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Pas de soins sans argent à Douala
(23/02/2007)
Pour de nombreux habitants de la capitale économique, tout laisse à penser que se soigner dans leur ville, ne soit pas une mince affaire.
Par Stéphane TCHAKAM

De nombreuses conversations surprises dans les taxis, dans les tournedos ou ailleurs dans les quartiers laissent à penser que pour un bon nombre d’habitants de Douala, se soigner dans leur ville n’est pas une mince affaire. " Si tu n’as pas d’argent, tu meurs ", entend-on régulièrement dire. Des histoires et anecdotes récurrentes circulent qui relatent les difficultés de patients aux prises avec le personnel des établissements de santé, souvent publics. Mais pas toujours. La question de la cherté des soins ou des médicaments revient tout le temps. On ne peut pas la nier. Elle cache d’autres préoccupations liées à la santé dans une ville de près de trois millions d’habitants où le paludisme, le choléra et les maladies hydriques, les Mst et le sida, et… le stress constituent de vives préoccupations.

Ville par excellence de la débrouille, on se débrouille donc aussi pour se soigner. Tout dépend de la bourse de chacun et l’impression se dégage que la santé à Douala est une réalité à plusieurs vitesses. La carte de la santé ici est très fournie qui montre bien que toutes les zones et quartiers sont desservis. Avec de nombreux établissements publics, hôpitaux de référence et de district, auxquels on pourrait ajouter les établissements confessionnels à la réputation établie. Largement plus nombreux, les établissements privés se déclinent tout de même en cliniques de très haut standing, avec de grands spécialistes et du matériel à la pointe de la technologie médicale. Fréquentés par les grands patrons et les personnels des grosses entreprises de la place, des privilégiés qui profitent de l’assurance maladie. C’est la boîte qui paye, comme qui dirait. Il y a ensuite des cliniques de moindre standing, aux pratiques très commerciales, très marketing qui ne se gênent pas pour faire de la publicité dans les radios locales. La santé est vraiment un bien ou un service comme les autres. Il y a enfin et surtout une kyrielle de centres de santé, de Gic Santé présents dans le fin fond des quartiers, sur lesquels, sans préjugés certes, il y aurait beaucoup à redire. L’offre quantitative est donc proportionnelle à la demande. Mais que dire de la qualité ? Petit argent, petits soins ?

Les cliniques privées, onéreuses pour le plus grand nombre et à la portée des seuls privilégiés, ne doivent pas faire illusion. C’est bien le plus grand nombre qui préoccupe qui n’a pas forcément accès à ce qu’il est en droit d’attendre. Les hôpitaux publics, dont l’emblématique Laquintinie au premier chef, proposent les tarifs les moins chers et ne désemplissent pas. L’affluence serait-elle en réalité responsable des dysfonctionnement et dérives si souvent signalées de ce côté-là ? Toujours est-il que, parce que la maladie n’attend pas, une large frange des patients préfère se rabattre vers les officines privées. Même plus coûteuses, elles auraient l’avantage de la diligence et surtout de la proximité. Il est en effet difficile pour un habitant de PK 14 de se rendre à Laquintinie alors même que près de chez lui, il existe un hôpital de district ou une centre de santé. Les frais de transport rogneraient déjà sur son budget ténu. Une question d’argent donc.

Et c’est encore pour les mêmes raisons qu’il aura tendance à se rendre à la pharmacie de la rue du coin. Il faut bien le dire, les médicaments de la rue ne se sont jamais aussi bien portés à Douala. Les enseignes sont ouvertes jusque tard dans la nuit dans la plupart des quartiers. Pourquoi ? Parce que c’est là que vont les plus démunis. Ils en connaissent bien les dangers et pourtant le " Gazon maudit " n’en finit pas de les attirer. Ils n’ont pas beaucoup le choix. Capitale économique et laboratoire à ciel ouvert du libéralisme à la camerounaise, Douala semble avoir pris le parti du tout argent. La santé n’y échappe pas. Du coup, se soigner devient également une question de pouvoir d’achat. C’est grave docteur ?


Source : Cameroon Tribune








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