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Le Ministre de la santé: "Je reconnais que nous devons faire plus"
(28/08/2006)
Le ministre de la Santé publique, Urbain Olanguena Awono tire les leçons de la lutte contre le sida au Cameroun. Interview menée par Cameroun Tribune, et reprise par Bonaberi.com
Par Y.A,
Le ministre Olanguena Awono
Le ministre Olanguena Awono
Quelles leçons tirez-vous de la conférence internationale de Toronto sur le sida ?

Cette quatrième conférence internationale arrive à un moment où la lutte contre le sida prend un tournant. La communauté internationale est désormais déterminée à voir les résultats. Nous sommes dans une situation tout de même paradoxale, où les investissements augmentent, mais le nombre de nouvelles infections ne baisse pas beaucoup. C'est toujours cinq millions de nouveaux cas par an.

C'est contre cette évolution qu'il faut agir de manière forte. Le thème de cette conférence était donc fondé sur une idée claire, nette et forte : faire des résultats. On entend par là, que la communauté internationale, notamment les pays riches respectent tous leurs engagements. Il est donc venu le moment de faire la différence en matière de financement, de renforcement des systèmes de lutte des pays pauvres, de recherche, d'accès aux médicaments. C'était cela l'enjeu.

Au Cameroun, ces problèmes sont loin d'être totalement résolus. Le plan stratégique national en cours va-t-il être modifié dans le sens de cette nouvelle approche ?

En terme de nouvelle logique, celle qui est aujourd'hui en perspective et qui a été longuement présentée et débattue à Toronto, c'est la logique de l'accès universel à la prévention et au traitement de toutes les populations exposées aux risques d'infection à VIH dans le monde. Pour le Cameroun, il y a certainement une nouvelle manière de faire. D'une conférence comme celle-là qui a abordé tous les thèmes, on apprend beaucoup.

Des scientifiques sont venus par exemple rendre compte des progrès de la recherche sur les microbicides, qui est très avancée. Mais aussi de la recherche d'un vaccin qui est toujours d'actualité. Les leçons que nous en tirons vont nous permettre d'améliorer notre plan stratégique concernant notamment toutes les activités orientées vers l'accès universel. Je dois reconnaître que cette option était déjà celle du Cameroun. C'est d'ailleurs elle qui est le moteur du plan d'action 2006-2010 qui vient d'être adopté et c'est l'orientation donnée par le chef de l'Etat au gouvernement pour que tous les Camerounais puissent se protéger et aient accès aux traitements.

Sur la base des contacts que vous avez eus, y a-t-il des perspectives de nouveaux financements pour justement atteindre cet objectif ?

La conférence internationale est une occasion formidable de contacts, mais pas forcément le lieu où l'on va négocier des financements. Cela dit, les contacts qu'on y prend sont très utiles. Nous avons donc eu des contacts bilatéraux qui nous ont permis de commencer ou renforcer nos requêtes de financements auprès des responsables du Fonds mondial notamment, du ministre français de la Santé, du gouvernement espagnol, de Bill Gates et de son épouse



A propos du passage à l'action préconisé par la conférence mondiale, de quels moyens dispose le Cameroun pour garantir cet accès universel ? Prenons le cas du dépistage

Nous travaillons beaucoup pour faire de l'accès universel une réalité beaucoup plus visible. Il y a déjà une part l'accès universel avec des traitements gratuits contre la tuberculose, première co-infection. En plus, les enfants de moins de 15 ans sont soignés gratuitement au Cameroun ; toutes infections opportunistes sont prises en charge gratuitement. Enfin, nous donnons des traitements gratuits pour la prévention de la transmission mère-enfant. Mais je reconnais que nous devons faire plus. Et nous allons faire plus.

Dans les mois à venir vous verrez des changements notables. Chacun doit connaître son statut sérologique dans le cadre d'une épidémie importante, comme c'est le cas au Cameroun. Les bénéfices que nous tirons des appels d'offres internationaux dans l'acquisition des médicaments et des tests vont nous permettre de baisser considérablement les coûts et de faire la gratuité là où c'est possible.

Quel bilan camerounais feriez-vous de ces 25 ans de lutte ?

Je dirais que le Cameroun a fait des progrès notables, qui sont du reste reconnus par la Communauté internationale aujourd'hui. Et il entend faire mieux, ce qui est l'objectif du chef de l'Etat qui a fait de la lutte contre le sida un défi national. Et le gouvernement s'attèle à faire en sorte que le Cameroun soit un exemple. Déjà, ce que nous faisons dans le domaine de la recherche est très apprécié par la communauté scientifique.

59% des malades au Cameroun n'ont pas accès aux antirétroviraux. Qu'est-ce qui pose problème ?

Nous disons qu'il faut changer d'échelle en ce qui concerne la prise en charge. Cela se passera par deux voies. D'abord celle de l'organisation du circuit de la prise en charge et du renforcement des capacités de ces circuits, avec plus de personnel. Il faudra transmettre les compétences, même aux infirmiers parce que nous aurons besoin d'infirmiers capables de bien orienter les patients. Nous devons également poursuivre dans la voie de la décentralisation des services. Nous avons déjà commencé avec les unités de prise en charge (UPEC).

Et au bout de cette année, nous comptons avoir 60 à 80 nouvelles UPEC dans les hôpitaux de districts qui sont en mesure de délivrer les services de qualité. L'autre voie est celle de la mobilisation des ressources. Lorsque nous faisons les traitements à 3000 F, il y a de lourdes subventions de l'Etat et du Fonds mondial derrière. Nous sommes actuellement en train de faire des calculs économiques et des montages financiers. Ils vont nous permet tre de bien intégrer dans notre système, les gains que nous tirons de la baisse des coûts des médicaments sur le marché international. Tous ces gains seront ensuite répercutés aux malades.

Source: Cameroun Tribune







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