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Sur le trottoir : Takala et Muyenga
(26/07/2006)
Muyenga : Bonjour, vieux cacique ! tu ne m’auras pas attendu beaucoup aujourd’hui, n’est-ce pas ? Takala : Non, ça va. Mais je sais que tu n’es pas à l’heure pour rien. J’attends la charge.
Par Le Messager

Muyenga : Bonjour, vieux cacique ! tu ne m’auras pas attendu beaucoup aujourd’hui, n’est-ce pas ?
Takala : Non, ça va. Mais je sais que tu n’es pas à l’heure pour rien. J’attends la charge.

Muyenga : Ainsi, M. Biya a été reconduit à la tête de votre parti ?
Takala : Oui, oui ! Et nous en sommes fiers, parce que nous ne voulons pas avoir le genre de choses qui se passe dans les partis d’opposition, jusqu’à ce que, bientôt, on risque d’avoir autant de Sdf que d’Upc…

Muyenga : Alors, que reprochais-tu l’autre jour au journaliste qui avait écrit que Biya va renouveler son mandat parce que en politique, on ne change pas d’équipe quand on gagne.
Takala : En fait, j’étais seulement un peu jaloux parce qu’il avait percé notre secret. Et il souhaitait au fond de lui-même être démenti par le président, afin que le désordre s’installe dans notre parti.

Muyenga : Ce n’est pas M. Biya qui pouvait le démentir. La preuve, c’est qu’il a reconnu dans son discours que le Rdpc n’était jusque-là qu’un appareil au chapitre duquel les militants n’avaient pas de droits, et qu’ils n’étaient mobilisés qu’à l’occasion des élections. D’ailleurs il a bien montré son degré de cynisme en donnant la parole à un secrétaire général grabataire, pour présenter l’ordre du jour du congrès…
Takala : Parce que Charles Doumba, en écartant son adjoint afin de préparer le congrès avec les ennemis de ce dernier voulait montrer qu’il n’est pas encore mort… Mais laissons ces choses-là de côté s’il te plaît.

Muyenga : Ok ! Maintenant, dis-moi. Pourquoi tout ce qui peut être bien, ou en faveur des citoyens ne se conjugue plus qu’au passé ?
Takala : Qu’est-ce que tu entends par “ au passé ” ?

Muyenga : Tu ne peux pas t’asseoir sur une terrasse pour boire une bière sans entendre des gens s’extasier sur… les salaires qui “ au temps d’Ahidjo ” augmentaient tous les ans, les emplois qui se créaient avec les sociétés d’Etat ; sans entendre gémir : “ wééé, Ahidjo savait prendre les décisions d’Etat… ”. “ sous Ahidjo, on sentait l’autorité d’un chef ” “ …vraiment, sous Ahidjo, les ministres et les préfets ne faisaient pas n’importe quoi ”, ou encore “ avec Ahidjo il y avait la loi du mérite, et celle de la sanction ”.
Takala : Tous ceux qui racontent ces inepties sont jaloux. Ils veulent insinuer que les choses ne sont pas meilleures aujourd’hui parce que c’est M. Biya et le Rdpc qui gouvernent, et qu’ils n’arrivent pas à les chasser. Ce sont ces noires pensées qui ont amené le putsch du 6 avril 1984 pour retarder le progrès de ce pays…

Muyenga : D’après toi, ces “ jaloux ”, comme tu dis, veulent insinuer que les choses ne sont pas meilleures qu’avant. Pour moi, ils veulent au contraire dire que les choses sont pires. Même par rapport aux premiers jours du Renouveau.
Takala : Tu peux m’expliquer ce que viennent faire les premiers jours du Renouveau ?

Muyenga : Parfaitement. Voici deux exemples montrant que vous êtes en train de transformer tous les Camerounais en nostalgiques. Un : il y a dix mois que M. Biya prépare un nouveau gouvernement et rien ne sort. Pendant ce temps, les ministres upéciste de la programmation et Rdépéciste de l’agriculture se massacrent sur le ring de la presse, tandis que ceux de la Fonction publique et des Finances s’étripent cordialement… sans parler de ceux dont les affrontements secrets paralysent l’action gouvernementale. Une telle situation était inimaginable sous Ahidjo qui ne transigeait pas sur la cohésion du gouvernement et la cohérence de l’action de l’Etat.
Takala : Tu me disais pourtant il y a peu, que l’expression des divergences est un attribut de la démocratie.

Muyenga : Je ne dis pas le contraire aujourd’hui. Mais les divergences de vue dans un gouvernement ont un seul endroit normal pour s’exprimer, parce que c’est le lieu de concertation de l’équipe gouvernementale. C’est le conseil des ministres…
Takala : Ça, je sais, et je te vois venir. Mais je préfère d’abord entendre le second exemple.

Muyenga : Comme tu veux ! Le second exemple, c’est celui de l’après-Ahidjo. Et je l’ai trouvé dans “ Cameroon-Tribune ” qui n’est pas une feuille de choux de l’opposition, sous la forme d’une interview du Pr. Ebénézer Njoh Mouellé qui, comme tu le sais, fut secrétaire général du comité central du Rdpc avant Charles Doumba.
Takala : Ah bon ! Et que dit ce monsieur que je connais comme philosophe, grâce à mes enfants qui sont en terminale.

Muyenga : Ah voilà ! Ça veut dire que tes enfants ont lu son ouvrage intitulé “ De l’excellence à la médiocrité ”. Et justement, dans l’interview dont je parle, Njoh Mouellè montre qu’en matière de démocratie électorale, le Rdpc qu’il aime bien, est passé de l’excellence organisationnelle en 1992, à la médiocrité aujourd’hui. Et il a raison
Takala : Et pourquoi lui donnes-tu raison a priori ?

Muyenga : Parce que, comme lui, j’ai vécu les faits aux législatives anticipées de mars 1992. Des faits qui apparaissent à la lumière de l’évolution, comme ayant été accidentels.
Takala : L’ancien secrétaire de notre comité central dit que “ les législatives de mars 92 se sont préparées avec le souci de présenter des candidatures Rdpc aux arguments politiques solides (…) la fièvre de la démocratie ayant atteint son apogée en 1991 avec la création d’autres partis politiques… ”. Et il ajoute ceci, si tu veux en savoir plus : “ il ne fallait donc pas que perdurent les habitudes du monopartisme. C’est pour cela que le président national a décidé de faire organiser de véritables élections primaires qui permettent à la base de désigner des candidats considérés comme les mieux à même de faire face à la concurrence et de gagner les élections. ”

Muyenga : J’ai peut-être un problème de confort intellectuel, mais je ne comprends pas très bien quel est ton problème par rapport à ce que dit notre philosophe ?
Takala : La différence avec ce qui se passe aujourd’hui, et depuis 1997, c’est que ce risque calculé de transparence qui servait aussi d’auto-évaluation du “ Renouveau ” avait permis au Rdpc, en lui donnant seulement 88 députés sur 180 de comprendre qu’il était minoritaire dans le pays. Et c’était la vie ouverte à une alternance démocratique du pouvoir. Mais l’expérience a tourné court, et l’espérance démocratique se conjugue désormais au passé tant que vous êtes aux affaires.

Muyenga : Ecoute, on se revoit. Bonne journée !


Source : Le Messager




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