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Auto-écoles : Des clandestins en ordre de bataille
(17/11/2009)
Ils envahissent chaque jour des espaces à Yaoundé au grand dam des écoles agréées.
Par Parfait Tabapsi (Quotidien Mutations)
De fausses auto-écoles, du moins, pas agréées, florissent les rues de Yaoundé.
De fausses auto-écoles, du moins, pas agréées, florissent les rues de Yaoundé.
Combien sont-ils, ces Camerounais qui meurent sur nos routes du fait de la mauvaise conduite automobile ? Nombreux sans doute, même s’il est difficile d’avoir des chiffres fiables à propos de cette race d’apprentis conducteurs qui désertent les auto-écoles agréées pour confier le destin de leurs futurs passagers aux mains inexpertes. A Yaoundé, des espaces comme la façade du stade Ahmadou Ahidjo ou le garage en face de l’hôtel Hilton ne désemplissent pas de ces formations sur le tas des futurs conducteurs. Samedi dernier au stade omnisports par exemple, des voitures rivalisaient de prestance dans un petit périmètre, où de jeunes hommes et femmes s’exerçaient à la conduite automobile sous la surveillance de moniteurs installés au siège passager. « Je viens ici depuis quelques jours pour me recycler.

J’ai été à une auto-école par le passé, mais comme je viens d’avoir une nouvelle voiture, je suis venu avec un ami afin qu’il m’aide à mieux maîtriser le gabarit de ma Toyota Yaris ainsi que les options qu’elle contient
», lâche une jeune dame avant de reprendre le volant.

Un autre jeune confie : « Je viens apprendre à conduire avec mon frère. C’est plus relax et c’est moins coûteux pour moi ». Moins coûteux peut-être, mais sont-ils au courant des risques qu’ils prennent ainsi ? Ignace Kengne, propriétaire d’auto-école pense que non. « Beaucoup ignorent le risque qu’ils courent en se formant ainsi clandestinement. C’est pourquoi au syndicat national des exploitants d’auto-écoles du Cameroun (Sneaec) où je suis responsable au niveau départemental, nous avons décidé de procéder à la sensibilisation». Et de fait, il s’arrête devant chaque auto suspecte, parle poliment aux apprenants des conséquences éventuelles de leur acte et les conseille de prendre attache avec une école agréée.

Ignorance

Une sortie qui a le don de décourager certains et de les ramener à de meilleurs sentiments. André Owona, un jeune moniteur en service dans une école située au quartier Nkomo, pense aussi que cette sensibilisation doit s’accentuer. Car « il y a beaucoup qui sont dans l’ignorance. Ils ont besoin de permis de conduire et pensent directement à un ami de la famille ou à une connaissance alors qu’ils peuvent s’inscrire dans une école et suivre un cursus assorti d’une bonne connaissance du code de la route, ce qu’ils n’apprennent pas toujours dans la clandestinité ».

Un sentiment que ne partagent pourtant pas d’autres moniteurs. Au rang desquels Cyriaque Tagne rencontré sur le site en face du Hilton. Qui estime qu’il « faut d’abord savoir que la conduite accompagnée existe même en Europe.

Elle a pour but d’accompagner les premiers pas de l’apprenant car l’obtention du permis de conduire ne signifie pas maîtrise de la conduite
». Avant de poursuivre après un ultime ordre à un apprenant qu’il coache pour le compte de l’Auto-école française qui l’emploie. « Les moniteurs sont parfois obligés de rentrer dans les danses parce que leurs salaires sont souvent insignifiants et doivent joindre les deux bouts ».

Un avis que ne partage pas Bertin Djomo, un autre moniteur titulaire d’un certificat d’aptitude professionnelle à l’enseignement de la conduite (Capes) pour qui « l’apprentissage clandestin dessert forcément les écoles agréées qui voient ainsi les élèves leur échapper. Mais il reste un espoir, c’est que désormais, tout candidat au permis de conduire doit passer par une école. C’est un pas mais nous prions les autorités de se pencher sur ce problème qui va en s’agrandissant ».

C’est dans cette perspective qu’il faut situer la signature par le préfet Joseph Béti Assomo le 28 mars 2006 de l’arrêté portant création d’une « commission de lutte contre les auto-écoles clandestines, les faux permis de conduire et la conduite des véhicules et des motos sans permis de conduire équivalents »,qui n’a pas beaucoup fait parler d’elle. Alors même que les missions instruites par le préfet incitaient à plus d’actions. L’arrêté indiquait en effet que « la commission se réunit à la fin de chaque mois pour l’évaluation de ses actions sur le terrain » et adresse « mensuellement un procès verbal de ses travaux au préfet ». Depuis, on attend toujours les réunions. Encore fallait-il que toutes les composantes prévues soient regroupées à cet effet. Il s’agit notamment du préfet, du chef service départemental des transports terrestres, d’un représentant du groupement de gendarmerie territoriale de Yaoundé, d’un représentant du commissaire central aux renseignements généraux et d’un représentant du syndicat des exploitants d’auto-écoles.


Source: Quotidien Mutations


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