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Hommage : Tala en dix huit albums
(05/01/2006)
Retour sur la riche carrière de Tala André Marie, ce monument de la musique Camerounaise qui vient de célébrer ses 35 ans de musique.
Par Jules Romuald Nkonlak

L'hôtel Mansel à Yaoundé connaît ce vendredi 2 décembre 2005 une certaine animation. Dans la cour, il y a un certain nombre de voitures. Et lorsque l'on franchit le hall de l'hôtel, on aperçoit des noms bien connus de la musique camerounaise. Yondo Sister vient de passer. Brice Wassy fait des allées et venues en lançant quelques piques de temps à autre. Sur un fauteuil, André-Marie Tala est en grande conversation avec Ekambi Brillant.

Ce matin, le chanteur camerounais lance les manifestations dans le cadre de la célébration de ses 35 ans de carrière professionnelle. Dans la salle, quelqu'un lance, d'une voix grave : "voilà un exemple de solidarité". Il regarde, droit devant lui, les deux artistes qui se concertent et qui se connaissent depuis près de 30 ans. André-Marie Tala a décidé de faire une série de spectacles pour marquer un arrêt, à un moment important d'une carrière qui l'a conduit dans le monde entier.

" J'ai voulu faire le point de mes 35 ans de carrière, pour permettre aux gens de comprendre que j'ai fait un certain chemin. J'estime qu'il est de mon devoir de montrer ce que j'ai fait ", déclare-t-il. Mais, tout semble aller contre la volonté de celui-là même qui affirme qu'il est têtu. Il avoue que s'il écoutait les conseils de ses proches, il n'irait pas au bout de cette manifestation pour laquelle il a été abandonné à lui-même.

Plusieurs promesses qui lui avaient été faites n'ont pas été tenues. "Maintenant que tout le monde est sur portable, vous pouvez appeler quelqu'un qui est à côté et il vous dit qu'il est à Sangmelima", lance l'artiste, déçu, mais déterminé à arriver au bout de ce qu'il a prévu. "J'ai appris très tôt à prendre chaque défi comme un stimulant", poursuit-il. Une explication sans doute du fait que ce matin-là, la conférence de presse s'est quand même tenue, même si le lieu a été changé.

La célébration des 35 ans de carrière d'André-Marie Tala aura lieu, mais on n'écoutera pas son dix-neuvième album. Il avouera en effet qu'il n'a pas voulu présenter au public un produit d'une qualité qui ne le satisfaisait pas encore. 35 ans de carrière donc, et dix-huit albums. Une histoire qui a commencé dans l'enfance, lorsque le jeune André-Marie Tala s'intéresse tout petit à la musique. Ses idoles sont alors Johnny Halliday, Wilson Picket, Otis Redding, James Brown et Manu Dibango.

Bien qu'ayant perdu la vue à l'âge de quatorze ans, il n'arrêtera pas de travailler, au point de devenir un guitariste de qualité. Il enregistre son premier 45 tours en 1968. Il a alors 18 ans. Le titre phare de ce disque est "Honore ton père et ta mère". Il y a d'autres chansons telles que "Les peines du travail", "Racing Club" et "Mag'wo Po nam". En 1972, il signe chez Philips Polygram.

Source des montagnes

En ce moment-là, il a un groupe qui s'appelle "Les Tigres noirs". Parmi ses membres, un certain Sam Fan Thomas, qui aura lui aussi, plus tard une riche carrière. De lui, André-Marie Tala affirme dans l'entretien réalisé par Guillaume Nana dans le livre Le verbe et la guitare : "Je l'ai pris au départ comme chanteur. J'ai vu par la suite qu'il pouvait faire de la guitare... Aujourd'hui je suis fier de ce qu'il est devenu". Le groupe s'est finalement dissout en 1977, après avoir existé pendant dix ans.
Mais, pour André-Marie Tala, qui va s'installer cette année-là en France à la demande du chanteur Claude François, beaucoup de choses restent encore à venir. Après ses premiers albums, il composera également des musiques pour deux films du cinéaste camerounais Daniel Kamwa : "Pousse-pousse" en 1975 et cinq ans plus tard, "Notre fille". Toujours en 1975, il enregistre l'un des albums qui contribueront le plus à sa notoriété. Il s'intitule Hot koki. La chanson qui donne son nom à l'album connaîtra une drôle d'aventure, car elle sera plagiée par le chanteur américain James Brown. L'artiste camerounais aura gain de cause à la suite du procès qu'il intentera alors. Mais l'album Hot koki comprend aussi des titres qui, jusqu'aujourd'hui, ont gardé une certaine fraîcheur. C'est le cas de Sikati, Otiha ou encore Qui peut y croire.

Toujours en 1975, il sort Ndjamena qui comporte notamment la chanson à succès "Je vais à Yaoundé". Celle-ci, très populaire, a franchi les frontières du triangle national pour se retrouver même dans un livre de lecture pour les classes de 5e en France. Jusqu'à Koungne en 1998, son dernier album en date, la carrière d'André Marie Tala sera émaillée de titres inoubliablessur des registres variés. "Black Woman", "Tu m'as menti", "Binam, Mother Africa", "Lekop", "Hot koki", "Bend Skin", "Rouge à lèvres", etc. Mais son nom est surtout resté lié à deux rythmes, le Tchamassi d'une part et le Bend Skin d'autre part.
Les thèmes des chansons d'André Marie Tala sont certes variés, mais tous ancrés dans la vie de la société. Il vante le travail qui est la seule voie du succès, il parle d'amour et de Dieu, mais il raconte aussi de petites histoires cocasses (Rouge à lèvres et Drôle d’histoire). A travers des proverbes et autres enseignements tirés de la sagesse ancestrale, il s'efforce, à travers sa musique, de joindre l'utile à l'agréable, d'instruire en distrayant. On remarque surtout dans la musique de ce poète un retour régulier à ses origines, aussi bien restreintes (Bandjoun, Bafoussam) que plus larges (le Cameroun et l'Afrique).

Ces compositions recherchées, ce travail de passionné, lui vaudront un certain nombre de distinctions. La première, il l'obtient en 1978 grâce à son album Super Tchamassi. C'est le prix de la jeune chanson francophone. A partir de là, il sera invité à plusieurs manifestations culturelles à travers le monde. Sur le plan national, il a reçu un épi d'or lors du Fesival national des arts et de la culture (Fenac) en 1998 à Ebolowa. Deux ans plus tard, à Sun City en Afrique du Sud, il remporte le trophée du meilleur artiste de variétés de l'Afrique centrale à l'occasion de la cérémonie des Koras 2000. Il participera aussi, en 2002, au festival "Nuits d'Afrique" à Montréal au Canada.
On attend en 2006 le dix-neuvième album d'André-Marie Tala. Il s'appellera "Source des montagnes" et comprendra 11 titres inédits. Et si l'artiste a souhaité lui accorder le maximum de soin possible et ne pas le sortir dans la précipitation, on se doute qu'il sera à la hauteur des grands succès qui ont comblé ses nombreux fans. Et il ne compte pas s'arrêter en si bon chemin !


Source : Mutations






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