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MTN veut contrôler l’Internet au Cameroun
(29/10/2005)
La nouvelle se murmure depuis des semaines dans les milieux d’affaires et du secteur des télécommunications...
Par Léger Ntiga
Ntic : L'offre Internet perd ses... maux de passe


Mtn s’intéresse au secteur pendant que ses devanciers lui contestent la qualité. La nouvelle se murmure depuis des semaines dans les milieux d’affaires et du secteur des télécommunications: L’opérateur de téléphonie mobile, Mtn Cameroun, veut entrer dans le segment Internet à travers le rachat de Global net, une Pme locale. Une initiative qui a, du coup, provoqué la désapprobation des fournisseurs des services Internet réunis dans le cadre du Collectif des opérateurs nationaux exploitant dans le secteur des télécommunications (Conestel).

En effet, ce regroupement a saisi par courrier daté du 03 octobre 2005, le directeur général de l’Agence de régulation des télécommunications (Art), Jean Louis Beh Mengue avec ampliation au Premier ministre, Iphraim Inoni et au ministre d’Etat en charge des Postes et Télécommunications, Maigari Bello Bouba. Dans ladite correspondance, le Conestel s’insurge contre la tentative, en violation de la loi, par les opérateurs de téléphonie (Gsm) de se lancer dans la fourniture d’autres prestations de service à valeur ajoutée dans le domaine des télécommunications au Cameroun.

"Comme justificatifs, ces opérateurs s’appuient une fois de plus sur l’incapacité actuelle de Camtel (l’opérateur historique) et les autres entreprises nationales (Isp/Fai) à fournir ces services-là: la faute à l’absence (inexistence) des infrastructures nationales adaptées au niveau de Camtel. Conséquence: Les opérateurs Gsm cherchent à obtenir des dérogations au niveau de la régulation, toute chose qui va leur permettre de bâtir lesdites infrastructures pour commercialiser les services à valeur à joutée (Vpn, Internet, etc.)", peut-on lire sur la correspondance signée du président du Conestel, Clovis Tchakonté, patron de Iccnet. Pour fonder leur argument, les chefs des entreprises du secteur d’Internet et des autres services à valeur ajoutée s’appuient sur le contenu des concessions passées entre les pouvoirs publics et les opérateurs de téléphonie mobile. Notamment à l’article 2 en ses alinéas 1 et 3.

Il y est dit que "la concession n’autorise le concessionnaire qu’à fournir les services décrits à l’alinéa 2.1 et aucun autre service de télécommunication au Cameroun. Pour plus de précision et sans limiter la généralité de ce qui précède, la concession n’autorise pas le concessionnaire à fournir un service de téléphonie au moyen des cabines téléphoniques ou boutiques. La concession n’autorise pas non plus le concessionnaire à vendre toute capacité de transmission à un autre opérateur sans le consentement préalable écrit de l’Agence de régulation obtenu en conformité des lois et règlements en vigueur au Cameroun". En clair, pour le Conestel, Mtn et Orange ne doivent ni installer des boucles locales radio, ni soumissionner aux appels d’offres relatifs à la construction des réseaux informatiques et de leur interconnexion dans certains services comme c’est le cas avec les douanes avec le V-Sat.


Offres

A ces accusations, Orange Cameroun répond par un étonnement. "Nous n’avons jamais entrepris de démarche dans le domaine de l'Internet. Notre licence ne nous en donne pas le droit. Pour le moment, nous n’envisageons pas d’offrir des services dans ce segment. Certes, Francetélécom que je représente au Cameroun a un département Internet. S’il devait s’installer, se serait autre chose que Orange Cameroun", expose le directeur général de Orange Cameroun, Philippe Luxcey. De son côté, Mtn Cameroun avoue avoir entrepris des démarches dans le sens de fournir des services à valeur ajoutée dans le domaine des télécommunications. Son Corporate Communications Coordinator, Bouba Kaélé, estime que l’accès à Internet reste un luxe pour les particuliers et les petites entreprises, que les prix très élevés constituent un facteur limitant, et que l’accès à Internet n’est possible que dans les grandes agglomérations, Douala et Yaoundé. Par conséquent, les populations rurales n’y ont pas accès. L’offre de produits et services annexes est très limitée, les réseaux des fournisseurs Internet actuels étant peu fiables, et le service aux consommateurs reste d’un niveau très faible.

"L’ambition affichée par Mtn en prenant pied sur le segment Internet est le suivant: Investir lourdement dans des technologies performantes grâce auxquelles les particuliers et les entreprises pourront accéder à Internet à moindre coût et de manière plus fiable. Ce qui devrait entraîner une baisse des coûts d’accès et par extension de plus grandes possibilités d’accès pour tous les camerounais", explique Bouba Kaélé qui précise que toutes les démarches entreprises par Mtn Cameroun, "qui a saisi l’Art de son projet ", sont conformes à la loi.

Du côté de l'Art, des sources officielles indiquent que le dossier est effectivement pendant, parce que la structure a enregistré la plainte du Conestel, autant qu'elle a été régulièrement informée des démarches de Mtn Cameroon. Mais l'autorité souhaiterait prendre tout son temps avant de donner un avis officiel sur cette question qui, reconnaît-on là-bas, charrie de nombreux intérêts.

Tic et décodeur

On peut comprendre que les autorités de l'Art ne veuillent pas encore faire de déclarations officielles sur un dossier où elles ne maîtrisent pas tout. Mais en agissant ainsi, elles courent le risque de se faire accuser de pratique de la politique de l'autruche, de fuite en avant en évitant d'assumer sa responsabilité première, celle de l'arbitrage, dans un conflit d'intérêt qui est manifestement de sa compétence. Une impression d'autant plus vraisemblable que des voix très écoutées au sein même de la structure, mais qui ne peuvent pas toujours assumer des positions officielles, ne se gênent pas en privé pour donner à comprendre quelque éléments de décryptage de ce problème dont on n'a pas fini de parler.

Parce que, au fond, il s'agit d'un problème d'interprétation juridique à forte conséquence commerciale. Les responsables du Conestel ont certainement raison d'évoquer les concessions passées par les opérateurs de téléphonie avec les pouvoirs publics pour dénoncer ce basculement " subit " de Mtn vers un secteur où il n'était pas annoncé et où, surtout, cet opérateur viendra " rogner leur part de marché ".

Car le problème de fond est bien celui-là: celui du capital et du bénéfice, dans un secteur qui a le vent en poupe et connaît un boom exponnentiel. L'entrée des opérateurs jusque-là inespérés, avec les lourds investisements qu'ils annoncent, devrait davantage profiter aux consommateurs de ces produits dérivés d'internet, c'est-à-dire qu'elles leur coûteront bientôt bien moins cher, ce qui obligera, loi du marché oblige, les opérateurs actuels à baisser leurs prix ou à disparaître.

Mais, puisque la loi est évoquée parfois comme alibi, un cadre en fonction à l'Art nous a indiqué, sous le sceau de l'anonymat, que " seule une lecture superficielle de la loi peut laisser croire qu'il y a un facteur bloquant pour Mtn et les autres, d'opérer dans le secteur ". Car, précise-t-il, " les concessions signées en leur temps ne bloquaient pas totalement la marge de manoeuvre de ces entreprises qui peuvent, si le besoin se fait sentir et s'il est justifier, tout à fait signer des avenants pour des prestations se situant dans le même secteur, en l'occurence celui de la technologie à valeur ajoutée. "

Toute la bagarre se situerait donc, en réalité, au niveau de l'unique profit. D'où la question: doit-on, au nom d'une certaine interprétation de la loi, priver une grande majorité de citoyens, des villes et surtout désormais des zones rurales d'un accès plus aisé aux bénéfices des nouvelles technologies de l'information et de la Communication (Ntic) dont on reconnaît aujourd'hui les coûts globalement prohibitifs?

Il reste clair que, même si les intentions de Mtn Cameroon sont louables, l'entrepise doit se conformer à la réglementation en vigueur, même en rachetant Global net, dont cela reste le droit le plus absolu en matière de droit des affaires. Afin que, dans cette affaire de nouvelles technologies aux fortes odeurs de lucre, personne ne perde son décodeur et n'oublie son mot de passe.

Source : Mutations




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