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Alcoolisme : Une maladie incurable ?
(02/05/2007)
En l'absence d'une prise en charge effective au Cameroun, les alcooliques sombrent en plein désarroi.
Par Dorine Ekwè

Dans cette " Bible ", ce sont de nombreux témoignages, aussi poignants les uns que les autres, qui se succèdent au fil des pages. Les alcooliques y disent leur souffrance de ne pouvoir avoir le dessus sur cette maladie. M.S., dans son témoignage, souligne qu'il a "atteint le seuil de non retour. [Il lui] arrivait de ne pas pouvoir résister à l'envie de vider les restes de bouteilles de bière laissés par un client dans un bar, ou même lorsqu'[il] recevait des personnes." Face à ce désarroi, les alcooliques se plaignent de l'absence de structures susceptibles de les prendre en charge.

A travers le pays en effet, il n'existe pas de formations qui œuvrent dans le cadre de lutte contre l'alcoolisme. "Ma fille qui est actuellement en classe de 1ère est alcoolique depuis deux ans. Malheureusement, aucune structure n'existe ici pour la suivre. Je n'ai eu recours qu'à un psychologue pour sa prise en charge mais ce n'est pas facile", confie Julie Olinga qui semble ne plus savoir à quel saint se vouer. " Je ne bois pas, son père non plus. Nous ne savons pas comment elle en est arrivée là.", lance-t-elle dans un murmure.

Face à cette affection, "chacun essaie de s'en sortir comme il le peut ", explique M. Awana, responsable de la communication au Comité national de lutte contre la Drogue. Il poursuit d'ailleurs : "Le ministère n'ayant pas les moyens de lutter contre la maladie alcoolique, nous avons pour mission, lors de la célébration de la journée mondiale de lutte contre la drogue, d'insérer des programmes de sensibilisation aux méfaits de la drogue. Concrètement malheureusement, nous n'y pouvons rien. Nous avons tout juste une cellule d'écoute et un psychologue qui s'occupe des patients atteints de cette maladie."

Prise en charge

Pour ce qui est des centres de désintoxication et autres structures spécialisées : "C'est totalement inexistant chez nous. Nous avons encore beaucoup de temps devant nous avant de les voir être crées.", affirme M. Awana. Au ministère de la Santé publique, c'est davantage sur les types d'alcool consommés au Cameroun que l'on s'attarde.

Ainsi, l'une des boissons les plus consommées (surtout dans l'arrière pays) est l'Odontol (alcool traditionnel fabriqué au Cameroun à partir de vin de palme ou de maïs en grain). Viennent ensuite les bières à 5.2 % et les whiskies.

D'après les responsables du Comité de lutte contre la drogue, " si la volonté est mise à l'épreuve, c'est qu'il y a alcoolisme. On peut avoir soif, faim ou envie d'un homme et pouvoir repousser le moment d'exécution de ce désir. Mais, lorsque l'on est alcoolique, ce besoin doit être assouvi dans les délais les plus brefs. " Passé ce cap, on sombre très vite dans l'alcoolo-dépendance qui, comme la maladie alcoolique, n'est pas curable.

Ceci se manifeste par une envie irrépressible de consommer de l'alcool. " On peut éviter que le patient n'atteigne un certain seuil. Malheureusement, aucun traitement ne permet de retrouver le plaisir de boire ou de partager de nouveau un verre avec un ami. Il n'est pas d'alternative à la totale et définitive abstinence.", explique monsieur Awana.

Au Cameroun, toutes les couches de la société sont concernées par cette maladie pour laquelle on n'a malheureusement pas encore établi des statistiques. De même, d'après les rapports du Comité national de lutte contre les drogues, les jeunes sont de plus en plus concernés par ce phénomène. "Au début, ils le font pour s'amuser entre amis. Aussi, c'est une déception amoureuse qui pousse à noyer ses soucis dans l'alcool.", confie-t-on. A côté, les motifs psychologiques, les soucis ou la fête, la solitude ou la mésentente, le chômage ou le travail ne sont jamais des motifs réels, mais plus souvent la conséquence des abus.

Le phénomène semble d'autant plus inquiétant que, dans la plupart des cas, la prise d'alcool s'associe à la prise de la cigarette ou d'autres "drogues" aux effets plus forts comme le cannabis.

Traitement

Toutefois, face à cette affection où le médecin ne dispose ni d'un médicament, ni d'un savoir salvateur, il ne faut pas désespérer. Bien des personnes s'en sortent, ayant bien compris le mécanisme d'un enchaînement redoutable. Dans la plupart des cas, pour faire face à cette affection, c'est davantage sur le suivi psychologique que se base le Comité national de lutte contre la drogue. Un problème se présente cependant : "Dans notre pays, dans la plupart des cas, c'est la famille qui vient se plaindre. La personne concernée elle-même préfère se terrer jusqu'au jour où surviennent les complications."

Par ailleurs, on a du mal à comprendre pourquoi la plupart des gens, qui apprécient ces boissons, n'en deviennent jamais dépendants, alors que chez certains, la juste régulation de la consommation est irréalisable.

L'ivresse alcoolique est caractérisée typiquement par la succession de 3 phases : une phase d'excitation, suivie par un état d'ébriété, auquel succède un état de dépression pouvant évoluer vers un coma. Certains états d'ivresse alcoolique s'accompagnent d'hallucinations, de convulsions ou de délires et peuvent être à l'origine de réactions violentes de la part du sujet. Les thèmes de jalousie ou de persécution sont fréquents dans les formes délirantes. Dans d'autres cas, les ivresses peuvent conduire au risque de suicide. Certains sujets ivres peuvent présenter des troubles de mémoire transitoires dont ils prennent conscience : ces épisodes sont appelés "trous noirs" ou "black out".



Source: Quotidien Mutations


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