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Mohamed Bennani (Cde) : 8000 branchements à réaliser fin Juillet au Cameroun (05/09/2008)

Le Dg de la Camerounaise des eaux présente les projets de cette nouvelle entreprise, née du rachat de la Snec.
Par Brice R. Mbodiam
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Mohamed Bennani
Mohamed Bennani

M. le directeur général (Dg) de la Camerounaise des eaux (Cde), votre entreprise est née du rachat de la Snec qui était une entreprise para-publique. Et au Cameroun, ces entreprises n'ont pas la réputation d'être des modèles en matière de bonne gouvernance. Dans quel état avez-vous trouvé la Snec au plan infrastructurel et managérial?

Je ne veux pas faire la langue de bois. Je veux être franc et sincère. La Snec est une entreprise qui a été bien gérée, une entreprise qui disposait d'un personnel très compétent, dévoué, dynamique. Je suis très heureux de travailler avec ce personnel.

Au Cameroun, quand on parle de privatisation, on voit les licenciements. Le fait d'apprécier le personnel de l'ex-Snec veut-il dire qu'il n'y aura pas de licenciements du fait de l'arrivée de la Cde?

Lors de la prise en charge par la Cde du service d'affermage, nous avions énoncé les principes. Le premier principe était que tous les responsables seraient maintenus. Par la suite, je me suis engagé à maintenir l'intégralité du personnel de l'ex- Snec. L'entreprise a besoin de son personnel et d'un développement très important. J'estime que le personnel en place est indispensable pour le fonctionnement de la société. Nous venons avec certains principes ayant trait à la moralité, la transparence, etc. Notre souhait est que le personnel adhère à ces valeurs et continue de travailler avec la même ardeur, pour le bien-être des populations camerounaises.

En plusieurs années d'existence, la Snec n'a pas pu étancher la soif des Camerounais. Quelles sont les grandes lignes du projet de développement que la Cde compte mettre en place pour démocratiser l'accès à l'eau potable au Cameroun?

Par rapport à cela, je sais qu'il y a une question fondamentale qui nous interpelle à tous les niveaux : c'est celle de l’amélioration de la qualité de service et les conditions de desserte, en mettant en place des objectifs de performance de service d’un standard élevé.

Peut-on avoir une estimation du nombre de branchements que vous comptez effectuer pendant cette opération?

Normalement, nous avons des arriérés de branchements qui s'élèvent à peu près à 8000 branchements. On va commencer à les appurer d'une manière très accélérée à partir de la fin du mois de juillet. Toutes les dispositions sont prises en termes de matériel et les équipes qui vont réaliser les branchements sont déjà arrêtées. Je souhaiterais que, très vite, la population puisse avoir de l'eau à domicile. Je souhaiterais que la mise en œuvre de ce projet permette de donner plus confiance à la population, avec que des gens se rapprochent davantage de la Cde pour demander des branchements et avoir de l'eau potable.

En dehors des branchements, il y a un problème de rationnement de l'eau y compris dans des grandes ville comme Yaoundé et Douala…

Effectivement, un certain nombre d'agglomérations à Yaoundé et à Douala souffrent d'un problème d'entretien des installations. La chance que nous avons aujourd'hui c'est que parallèlement au contrat d'affermage d'eau potable, il y avait un appel d'offres pour la réalisation d'un projet de réhabilitation d'urgence pour les agglomérations de Douala et de Yaoundé. L'adjudicataire a eu le contrat d'affermage mais également le contrat de la réalisation des travaux d'urgence pour les installations. Il y a deux trois semaines, nous avons signé le marché concernant ces travaux avec la société de patrimoine, la Camwater. Nous souhaitons engager les travaux de réhabilitation des installations le plus tôt possible. Ce qui nous permettra de remettre à niveau les installations. Avec ces travaux, nous sommes sûr que la distribution de l'eau en termes de quantité et de qualité intrinsèque va s'améliorer d'une manière très significative.

 
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Que répondez-vous à ceux qui estiment que le mètre cube d'eau coûte encore cher au Cameroun?

Moi, particulièrement, je pense que le mètre cube d'eau au Cameroun est légèrement moins cher que celui appliqué par certains pays africains de même niveau. Ce qui, à mon avis, coûte cher, c'est le coût de l'accès à l'eau potable. D'où la décision des pouvoirs publics de baisser les prix des branchements. J'ai une information à annoncer aux consommateurs Camerounais. C'est que parallèlement à cette réorganisation institutionnelle du secteur de l'eau potable, la Banque Mondiale a mis en place un projet pour faciliter l'accès à l'eau potable à la population Camerounaise. Ce qui va permettre à une grande population d'accéder à l'eau potable à des conditions très avantageuses. Avec le projet de la Banque Mondiale, on va enclencher une dynamique. Et je suis sûre que, par la suite, on trouvera d'autres bailleurs de fonds qui vont accepter le financement de projets similaires, facilitant l’accès à l’eau.

Cela signifie-t-il que les consommateurs Camerounais ne doivent garder aucun espoir de voir le prix du mètre cube d'eau baisser comme cela a été le cas pour le kilowatt d'électricité?

Euh… Sincèrement, ceci sera déterminé par une étude tarifaire qui va aboutir à certaines conclusions. Celles -ci vont être appliquées sans aucun doute. Ce qu'il faut savoir aujourd'hui c'est que lorsque la population paye l'eau elle paye également le traitement de l'eau. (…) Il y a une partie marginale de ce que débourse le consommateur qui est affectée au financement du développement des infrastructures. Pour le financement de ce développement, il y a l'Etat qui intervient. Mais aussi, il faut que le secteur s'auto-finance d'une manière ou d'une autre. Pour assurer le présent, mais aussi l'avenir.
 
Source : Tout Cameroun
 
 
 
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