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Justice populaire : l’escalade dangereuse
(28/04/2006)
La sentence populaire à l’encontre des brigands est de plus en plus dure, au mépris de la loi.
Par Serges Olivier Okole

Ce nouvel épisode remet au goût du jour la vindicte et la violence de la sentence populaire, parfois à la limite de la cruauté.

Au quartier Biyem-assi, par exemple, les techniques sont " scientifiques ". Injecter du lait ou un mélange de ciment et d’eau par intraveineuse, ou encore masser le présumé voleur avec un fer à repasser chaud ne sont qu’un mince aperçu de nouvelles méthodes de la vindicte populaire dans cette zone de la capitale. Ici comme ailleurs, le mot d’ordre est le même : " A chacun son bandit ".

Tout récemment, au quartier Damase à Yaoundé, une jeune femme, s’expliquant sur les raisons qui avaient poussé les populations à brûler vifs trois bandits, avait déclaré qu’il ne servait à rien de confier des malfaiteurs aux forces de l’ordre, pour que quelques jours plus tard on les retrouve en liberté, prêts à recommencer leur forfait. C’est, de l’avis de Lebref Olinga, magistrat, l’explication sociologique communément avancée pour expliquer cette escalade.

Pourtant, l’échec avéré ou non des mécanismes de sécurité n’annihile pas la force du droit. Selon l’homme de loi, le fait que la victime de la vindicte populaire soit un bandit n’exempte pas les auteurs de coups et blessures, des peines prescrites par le code pénal. Dans les cas où la mort s’en suit, ils sont coupables de meurtre. Les sanctions peuvent alors aller jusqu’à la prison à vie. Seulement, il existe dans ces cas un problème d’identification des coupables.

C’est aussi, de l’avis d’un officier de police de la place, cet obstacle qui encourage certains adeptes de la pratique. Répondant à l’accusation selon laquelle les forces de maintien de l’ordre n’assurent plus, le gradé relève qu’un présumé voleur n’est tenu pour coupable que s’il y a des preuves irréfutables contre lui. Pour appuyer ses déclarations, il énumère certains cas d’erreurs survenues dans les quartiers de Yaoundé.

Le plus récent remonte au début du mois d’avril en cours. Un jeune homme résidant au quartier Awae avait été tabassé non loin d’Ekounou. Ce n’est qu’après plusieurs témoignages que la cohorte avait mis fin à son supplice, se rendant compte qu’il était effectivement innocent. Le jeune homme s’en était sorti avec plusieurs blessures graves.

Au commissariat où il était allé porter plainte sur les conseils de certains voisins, il s’était justement posé le problème de l’identification de ses bourreaux. La scène s’était déroulée dans la nuit… D’autres n’ont pas toujours la chance de s’en sortir. La jalousie d’un amoureux évincé, ou le désarroi d’une compagne en colère qui crie au voleur se sont souvent terminés par un lynchage gratuit.


Source: Cameroon Tribune


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