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Brigitte Kenfack : une femme plurielle
(04/08/2006)
C’est grâce à la vente du maïs frais, des plantains et du poisson braisés que cette femme de ménage réussit à joindre les deux bouts depuis une dizaine d’années.
Par Blandine Sylvie MBOUKENG

“Tu as déjà construit combien d’étages avec tout l’argent que tu ramasses ici depuis des années ?”, persifle Robert, un des fidèles clients de Brigitte Kenfack. “ As, c’est comment, sers-moi, je suis pressée ”, supplie Marguerite. Au lieu dit Rond-point Express à Yaoundé cet après-midi, de nombreuses personnes attendent devant Brigitte. Elle s’active vivement derrière son barbecue, un pagne posé sur ses genoux comme pour les protéger du feu sur lequel est disposée une dizaine d’épis de maïs. Au fur et à mesure qu’elle en vend, elle remet d’autres sur le feu.

Depuis 10 ans, elle est reconnue comme “ vendeuse de maïs frais ”. Sa clientèle est variée. Il y a les passants, le voisinage, sans compter ceux qui viennent des quartiers lointains pour acheter son maïs frais. Emile ne s’en cache. “ Elle a du maïs toujours frais et bien sucré. J’en mange chaque fois que je passe par ici et j’en garde aussi pour ma famille ”.

Une multitude d’activités

La vie de cette femme frêle d’apparence se résume uniquement au travail car son emploi de temps se trouve bien chargé. Dès 5 h 30, Brigitte Kenfack parcourt les marécages à la recherche du maïs frais. Elle en achète par tas et les empile dans des sacs. La vente se fait entre 14 h 30 et 18 h. Un sac coûte entre 4.000 et 8.000 francs selon qu’on soit en période d’abondance ou de rareté. Un épi rôti est vendu entre 50 et 150 francs selon sa grosseur et la saison. Ainsi Brigitte peut réaliser plus de 13000 francs de recette par jour. “Quand le maïs est frais et sucré, les clients achètent beaucoup. C’est grâce à ce commerce que j’ai construit ma petite maison ”, affirme-t-elle, modeste. En période de pénurie de maïs, elle se rabat sur le plantain et les safous afin de consolider sa place, dit-elle.

Après l’achat du maïs destiné à la grillade, aux environs de 7 h 30 elle vaque à son travail de femme de ménage. Elle est au service de la famille Eloundou depuis six ans. Ici, elle apprête les enfants pour l’école en période de classe. Puis, elle va se ravitailler en poissons au marché du Mfoundi pour son autre occupation qui commence au coucher du soleil. A son retour, elle s’occupe des travaux domestiques dont la vaisselle, la lessive, les repas ; jusqu’à 14 heures. “ Elle travaille bien et me remplace valablement. Elle prépare nos mets plus que moi. Avec elle, il n’y a pas de problèmes et je suis fière d’elle ”, témoigne Madeleine, sa patronne.

Le stock de maïs est épuisé aux environs de 18 h, Brigitte n’abandonne pas pour autant. Elle se dirige vers Mendong où elle braise le poisson jusqu’à minuit. “ Le poisson ne passe pas comme le maïs. Hier, on achetait le kilo de maquereau à 650 Fcfa et on s’en sortait. Actuellement le kilo coûte 1000 Fcfa. Par soirée, je peux avoir 2000 Fcfa de bénéfice seulement ”. De longues expositions à la chaleur vive du feu, les risques d’accidents dans les marécages et d’agressions nocturnes ne la découragent pas. Après le décès de son mari en 1992. Brigitte est ménagère et ne compte sur personne. Elle choisit donc de multiplier ses activités, maximisant ainsi ses chances. “La souffrance m’a poussée à me débrouiller. L’aide de Dieu me permet de m’en sortir ”, explique cette mère de trois enfants.



Source : Le Messager




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