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Germaine Ahidjo sort de sa réserve et explique tout
(16/07/2007)
"Ahmadou Ahidjo deviendrait fou de voir l’état actuel du Cameroun...". Germaine Ahidjo sort de sa réserve et explique tout sur les choix de Paul Biya.
Par N.S.

l’élimination des candidats Ayissi Mvodo et Samuel Eboua par son mari pour sa succession au pouvoir, sur le refus par Paul Biya de son retour au pays, sur ce que Ahidjo pensait des Camerounais avant de mourir, etc.

La chaîne de télévision 3a Tele Sud a diffusé ce 30 Mai 2007, dans son émission Entre Nous, l’interview que la première première dame du Cameroun indépendant, Germaine Ahidjo, a accordé il y a quelques semaines à Michel Biongolo.

En attendant de recevoir le transcript de l’interview, nous soulignons ci-dessus les propos que nous avons pu capter de la partie de cet entretien que nous avons pu suivre.

Germaine Ahidjo explique que son mari était tombé malade, souffrant de ce qui se présentait comme le surmenage intellectuel. Il avait de violents maux de tête, qui aboutissaient à des pertes de mémoire. La raison en était qu’il travaillait beaucoup, tenant notamment à lire entièrement chacun des centaines de dossiers qui lui étaient soumis. Depuis l’âge de 23 ans quand elle l’avait connu, toute la vie de Ahidjo était consacrée au Cameroun et au peuple camerounais, dit-t-elle.

Le médecin avait alors recommandé à Ahidjo de prendre un congé d’un mois. Mais après avoir réfléchi longuement, le président camerounais avait plutôt décidé de quitter le pouvoir. Il trouvait que cela était la meilleure solution, car il allait laisser à quelqu’un d’autre les mains libres pour gouverner ; ceci par rapport à la vacance du pouvoir qui aurait ouvert la voie à l’organisation des élections par un intérimaire dans les quarante jours, avec tout ce que cela aurait enclenché comme luttes pour la succession.

Pour éviter un tel péril, Ahidjo décida alors de changer la constitution, en instituant que le premier ministre était le successeur constitutionnel. Pour le poste de premier ministre, il avait trois candidats qu’il avait retenus : Samuel Eboua, Paul Biya et Victor Ayissi Mvodo.

Germaine dit que son feu mari élimina Samuel Eboua pour le poste de premier ministre parce qu’il était sectaire – entendez tribaliste - malgré le fait qu’il était un grand travailleur. Quant à Ayissi Mvodo, Ahidjo l’aimait beaucoup, car il était correct, un grand travailleur ; mais Ahidjo savait que le village d’Ayissi Mvodo l’avait rejeté une fois, et qu’il était également tribaliste.

Restait alors Paul Biya, qui avait le défaut d’être quelqu’un qui ne disait jamais rien, ne se prononçait pas sur les dossiers. Mais il aimait trois facteurs en Paul Biya : à savoir qu’il était jeune, était bilingue et était politiquement vierge. Ahidjo pensait donc que Biya allait devenir travailleur quand il ne serait plus là, parce que son successeur aurait les mains libres. De plus, se disait-il, le Cameroun est sur les rails et solide économiquement, ce qui aurait rendu la tâche facile à tout successeur.

Son désir de retourner au Cameroun

L’ancienne première dame dit qu’on avait retiré son passeport et ceux de ses enfants. Une fois, sa mère était gravement malade à Mokolo et elle voulait aller à son chevet. Elle avait alors contacté l’Ambassadeur de Côte d’Ivoire au Sénégal, conformément aux instructions de feu Houphouet Bouagni qui lui avait demandé d’agir ainsi pour entrer en contact avec les autorités camerounaises. L’Ambassadeur du Cameroun avait alors répondu à son collègue qu’il n’y avait pas de problème pour cela.

Plusieurs semaines après sans le laissez-passer, l’Ambassadeur de Côte d’Ivoire était reparti en charge, pour se voir répondre cette fois là que son homologue camerounais attendait les instructions de Yaoundé. Mais il avait quand même délivré un laissez-passer à la fille de Germaine, qui était passée par le Nigeria pour assister sa grand-mère mourante. Germaine dit donc que ce sont les autorités de Yaoundé qui s’opposent à ce qu’elle rentre au Cameroun.

Germaine Ahidjo demande que le premier président du Cameroun soit réhabilité, et non pas seulement amnistié comme cela fut décidé par Paul Biya.

La situation économique actuelle du Cameroun

Germaine Ahidjo dit que des amis français, qui ont connu son pays sous le règne de son mari, lui ont dit que le Cameroun ne vaut plus rien actuellement, avec la famine au Nord et la pauvreté généralisée, entre autres. Elle dit que Ahmadou Ahidjo deviendrait fou de voir l’état actuel du Cameroun.

Elle se souvient qu’elle avait une fois demandé à Ahidjo pourquoi il ne fait pas explorer le pétrole, comme beaucoup d’autres pays. Son mari lui avait alors répondu qu’il ne voulait pas exploiter le pétrole parce que la véritable richesse est la terre qui donne l’autosuffisance alimentaire. Car il y a beaucoup de terres à exploiter au Cameroun. Elle dit que son mari était toute sa vie durant tellement amoureux du Cameroun que lorsqu’il lui faisait la cour, Ahidjo lui avait dit de l’épouser pour le Cameroun qui a besoin d’une femme comme elle pour assister ceux qui se battent pour le bâtir, ceci alors qu’il n’était qu’un jeune fonctionnaire des postes sans espoir de devenir président.

Ahmadou Ahidjo et les Camerounais

Germaine dit qu’elle lui avait fait remarquer que voilà qu’il était entrain de mourir tout seul, alors que le peuple qu’il aimait tant l’avait rejeté. Ahidjo lui avait répondu qu’il n’en voulait pas au peuple camerounais, car le peuple croit ce qu’on lui dit. Elle dit qu’elle non plus n’en veut aux Camerounais, dont elle se considère la mère. Mais elle insiste trois fois de suite qu’elle en veut personnellement à certains individus, mais elle ne peut pas en parler parce que c’est une question privée.

Ses souhaits pour le Cameroun

Germaine Ahidjo dit qu’il faut que le Cameroun marche. Elle dit qu’elle aimerait être enterrée dans son pays après sa mort. Lorsque le journaliste lui dit « Merci madame la présidente », elle répond en disant qu’elle n’aimerait pas qu’on l’appelle madame la présidente mais simplement madame Ahidjo.



Source: Africanindependent


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