Bertrand Mache, qui conduisait la délégation ce matin-là, a pu s'entretenir avec les manifestants sans suite concrète.



Les revendications sont profondes : "Les étudiants sont abandonnés à eux-mêmes. Nos camarades sont violées. Et quand nous appelons la police, elle ne vient pas. C'est très grave et c'est dommage. Ces brigands ont pointé l'arme sur la tête de mon camarade. Cette nuit-là, ils ont braqué quinze mini-cités, avant d'emporter des téléphones portables, de l'argent, des bouteilles à gaz. Nous sommes démunis et ne pouvons plus rien face à des bandits armés. Nous voulons la sécurité. Cela veut dire que, à chaque coin, on doit avoir des policiers qui patrouillent", soutient un étudiant de première année journalisme à l'Ecole polyethnique de Bambui.

Il en est de même de son camarade de deuxième année chimie à l'Ens de Bambili : "J'ai été attaqué dans notre cité qui s'appelle Queen Anne. Ces malfrats étaient au nombre de dix avec des armes. Notre bailleur a appelé des forces de l'ordre au environ de 1h du matin, mais jusqu'à 8h personne n'est venu", regrette-t-il.

Le ras-le-bol des manifestants est perceptible. Les éléments de la gendarmerie conduits par le commandant de la légion du Nord-Ouest, Jules César, ont dû faire usage du gaz lacrymogène pour disperser les manifestants déchainés. Heureuse-ment, au cours des affrontements, on n'a enregistré aucune perte en vie humaine, même si la débandade, côté manifestants, était telle que les gens couraient dans tous les sens, en renversant des étals de commerce.

Ce n'est pas la première fois que la communauté estudiantine et les élèves de Bambili et Bambui, manifestent contre cette situation. Le préfet de la Mezam, qui dit ne pas ignorer l'existence l'insécurité, a déclaré cependant que "la situation était sous contrôle", avant d'encourager les étudiants qui vivent notamment dans les mini-cités ainsi que d'autres populations, à s'organiser en groupes de vigilance pour travailler en étroite collaboration avec les forces du maintien de l'ordre.


Source : Mutations


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