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Allaitement : Les femmes vantent leurs seins
(13/08/2008)
Nonobstant certaines contraintes, elles préfèrent leur lait à celui des bœufs pour leur bébé au Cameroun.
Par Patricia Ngo Ngouem
L'allaitement au sein est ce qu'il y'a de meilleur pour les nourrissons
L'allaitement au sein est ce qu'il y'a de meilleur pour les nourrissons
Celà a été rappelé par André Mama Fouda, à l'occasion du lancement de la 17e Semaine mondiale de l'allaitement maternel (Smam) au Cameroun. Organisée par l'Organisation mondiale de la santé (Oms), cette semaine, qui commémorait la déclaration "Innocenti" sur la protection, l'encouragement et le soutien de l'allaitement maternel signée par l'Oms et le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (Unicef) en août 1990, avait ainsi pour but -une fois de plus- de sensibiliser et de soutenir les mères sur les bienfaits de cette pratique pour le nourrisson.

D'où le thème retenu: "Soutien aux mères: Viser l'or. Tout le monde y gagne". Des bouts de phrases qui signifient, à en croire le directeur général de l'Unicef, Ann M. Veneman, que "l'allaitement maternel est un outil essentiel pour améliorer la survie de l'enfant". Car, "l'allaitement exclusif au sein pendant les six premiers mois de la vie permettrait d'éviter jusqu'à 13% des décès des enfants de moins de cinq ans dans les pays en développement". Une manière de rappeler au souvenir sur la nécessité pour les mères, notamment celles de pays sous-développés, comme le Cameroun, de donner le sein à leur bébé, parce que "38% seulement des bébés de moins de six mois sont nourris exclusivement au sein dans le monde en développement".

Des statistiques qui ne laissent pas indifférents autant les pouvoirs publics que les principales intéressées. Bien qu'il y ait certaines femmes qui refusent expressément de donner le sein à leur enfant et celles qui le font en dessous des six mois recommandés, comme Cécile Amougou, disent le faire volontiers, allant même au-delà de la période conseillée. "Tous mes enfants ont tété jusqu'à l'âge d'un an et demi", affirme Mme Esther Youmba, mère de quatre enfant et retraitée depuis six ans. Sandrine Sengue âgée de 24 ans soutient que sa "fille aura deux ans en octobre prochain et elle tête toujours". Elève en classe de première A4 (allemand) dans un établissement privé de Yaoundé, cette jeune mère avoue n'éprouver aucune honte à le faire, même si son mari et elle pensent qu'il est quand même temps de sevrer la fillette.

Les raisons pour lesquelles chacune d'entre elles le fait, ne sont pas les mêmes. Rachel Marie est mère de deux garçons dont le cadet âgé de trois ans. Elle lui a donné le sein jusqu'à six mois, "je le fais parce que cela permet de renforcer le système immunitaire de mon enfant. Je réduis ainsi les risques d'intoxication alimentaire. Surtout que d'après mon médecin, les mamans ne lavent pas ou ne stérilisent pas bien le biberon". Sandrine Sengue de son côté, estime que "c'est un moment privilégié que je passe avec mon enfant. On m'a toujours appris que cela aide à tisser un lien profond entre la mère et son bébé et à rapprocher les deux". Ce n'est hélas pas par choix que Cécile Amougou dit avoir abandonné le sein au profit du biberon: "Je n'avais plus aucune goutte de lait dans mon sein". A en croire le Dr Chantal Same Ekobo de l'hôpital de la Caisse, des cas comme celui de Mme Amougou, sont "très rares".

Contraintes

En effet, comptable dans une entreprise publique, cette femme de 34 ans indexe les horaires de travail et les allers retours obligés pour donner le sein à son enfant aux premiers mois de sa venue au monde. "Mon fils est né au moment où je cherchais un appartement, car je vivais encore chez mes parents et la maison était assez éloignée de mon lieu de travail. Dans ma quête, je laissais mon fils sous la garde de ma cousine après l'avoir fait téter. Mais, j'étais obligée de rentrer toutes les deux heures pour lui donner le sein, ce qui n'était pas évident. J'ai acheté un tire-lait à piston quand il avait deux mois. Comme mes seins étaient engorgés, la pression était douloureuse et il fallait du temps pour remplir le biberon. Et même après avoir trouvé un appartement en ville, je profitais de la pause pour venir lui donner mon sein, tout comme je prenais directement la direction de la maison une fois le travail fini".

Le fait que son enfant ait refusé le sein à six mois, contrairement à l'aîné qui est allé bien au-delà, fut un soulagement pour elle. Quant à Sandrine Sengue, "j'ai dû arrêter l'école pendant un temps. C'était difficile quand j'ai repris les cours. Ma fille tétait le matin quand je partais et n'arrêtait pas quand je rentrais. C'est à ce rythme que je l'ai habituée, même si j'étais constamment fatiguée". Malgré ces quelques inconvénients, toutes soutiennent que l'allaitement au sein est indispensable. Tant, "[i 29% de décès d'enfants de moins de deux mois sont attribués à la non alimentation par le lait maternel [et] 28.000 morts pourraient être enregistrés dans les dix prochaines années si rien n'est fait]".

Pour Comprendre les avantages

Des médecins et institutions internationales, à l'instar de l'Alliance mondiale pour l'Allaitement maternel (Waba) pour qui ce mode d'allaitement "offre le meilleur démarrage possible dans la vie, quel que soit le niveau de développement de la région", n'en disent que du bien. D'où les campagnes pour encourager cette méthode d'alimentation du nouveau-né ne se comptent d'ailleurs plus à travers le monde, eu égard aux nombreux avantages qu'ils procurent. Selon l'Unicef, l'allaitement exclusif pendant les six premiers mois de la vie réduit le nombre de décès causés par des infections respiratoires aiguës ou des maladies diarrhéiques.

En effet, apprend-on, le lait de la maman est le seul aliment qui assure une protection efficace contre ces maladies. Le lait maternel contient des protéines que l'enfant digère facilement et qui lui permettent de lutter contre toutes les formes d'infections en renforçant son système immunitaire; les sels minéraux qui sont peu abondants mais bien dosés afin de ne pas fatiguer les reins encore immatures du bébé; les vitamines, adaptés au besoin de l'enfant, de l'eau qui hydrate le bébé à la perfection etc. Sans oublier que l'allaitement maternel ne nécessite pas de techniques de conservation ou de réchauffement.

Permettant aux familles de faire des économies jusqu'à l'âge de la diversification alimentaire, l'allaitement maternel est vanté pour sa valeur nutritive. "Si l'on compare le développement des enfants nourris artificiellement à celui des enfants allaités exclusivement au lait, les premiers n'ont pas un développement optimal, ont une moins bonne santé, un taux de mortalité plus élevé eu un quotient intellectuel plus bas", conclut la Waba, encourageant par là les mères à adopter le lait maternel.


Source: Quotidien Mutations


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