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Lettre ouverte à M.Ngalle Bibehe
(22/07/2017)
Mr le Ministre, nous enseignants du MINESEC, apprécions les bonnes intentions que vous avez en vue de réformer l'éducation au Cameroun. Cependant, permettez-nous de vous faire comprendre que vous n'avez rien compris
Par Rédaction bonaberi.com: Dominique Moukalla
Savez-vous Monsieur Bibehe que les enseignants, cadres de la catégorie A

Mr le Ministre, nous enseignants du MINESEC, apprécions les bonnes intentions que vous avez en vue de réformer l'éducation au Cameroun.
Cependant, permettez-nous de vous faire comprendre que vous n'avez rien compris !

On ne résoud pas un mal par les feuilles, mais par la racine !
Dans votre démarche, vous comptez redéployer les enseignants des grands centres urbains, sous prétexte qu'ils y sont plus nombreux. Est-ce cela le problème ? Un enseignant à Yaoundé avec 8h de cours par semaine et des effectifs de plus de cent dans les salles de classe travaille plus que celui qui est affecté dans un lycée de brousse ayant 21h de cours, avec moins de 10 élèves par salles. Il serait suicidaire, vu le nombre de copies en fin de semestre et la pression dans les salles de classe d'attribuer 18h à un enseignant ayant des effectifs de plus de cent par salle. Sauf si la recrudescence des AVC observée chez les enseignants ces derniers temps ne vous émeut pas! Ou alors, vous préférez un travail barclé!

Monsieur Bibehe, les problèmes des enseignants se trouvent ailleurs. La principale étant le manque de motivation suite aux conditions de travail pittoresques au point où devenir enseignant au Cameroun est synonyme d'avoir raté sa vie. Monsieur Bibehe, séjournez dans un coin comme Nkom, une localité non loin de votre village dans la Sanaga Maritime et vous comprendrez ce que endurent les enseignants que vous y envoyez. Pas de routes, pas d'eau, pas d'électricité, pas de centre de santé, pas même de logements... Comment voulez-vous que dans de telles conditions un enseignant puisse exercer sa profession avec toute la passion? Et quand bien même, il le fait, aucun mérite ne lui est reconnu ! Savez-vous Monsieur Bibehe, combien sont morts en voulant s'acquitter de leur devoir ? Et après, aucune reconnaissance de l’état même pas un cercueil ? Pourquoi on n'observe pas cela dans d'autres corps de notre République ?

Monsieur Bibehe, vous n'avez rien compris ! On ne résous pas les problèmes de l'éducation par l'intimidation mais en créant des conditions de motivation du personnel. En Occident par exemple, on incite les enseignants et médecins à travailler dans l'arrière pays à travers une prime spéciale d'éloignement. Savez-vous Monsieur Bibehe que les enseignants, cadres de la catégorie A au Cameroun emmargent 1500 F de primes trimestrielles; au même moment un cadre des services centraux de même niveau émarge 300 000 F? Savez-vous qu'une vacation aux examens est payée à 1500; inférieure à ce que gagne un manœuvre dans un chantier ? Connaissez-vous la misère de l'enseignant camerounais ?

Monsieur le Ministre posez-vous les bonnes questions pour résoudre les problèmes de l'éducation au Cameroun par la racine, sinon, on continue dans la décrépitude. Vous n'avez qu'à voir les résultats au examens officiels qui, malgré tous les tripatouillages effectués pour remonter les pourcentages, sont toujours insatisfaisants.
Avec tout notre respect,
Les enseignants du Secondaire.



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