Le Contrôle supérieur de l’Etat enquête à l’Université de Yaoundé II
(19/11/2009)
Les inspecteurs d’Etat veulent voir clair dans la gestion financière et dans les procédures de passation des marchés entre 2006 et 2008.
Par Georges Alain Boyomo (Quotidien Mutations)
Des enquêtes sont menées sur la gestion de l'université de Yaoundé II de 2006 à 2008.
La présence régulière des inspecteurs et contrôleurs d'Etat au campus de l'Université de Yaoundé II-Soa depuis quelques semaines s'est répandue comme un feu de saison sèche dans les milieux universitaires de la capitale. D'après des sources concordantes tant au Contrôle supérieur de l'Etat (Consupe) qu'à l'Université de Yaoundé II-Soa, cette mission de vérification des comptes couvre la période allant de 2006 à 2008. Les différents services du rectorat, la direction des affaires financières et le service du budget auraient particulièrement été audités par les enquêteurs. Il s'agit, fait-on savoir, de s'assurer du respect de l'orthodoxie budgétaire et de l'observance de la réglementation en vigueur en matière de passation des marchés publics au sein de cette institution universitaire.
A l'observation, la période ciblée par le Consupe coïncide avec le boom infrastructurel au sein du campus de Soa. A un rythme soutenu, amphithéâtres, bureaux d'enseignants, bibliothèques, et autres aires de jeu ont complété le paysage de cette université. Toutes choses qui venaient confirmer "l'émergence" et plus tard "l'émergence nouvelle dimension" de cette université née de la reforme universitaire de 1993. Au mois d'Avril dernier, à l'occasion, de la cérémonie d'inauguration de l'Immeuble académique 2000 baptisé "Dialogue des cultures", du Centre de l'ingénierie du numérique et du Campus numérique francophone(Cnf) de l'Agence universitaire de la Francophonie, le ministre de l'Enseignement supérieur, Jacques Fame Ndongo n'avait pas tari d'éloges à l'endroit du recteur Jean Tabi Manga et de son équipe.
Ce d'autant plus que les infrastructures inaugurées se veulent futuristes.
Construit sur une superficie de 1360m2, l'Immeuble académique 2000 offre par exemple un total de 24 salles d'une capacité de 100 places chacune avec en prime une rame spéciale d'accès en faveur des étudiants handicapés, conformément aux termes de l'accord signé conjointement entre le ministre de l'Enseignement supérieur et le ministre des Affaires Sociales. " Ce bijou architectural et culturel est le premier bâtiment universitaire de 2 400 places. Ça n'existe nulle part au Cameroun. Donc je suis particulièrement heureux de l'inaugurer ", avait déclaré à l'époque Jaques Fame Ndongo.
Avec ses 64 postes ordinateurs, le Cnf est constitué quant à lui d'une salle de formation, d'une salle de ressources et d'une info thèque. Reste à savoir si la transparence a prévalu dans la passation de ces marchés et des autres qui font aujourd'hui la fierté de l'Université de Yaoundé II.
Nos tentatives de joindre au téléphone le recteur Jean Tabi Manga sont malheureusement restées vaines. Son secrétaire particulier ainsi que le chef service du budget, Robert Ndjiojip (réputé proche du recteur) n'ont pas souhaité se prononcer sur cette affaire. Une frilosité qui pourrait s'expliquer par la délicatesse des dossiers épluchés. Cette mission du Consupe intervient au moment où d'autres chantiers majeurs sont annoncés à l'Université de Yaoundé II-Soa. Notamment La construction de nouvelles infrastructures, dont un restaurant de 1000 places et un nouvel immeuble académique devant abriter les nouvelles filières et les centres de recherche.
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