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Sébastien B. Onomo, jeune réalisateur camerounais présente "Les Suspects"
(23/10/2009)
Sébastien B. Onomo est un jeune réalisateur camerounais. Il vient de réaliser son second court-métrage, "Les Suspects". Il se confie à Bonaberi.com
Par Nkwayep Mbouguen
Les Experts, de Sébastien Onomo
Les Experts, de Sébastien Onomo

Bonjour Sébastien, pouvez-vous vous présenter à nos internautes ?
Bonjour à tous et à toutes. Je suis donc Sébastien Onomo, un réalisateur et producteur d’origine camerounaise. J’ai un premier parcours personnel très autodidacte, qui m’a permis d’apprendre sur le terrain, « les fondamentaux » du métier de réalisateur, de scénariste, et même de comédien. Et j’ai également un second parcours un peu plus académique avec une licence de Lettres Modernes obtenue à La Sorbonne Nouvelle. Là, je termine actuellement une maîtrise en production audiovisuelle à l’INA Sup, l’école de l’INA, qui nous forme pour occuper des postes à responsabilités dans le secteur de l’audiovisuel en général. Je suis très content de cette formation car c’est la seule vraie formation axée sur la production en France. Et contrairement à la FEMIS, on nous offre un panorama assez large de ce qui se passe aussi bien au cinéma qu’à la télévision ou sur internet.

Vous êtes un jeune réalisateur, d’où vous êtes venue cette passion pour un métier peu courant ?
Pour dire vrai, je ne sais pas vraiment. J’ai toujours aimé aller au cinéma et regarder la télévision. Inconsciemment, je pense donc avoir toujours voulu raconter mes propres histoires. Mais avant d’y parvenir j’ai eu moi aussi, comme Candide ou Gil Blas, un parcours initiatique qui m’a permis de rencontrer des gens qui ont influencé mes aspirations professionnelles. C’est vrai que cela peut paraitre bizarre car dans mon enfance, ce n’était pas ce que je m’imaginais faire, loin de là… Et ce d’autant plus que je n’avais personne de ma famille dans ce milieu. Heureusement j’ai été soutenu par mes parents dans mes choix, et j’ai un réel épanouissement à faire ce que je fais aujourd’hui.

Quand on se passionne pour le cinéma, le théâtre ou l’art dramatique, qu’est-ce qui fait qu’on se retrouve réalisateur plutôt qu’acteur ?
C’est une très bonne question ! Moi j’ai débuté dans ce milieu en faisant des apparitions comme comédien dans des court-métrages et pleins de petits projets « vite fait ». Et c’est en « galérant », car je voyais qu’il n’y avait pas de rôles me correspondant, que je me suis dis que si je voulais pouvoir tourner d’avantage, il allait falloir que je monte mes propres projets. Du coup, je me suis mis à l’écriture, puis à la production et à la réalisation. Et j’ai senti que j’étais vraiment à l’aise dans ces corps de métiers que depuis, j’occupe régulièrement sur la majorité de mes projets. Cet exemple est valable pour moi, c’est mon vécu. Maintenant je pense que cela dépend du caractère et des envies de chacun. D’autres auront probablement une réaction différente de la mienne et continueront à persister dans leur branche. Et peut être que tous simplement je n’avais pas toujours la motivation suffisante pour aller plus loin en tant que comédien. Courir les castings c’est fatiguant ! Moi j’aime bien sentir que je maîtrise un peu une situation. Je veux dire au sens où je me souviens des moments de blues que j’avais à attendre des réponses pour des rôles, alors que là quand tu es à l’initiative d’un projet tu en as davantage les commandes. Pour moi c’est une situation plus rassurante, et donc plus confortable.




L'acteur Cyril Guei
L'acteur Cyril Guei

Comment avez-vous atterri dans le monde du cinéma ? Comment concrétise-t-on une passion et comment s’effectue le passage du rêve à la réalité ?
Moi je suis arrivé là un peu par hasard… Un jour je suis tombé sur une annonce de casting pour une émission télé qui recherchait le témoignage de jeunes sur des sujets d’adolescents. Je suis entré en contact avec eux et ils m’ont vu…pour un casting. Avec les autres comédiens, on ne le savait pas au départ, mais il s’agissait d’un casting pour le pilote d’une mini-série. J’ai été pris, mais le pilote n’a pas convaincu les chaines de télévisions d’aller plus loin. En tous cas ce tournage m’a fais attraper le virus du cinéma car j’ai vraiment adoré ! Ensuite, j’ai rencontré mon agent avec qui je suis resté durant 5 ans et à côté j’enchainais avec des apparitions dans des courts, des pubs, et pleins de petits projets à « l’arrache ». Je me suis simplement dit que j’avais envie de faire tout cela et que si je ne voulais pas regretter plus tard, il fallait que je me lance. Et le plus dur est d’y aller car beaucoup ont peur de la déception et de l’échec. Moi y compris ! Mais je me suis accroché et je continue de me battre et d’apprendre de mes erreurs. Aujourd’hui je suis loin d’être arrivé, mais je suis moins proche de la ligne de départ, ce qui me rassure un peu.

Vous venez de réaliser un court-métrage, intitulé « Les Suspects ». Pouvez-vous nous parler de ce projet ?
Les Suspects, est mon second, mais mon premier vrai court-métrage. C’est un film que j’ai co-écrit, produit et réalisé. Cela n’aurait pas pu se faire sans le soutien de mon ami et coproducteur Josselin Cadoudal, mais également celui du Conseil Général des Yvelines, des Universités de La Sorbonne Nouvelle, de Vincennes - Saint-Denis et du Crous de Paris. Pour la genèse, je voulais faire un film avec un cahier des charges assez strict car je savais que je n’aurais pas eu pas beaucoup d’argent pour le faire. Du coup dès l’écriture avec mon ami et co-scénariste Hervé N’Kashama, on a pensé l’histoire comme un huis clos policier dans lequel l’intrigue et la chute finale devaient surprendre tout le monde. Je suis très content de ce que l’on a pu faire avec ce qu’on avait comme moyens. J’espère que le film trouvera une bonne réception au près des spectateurs qui le verront.

Combien de temps y avez-vous consacré ?

Beaucoup ! Mais ce temps est à relativiser car en même temps je travaillais sur d’autres projets. L’écriture a du nous prendre un bon mois, ensuite le temps de chercher quelques financements, de les obtenir, qu’ils soient versés, que je fasse le casting, que l’on s’accorde sur les dates avec les comédiens principaux (Julien Courbey et Cyril Gueï) qui tournaient à l’époque tous deux en Guyane sur le film l’Orpailleur de Marc Barrat, cela a pris environ un an et demi après la fin de l’écriture… Mais bon c’est ça l’autoproduction !




Parlez-nous du tournage, des interactions avec les acteurs, de l’expérience générale. Fut-ce enrichissant ?
Le tournage s’est très bien passé. Comme dans chaque tournage on a eu des péripéties, mais on a su les surmonter. On s’était bien préparé avec l’équipe technique donc on avait pu anticiper sur la plupart des difficultés survenues durant les prises de vues. J’avais aussi fais des répétions avec mes comédiens bien en amont du tournage, ce qui nous a permis de gagner du temps sur le plateau car chacun d’eux savaient exactement ce que j’allais attendre de lui. Pour l’anecdote, le seul avec qui je n’ai pas pu répéter avant est Julien Courbey, car il rentrait de tournage, la veille de son premier jour avec nous. Du coup, je travaillais avec lui durant les temps d’installations. La chose très appréciable, et c’est la marque d’un grand acteur, c’est qu’en plus de parfaitement connaitre son texte, il s’était déjà imprégné de son personnage au point qu’il est arrivé en me disant « il y a un ou deux trucs qui me dérangent, je te propose un truc plutôt comme ça » et effectivement c’était juste car cela fonctionnait mieux ! Et c’est évidemment agréable et beaucoup plus facile pour travailler quand on a des comédiens comme cela. En fait, ils m’ont tous beaucoup impressionné chacun pour des raisons différentes. Christian s’est métamorphosé pour interpréter ce flic rompu et marginal, Karine était impeccable, Cyril Gueï est juste un acteur phénoménal ! D’ailleurs je lui prédis un grand avenir ! Au final, ce fut une expérience très enrichissante car j’ai appris des difficultés rencontrées, de mes comédiens, et du travail que l’on a fourni pour achever le film. Je remercie Benjamin Terres d’avoir passé autant de week-ends à l’INA avec moi pour faire le montage du film. Tout cela pousse à faire encore mieux pour la prochaine fois. Une autre anecdote pour finir : sur ce tournage j’ai pris trois élèves du collège Gustave Courbet à Trappes pour ce qu’on a appelé un « stage de découverte professionnelle ». J’ai pu leur transmettre ma passion et ils ont découvert un univers qu’ils pensaient inaccessible car ils grandissent en étant quasiment formatés à l’échec... Pour moi c’est un excellent souvenir car on ne me destinait pas forcément à m’en sortir, y compris au sein de ma propre famille… Je pense essayer de mettre plus souvent ce genre d’action en place sur mes tournages.

Vous avez choisi le thème de l’enquête criminelle. Ne craignez-vous pas d’avoir du mal à percer avec la profusion des séries et films du genre ?
Alors là absolument pas ! D’ailleurs cela ne m’était jamais venu à l’esprit… Pour moi on n’en est pas encore au stade où on tourne en rond. Les auteurs ont une imagination débordante qui suit les évolutions de la société. Il y a encore énormément de choses à raconter aussi bien au cinéma qu’à la télévision. Selon moi l’enquête au sens large du terme à de beaux jours devant elle, et je compte bien contribuer en écrivant, produisant et ou réalisant des histoires qui apporteront peut-être leurs pierres à l’édifice. En plus il y a autant de manières de raconter une histoire qu’il y a de réalisateurs, et autant de manière de la percevoir qu’il y a de spectateur, c’est dire à quel point la marge est grande selon moi.

Parlons maintenant du Cameroun. Le cinéma camerounais est pour l’instant assez pauvre, même s’il tente de se relancer depuis quelques années ; prévoyez-vous de faire dans le Camerounais, ou plus large, dans le cinéma africain ?
Oui c’est évident que de par mes racines, j’ai la volonté de raconter des histoires qui mêlent mes deux cultures. J’ai des projets de fictions qui vont en ce sens, mais qui nécessitent un temps important de préparation, dû notamment à la manne financière qu’il faudra pour les développer et les concrétiser. J’ai également proposé mes services à certains médias locaux, mais pour l’instant mon appel du pied est resté sans réponse… Quoi qu’il en soit, il y a énormément de choses à faire et les talents sûrs et originaires de ce continent ne manquent pas. J’ai déjà eu l’occasion de travailler avec Eriq Ebouaney qui est un acteur fantastique, Sabrina Ouazani est à tomber, et Cyril Gueï est un « tueur à gage ». J’espère pouvoir retravailler avec eux sur des projets d’envergure plus importante. La liste de ces talents n’est pas exhaustive, mais ceux là je les adore.




Avez-vous d’autres projets en cours ? Prévoyez-vous de faire un long métrage plus tard ?
Le seul moment dans ma vie où je suis un hyperactif est lorsque je travaille. Et dès que je termine un projet très souvent j’en ai au moins un autre derrière. Donc là effectivement, j’ai d’autres projets. Je travaille sur une mini-série que je vais produire et réaliser, je viens de terminer le clip de l’artiste Indiyan actuellement en diffusion sur Virgin 17 et d’autres chaines. Je vais prochainement réaliser un clip pour un artiste Hip Hop, et je vais commencer l’écriture d’un court-métrage mêlant animation et prise de vue réelle. C’est un projet intéressant que j’espère pouvoir concrétiser dans un futur pas trop lointain. A côté je termine ma maîtrise à l’INA, et je vais partir à l’étranger pour faire mon stage de fin d’étude. J’en profiterai alors pour débuter l’écriture de mon premier long dont j’ai déjà une idée assez précise.

Le film Les Suspects est déjà produit, ou avez-vous des dates à proposer aux internautes ?
Oui le film est terminé. La bande annonce est visible sur le site du film à l’adresse www.epuar.com/les-suspects-film. Il sera distribué par la société anglaise Shorts International. Pour être tenu informé de l’actualité et de la vie du film, j’invite tous les lecteurs ayant un compte sur Facebook à rejoindre le groupe intitulé « Les Suspects, un film avec Julien Courbey et Cyril Gueï ». Pour ceux qui habitent dans le coin et qui souhaiteraient voir le film, la Municipalité de Trappes en Yvelines organisera une projection du film le 13 Novembre 2009 à l’Auditorium de la ville. Il y aura deux séances, une à 19h et une à 20h. C’est gratuit, mais pour réserver ses places il faut envoyer un mail à l’adresse « projection@epuar.com » en précisant nom et prénom. D’autres dates seront annoncées un peu plus tard.

Comment voir le film, ou se le procurer ?
Pour les autres, une fois la distribution du film amorcée, celui-ci sera disponible en VOD sur Itunes. Là aussi, il faudra consulter le groupe Facebook pour suivre cela de près.

Comment vous contacter ?
Alors pour les filles mon numéro c’est le 06 09… Non je déconne. Vous pouvez me joindre à l’adresse mail sebastien.onomo@epuar.com N’hésitez pas à me contacter si vous voulez me faire part de vos remarques, m’envoyer vos scénarios, vos liens, etc…

Merci d’avoir répondu à nos questions ; un dernier mot pour les internautes de Bonaberi.com ?

C’est moi qui vous remercie ! Le dernier mot sera une dédicace à tous les lecteurs qui fréquentent ce site, une pensée pour Bina qui traverse une période difficile mais elle est forte donc elle s’en sortira. Idem pour tonton Ludo. Et à tous les petits frères et les petites soeurs qui veulent faire du cinéma, c’est possible si on s’en donne les moyens !




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