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Présidentielles : Le discours de présentation d'Atangana Nsoe
(04/09/2011)
L'allocution aux Camerounais d'Atangana Nsoe, candidat à la présidentielle camerounaise d'Octobre 2011
Par Atangana Nsoe
Atangana Nsoe
Atangana Nsoe
Camerounaises, Camerounais,

J’ai connu quand j’étais tout petit, lorsque j’allais encore à l’école primaire, dans la ville de Banyo, un jeune camerounais du nom d’Anatole. Il était très intelligent comme tous les enfants. Et il avait appris à aimer l’école comme tous les enfants de notre âge. Nous nous sommes connus il y a près de quarante ans, j’en ai aurai bientôt quarante six, à l’époque où le Président de la République allait rencontrer et écouter les populations pendant des nuits et des jours partout où elles se trouvaient, même dans les villages les plus reculés. A l’époque où les fonctionnaires allaient travailler, avec femmes et enfants, partout où on les envoyait servir l’Etat, pour l’intérêt de toute la collectivité. Mon père, Nsoe Atangana Etienne, petit fonctionnaire de la météorologie, avait alors accepté d’aller travailler pendant près de treize ans dans cette petite ville de Banyo, chez les Haoussas, les Foulbés, les Tikars, les Mambila, les Wawas et les Butés.

Les parents d’Anatole n’étaient pas riches en argent. Ils n’avaient pour seule richesse qu’un petit champ de manioc sur une terre qui ne leur appartenait pas. Mais ils avaient compris que la vraie richesse, la seule capable de produire d’autres richesses, c’est l’homme. Et c’est pour cette raison qu’ils avaient décidé de tout mettre en œuvre pour faire de leur fils un homme. Eux qui habitaient à plus de soixante kilomètres de Banyo, dans la plaine d’Atta, tout près du Nigéria, avaient inscrit leur fils à l’Ecole primaire de Banyo Anatole, à cause de son courage, de son travail permanent et soutenu, a obtenu tous les diplômes qu’il avait souhaité obtenir. Il s’est davantage éloigné de sa pauvre famille, est allé au Lycée de Ngaoundéré, à l’Université de Yaoundé, à l’Ecole Nationale des Affaires Sociales, à l’Ecole Militaire Inter-Armes et à l’Ecole Nationale d’Administration et de Magistrature. Anatole, ce fils de pauvre paysan d’un village perdu de l’Adamaoua est aujourd’hui un grand Magistrat Militaire.

S’il fallait acheter tenue scolaire, cahiers, livres et stylos, s’il fallait payer l’école, s’il fallait payer pour une APE, s’il fallait payer l’internat, s’il fallait payer tous ses repas, s’il fallait payer à l’hôpital pour se soigner, s’il fallait absolument être membre d’une loge ou d’une secte, s’il fallait acheter les concours pour entrer dans les grandes écoles avec quelques millions de francs ou avec de grosses et puissantes recommandations, s’il fallait corrompre à gauche et à droite pour devenir un homme et avoir une place au soleil, Anatole n’aurait jamais eu les moyens de devenir ce qu’il est devenu et le Cameroun n’aurait jamais eu ce brillant Magistrat Colonel qui rend service au peuple camerounais.

Et parmi nous, parfois très près de nous, il y a des enfants orphelins, des jeunes abandonnés, des jeunes diplômés sans emplois, des diplômés moins jeunes qui risquent de ne jamais voir la couleur d’un bulletin de paie, des jeunes et des vieux retraités ou compressés de notre fonction publique ou de nos sociétés publiques et privées, des milliers de femmes devenues chef de famille qui sont aux abois, et des millions de camerounais qui se battent chaque jour pour survivre et qui n’ont besoin que d’un peu de générosité pour se sentir heureux. Donner un peu de bonheur au peuple qui souffre, c’est aussi le rôle de l’Etat. Permettre aux rêves de se réaliser, c’est aussi le rôle de l’Etat. Faire en sorte que notre Cameroun produise des hommes, c’est le véritable rôle de l’Etat. Car un Etat qui se complait à fabriquer des sous-hommes porte en lui, les germes de sa propre destruction.

Lorsqu’un fils de pauvre n’a que le droit de devenir plus pauvre que ses géniteurs, lorsque les diplômés de nos écoles et universités ne peuvent devenir que des vendeurs à la sauvette, des call-boxeurs ou des conducteurs de moto-taxis pourchassés, humiliés et bastonnés en permanence par des policiers affamés envoyés par des délégués du gouvernement non élus, on ne peut pas parler de justice, on ne peut pas parler de paix, on ne peut pas parler de travail et l’amour de la patrie ne peut que mourir. Lorsque seuls les fils des barons du Renouveau ont la possibilité d’avoir une place au soleil, on peut tout simplement dire que notre Cameroun est malade. Le rôle d’un Etat moderne est de donner à chaque citoyen la possibilité d’être touché par les rayons du soleil même s’il faut en prendre un peu chez ceux qui en ont beaucoup pour le distribuer à ceux qui en ont besoin par une fiscalité adéquate. Ce n’est qu’à ce prix que notre pays pourra éviter les effets néfastes que peuvent générer toutes les frustrations créées par les injustices et les inégalités produites par le régime en place. Des frustrations qui, si elles se cristallisent davantage deviendront certainement une menace pour la stabilité de notre pays.

Anatole est devenu un grand homme, non par le vol, la fraude, la corruption, les abus de pouvoir, les pratiques sexuelles controversées, l’appartenance à des cercles ésotériques pervers, mais grâce à un Etat juste et généreux où tout camerounais avait le droit de rêver et de donner un sens à sa vie par des efforts sains. Dans cet Etat généreux qui était pourtant moins démocratique et moins prospère, il était possible qu’un fils de pauvre puisse, par le travail, atteindre les sommets de la hiérarchie sociale.

Le Cameroun est malheureusement devenu aujourd’hui et depuis bientôt trente ans, un endroit du monde où le mot générosité a perdu tout son sens. L’Etat a cessé de contribuer à l’évolution de l’ensemble des camerounais. Une petite caste à la fois administrative et militaro-policière s’est appropriée du pouvoir, de l’Etat et de toutes les richesses du pays, pour un usage limité, reléguant le reste de la population dans les fins fonds de la misère et du découragement. L’égalité, la justice, la prospérité et la générosité ont foutu le camp laissant la place aux abus de pouvoir et au népotisme. Les camerounais ont cessé de rêver et préfèrent s’accommoder à une misère destructrice et dévastatrice. Et on parle de paix ! Quelle paix ! Notre pays, malgré tous les slogans distillés avec force par ceux qui nous gouvernent et par une bande de courtisans professionnels, n’est pas en paix. Notre peuple vit plutôt dans la peur. La peur de tout ! La peur de perdre un poste ! La peur de ne pas être rappelé à la mangeoire ! La peur de penser ! La peur du choléra ! La peur de demain ! La peur de crier ! La peur de gémir ! La peur de voir toute contestation saine réprimée par de grosses matraques noires envoyées par une autorité administrative qui en le faisant, croit servir les institutions. La peur de la liberté ! Avoir peur de la liberté alors que nous sommes libres ! Une liberté qui s’est d’ailleurs renforcée avec l’arrivée au pouvoir du Président Paul BIYA ! Une liberté malheureusement combattue par ces intellectuels corrompus, hypocrites et menteurs qui entourent ce grand homme, qui ternissent son image et qui ont peur du réveil du peuple ! Ces intellectuels affectueusement appelés élites, qui échangent leur réputation et leur bon sens contre une vie facile, faite de privilèges et de faveurs ! Une liberté que nous avons le devoir de promouvoir et de perpétuer pour le bonheur de toutes les camerounaises et de tous les camerounais.

Camerounaises, camerounais, mes chers compatriotes, je voudrais vous dire aujourd’hui, que vous n’avez pas le droit de rester timorés. Rien ne saurait le justifier, ni la terreur des forces de répression, ni le jeu parfois obscène d’une administration esclave d’un homme qui n’a pas besoin d’esclaves. Ce n’est pas en se courbant devant ces forces qui ne comprennent rien à la démocratie et à l’irréversibilité de ce processus que nous sortirons notre pays du sous-développement. Nous n’avons plus le droit de rester amorphes alors que nous vivons dans des conditions extrêmement difficiles, le ventre de plus en plus vide, sans eau potable, sans une énergie électrique de qualité, sans sucre, sans gaz domestique, sans sécurité alimentaire, sans routes. Nous n’avons plus le droit de continuer à dire que tout va bien alors que la grande majorité de camerounais ne peut pas se soigner, ne peut pas se loger décemment, ne peut pas se former dans de bonnes conditions, ne peut pas trouver un emploi. Notre pays ne mérite pas de vivre dans ces conditions. Notre jeunesse n’a pas le droit de s’accommoder à la misère. Elle est une menace pour la stabilité et pour la paix. A cette jeunesse qui représente le Cameroun de demain, nous devons redonner ce qui fait vivre tout homme, l’espoir. L’espoir que demain sera non seulement différent d’hier et d’aujourd’hui, mais meilleur. Je voudrais vous dire que vous avez le droit de rêver à un avenir meilleur. Je voudrais vous dire que le temps du bonheur pour tous est arrivé. Je voudrais vous dire que ce bonheur qui est à votre portée, vous ne l’aurez que si dès cet instant, vous acceptez de jeter dans ces poubelles enflammées qui nous entourent, qui polluent notre environnement et qui nous intoxiquent tous les jours, toutes les peurs qui vous empêchent de prendre en main vos propres destins.

Vos peurs peuvent être légitimes. Il est en effet tout à fait normal que vous ayez peur de l’avenir de vos enfants dans ce contexte extrêmement difficile. Il est tout à fait normal que vous ayez peur de vieillir sachant que vos enfants, qui auprès de vous vieillissent de misère, ne pourront pas s’occuper de vous demain. Il est tout à fait normal que vous ayez peur d’aller en retraite dans un Cameroun ou percevoir sa maigre pension n’est pas la chose la plus aisée. Nombreux sont en effet ceux qui, après avoir longuement servi le pays avec honnêteté et amour, meurent de famine deux années après la retraite sans avoir touché le moindre CFA à cause des tracasseries administratives ou à cause de quelques dysfonctionnements persistants. Il est tout à fait normal que vous ayez peur de tomber malade dans un Cameroun où seuls des privilégiés ont accès à des soins de santé de qualité offerts le plus souvent dans des hôpitaux étrangers et où ceux qui n’ont rien tentent de s’auto-soigner auprès des pharmaciens de la rue, des faux guérisseurs et des faux pasteurs de plus en plus nombreux. Mais les peurs cessent d’être fondées lorsque vous avez peur de ceux qui ont peur de vous ! Elles deviennent même absurdes !

Camerounaises, camerounais, n’ayez plus peur !

N’ayez pas peur de dire non à la politique menée depuis plus d’un quart de siècle par des hommes d’un Renouveau archaïque et vieillissant qui n’ont que des préoccupations alimentaires, et qui se moquent du peuple qu’ils appauvrissent chaque jour davantage.

N’ayez pas peur, en cette année 2011, de voter contre ceux qui nous gouvernent et qui du fait de leur longue longévité au pouvoir, veulent nous faire croire qu’il n’y a qu’un seul camerounais qui peut diriger le Cameroun, oubliant qu’avant 1982, il y a eu Ahmadou Ahidjo.

N’ayez pas peur de dire au Président Paul BIYA que nous aimons certainement plus que ces pilleurs de la République qui l’entourent et qui lui demandent à travers des tonnes de motions de soutien répugnantes de s’éterniser à Etoudi par tous les moyens, que le pouvoir éternel n’appartient pas aux hommes, qu’il a travaillé toute sa vie pour le Cameroun, qu’il mérite un bon repos et qu’après lui le pays continuera d’exister.

N’ayez pas peur de dire une fois pour toutes non à la pensée unique qui constitue un obstacle à tout développement.


N’ayez pas peur d’arriver au pouvoir et de modifier la constitution à nouveau pour ramener cette fois-ci la durée du mandat présidentiel à quatre ans non renouvelable ou alors renouvelable une fois seulement.

N’ayez pas peur de limiter les mandats de nos députés, de nos maires et de tous nos élus pour dynamiser la vie politique dans notre pays.

Ne permettons plus à des individus, fussent-ils hyper intelligents, de passer toute une vie à la tête de nos institutions, de nos entreprises publiques et parapubliques qui ne sont et ne sauraient être ni leur propriété ni celle de leurs parents ! Quatre années suffisent largement. Après c’est la routine, la stagnation et le recul !

N’ayez pas peur de donner à la femme et ceci dès notre victoire prochaine le premier ministère, de nombreux postes ministériels d’une importance certaine, le commandement des régions et des départements, le commandement de l’armée ou de la police, la tête des Trésoreries et des paieries, au lieu de la confiner à des responsabilités mineures comme l’organisation des mariages collectifs tout en sollicitant sans cesse ses applaudissements et ses youyous ! La parité Homme/Femme doit être la règle au niveau du gouvernement, dans notre haute administration, ainsi que dans nos entreprises publiques.

N’ayez pas peur, pour l’intérêt du peuple camerounais tout entier, de remettre en cause tous les contrats d’exploitation forestière, minière et pétrolière, tous les contrats de concession accordés à des entreprises étrangères pivot du colonialisme et du néocolonialisme ainsi que toutes les privatisations faites au détriment de notre souveraineté dans le seul but de satisfaire les intérêts égoïstes de certains compatriotes.

N’ayez pas peur, à l’heure ou la grande majorité des citoyens de notre pays vit de moments difficiles, de supprimer le fameux article 2 qui accompagne toutes les nominations dans la haute administration, qui octroie à une petite minorité des avantages d’une obscénité criarde et ridicule n’ayant pas de place dans un pays comme le notre qui a besoin de plus de justice et plus de rigueur pour lutter efficacement contre la pauvreté et pour se doter d’infrastructures nécessaires à son développement. La suppression de cet article se fera et nous pourrons non seulement octroyer à tous nos jeunes étudiants une bourse mensuelle de 30.000 francs, donner la chance à tous nos jeunes enfants d’apprendre dans une école gratuite de bonne qualité en bénéficiant de toutes les fournitures scolaires et d’une alimentation saine, d’offrir un logement digne à la grande majorité des familles à travers le projet « une famille, une maison », mais en plus permettre à nos hôpitaux et dispensaires publics d’offrir des prestations gratuites à de nombreuses familles démunies.

Je voudrais dire aux jeunes que leur heure est arrivée. La gérontocratie ne saurait s’imposer éternellement à la grande majorité du peuple camerounais. Chacun a son tour chez le coiffeur. Chacun a son tour au pouvoir. Vous ne devez plus accepter qu’on vous considère comme des patriotes ayant atteint la maturité uniquement lorsque vous applaudissez les frasques d’un régime en pleine déglingue, lorsque vous admirez ceux qui sont à table, ou lorsque vous marchez sous l’instigation de certains barons du pouvoir comme de jeunes fous joyeux en chantant des cantiques sordides à la gloire d’un guide éclairé, magnanime, clairvoyant et éternel. Chers jeunes, n’ayez pas peur de ne plus marcher et de ne plus chanter pour ceux qui vous affament.

N’ayez pas peur du bonheur, tout le monde en a droit !

N’ayez pas peur de ceux qui ont peur de vous !

Ils vous donneront du pain et du vin importés ! Mangez et buvez ! Ils vous donneront quelques petites coupures de CFA ! Acceptez-les et mettez-les dans vos poches ! Ils ont déjà commencé à vous faire des milliers de promesses parce qu’ils ont peur de votre puissance ! Ecoutez-les ! Inscrivez-vous sur les listes électorales pour la première fois de votre vie et le moment venu, allez voter. Et surtout, ayez le courage de voter intelligent. Ce n’est qu’en allant voter massivement que ceux qui ont pris la mauvaise habitude de manipuler les chiffres pour faire plaisir au guide éclairé et pour perpétuer la mal gouvernance sauront que le temps des manipulations et de la fraude est à jamais révolu. Nous irons aux élections organisées par ELECAM, cette institution qui refuse d’être indépendante, qui refuse d’utiliser le bulletin de vote unique et qui se met en marge de la modernité en refusant d’utiliser la technologie biométrique, la seule capable de nous garantir une certaine transparence. Notre jeune formation politique, LE GRAND CAMEROUN, n’a pas le droit de rater ce rendez-vous avec l’histoire à l’heure ou le Renouveau lutte, à travers l’opération Epervier, contre les monstres qu’il a lui-même créés. Cette opération Epervier, qui s’attaque à ces milliardaires détourneurs de fonds publics qui se savaient au dessus de tout et de tous et qui passaient leur temps à acheter les consciences des misérables pour montrer à leur créateur que tout allait bien, est une chance pour le Cameroun. Il est vrai que de nombreux pilleurs sont encore libres. Mais ils vivent dans la peur de rejoindre leurs amis à Kondengui, à New-Bell et dans les nombreuses prisons plus humaines que nous construirons pour tous les pilleurs de la République.

Ne vous laissez pas embrigader par une vieille opposition essoufflée, dépassée et essentiellement constituée d’hommes du passé ou par une société civile agitée qui veut nous imposer des modèles importés dont notre pays n’a nullement besoin.

Nous avons le devoir de donner à toutes les camerounaises et à tous les camerounais la chance de devenir des femmes et des hommes heureux, la possibilité d’être fier du Cameroun. Au lieu de tenter parfois au prix de leurs vies d’aller se chercher un bonheur hypothétique dans un occident troublé en épousant des gens pour qui on n’éprouve aucun sentiment digne ou pour y exécuter des travaux qui n’élèvent pas l’homme, avec sur la tête comme une épée suspendue, la menace permanente d’une expulsion dans son pays d’origine.

Camerounaises, camerounais,

Parce que les décisions qui se prennent à Etoudi peuvent changer la vie des camerounais, j’ai décidé de poser ma candidature à la présidence de la République du Cameroun.

Je suis convaincu qu’il est temps de donner à la politique un nouveau visage, plus sérieux, plus jeune, plus dynamique, moins folklorique, et un nouveau langage. Je suis convaincu que les camerounaises et les camerounais n’ont plus envie de côtoyer les illustres représentants personnels du Président de la République. Il n’est plus possible de continuer à gouverner un pays comme le Cameroun en restant très loin des camerounais. Je suis convaincu que le Cameroun n’a plus besoin d’avoir au sommet, un président en exil permanent. Je suis convaincu que le Cameroun n’a plus besoin d’un président qui va à Douala tous les vingt ans, à Garoua tous les trente ans, à Bamenda tous les vingt-cinq ans, à Ebolowa tous les vingt ans, et qui jamais ne mettra les pieds à Kumbo, à Nkambé, à Yoko, à Mora, à Binguela, à Ngoumou, à Messamena, à Somalomo, à Magba, à Tibati, à Yabassi, à Zoetélé, à Tokombéré, à Guidiguis, à Akom II ou à Doukoula. Je suis convaincu que le Cameroun n’a plus besoin d’être gouverné par des hommes et des femmes qui vivent sur le dos de l’Etat, qui s’engraissent avec les richesses de l’Etat, qui s’octroient tous les avantages que l’Etat aurait pu mettre au profit de la société toute entière mais qui demandent à ceux qui ne sont pas à table avec eux, de s’aider afin que le Ciel les aide, et qui demandent avec force aux oubliés de la mangeoire de dire qu’ils sont heureux et qu’ils ont des ventres ballonnés parce qu’ils sont bien nourris.

Nous ne pouvons plus continuer à créer des emplois uniquement dans l’armée et la police. Ces forces de répression budgétivores, qui ont pour mission d’empêcher le réveil du peuple, de le garder endormi et d’empêcher toute contestation y compris les plus fondées, ne peuvent pas contribuer au développement de notre pays. Elles constituent plutôt un gouffre qui engloutit plus du tiers de nos ressources pour leur équipement et leur armement parce notre pays ne fabriquant aucune arme est obligé d’importer tout, même les matraques. Notre pays n’a pas besoin d’un policier ou d’un militaire derrière chaque citoyen. Ces forces ont sans aucun doute besoin d’être reconfigurées, repensées, de se réconcilier avec le peuple et de se mettre à son service et non au service d’un homme. Le Cameroun doit cesser d’être une sécuritocratie !

Je suis convaincu que le Cameroun n’a plus besoin d’être gouverné par des hommes et des femmes qui n’ont aucune vision pour leur pays, des hommes qui se contentent d’applaudir, comme des mendiants, les minables dons offerts par des pays dits amis au cours de somptueuses cérémonies hyper médiatisées, des hommes qui croient en la solidarité internationale au lieu de faire du Cameroun un pays producteur de richesses. Nous aurons plus que jamais besoin de conjuguer nos talents, de mobiliser essentiellement nos propres énergies et nos propres ressources parce que nous ne croyons pas en l’aide internationale. Il faudra alors lutter contre la corruption et les détournements de fonds publics qui sont un véritable obstacle au développement. Nous devrons gérer nos ressources de la meilleure des façons. Nous devrons sanctionner comme il se doit tous les pilleurs de la République, tous ceux qui se constituent des trésors d’une insolence criarde simplement parce qu’ils ont été chargés de gérer la fortune publique. Nous aurons alors besoin de moderniser et d’assainir notre justice qui ne rend pas toujours le droit comme il se doit.

Le nouvel Etat que nous entendons bâtir n’aura pas besoin de la magnanimité de qui que ce soit pour satisfaire les besoins élémentaires de notre population. Ni de la magnanimité du Chef de l’Etat, ni de celle de son illustre épouse. Il sera important que tous les camerounais sachent qu’ils ont droit à des écoles, à des universités, à des routes, à des hôpitaux, à internet, à la nourriture, à l’eau potable, à la liberté d’expression bref au bonheur, que le Chef de l’Etat soit gentil ou pas, que son épouse soit gentille ou pas !

Le Grand Cameroun a besoin d’une économie plus forte, d’une agriculture puissante, capable de nous assurer une autosuffisance et une sécurité alimentaires, d’une industrie capable de mettre toute la modernité à la portée des camerounais de nos villes et villages. Nous devons produire ce que nous consommons, tout ce que nous consommons. Nous devons produire non seulement du riz, de la tomate, du poisson, des alcools, mais également et surtout des téléphones portables, des ordinateurs, des voitures. Nous devons construire des centrales nucléaires et mettre au point notre arme nucléaire. Notre pays doit pouvoir relever tous les défis y compris le défi technologique. Osons ! Rêvons grand ! Il ne sert à rien d’avoir de petits rêves ! Mettons tous les moyens nécessaires à la réalisation de nos rêves ! Faisons de notre pays un pays émergeant en dix ans ! Le Cameroun a besoin de créer des richesses et surtout de mieux les répartir. Cela est possible ! Il suffit de gouverner autrement, il suffit de gouverner en mettant en hibernation perpétuelle tous nos égoïsmes et en ayant pour seul intérêt, le mieux-être collectif. Ce sont là les missions d’une autre génération des camerounais, les générations précédentes ayant achevé les leurs, celles d’arriver à l’indépendance, à la réunification, à l’unification, et de poser les bases d’un Etat moderne avec des institutions stables et fonctionnelles.

Je mesure la lourdeur de la tâche. Je mesure également les difficultés et les embûches qui jalonnent les voies d’accès à Etoudi. Mais je sais qu’avec le courage, la volonté, je sais qu’ensemble si nous conjuguons nos efforts et nos talents, nous franchirons tous les obstacles et arriverons au sommet de la montagne. Car, je vous le dis, rien ne peut arrêter une eau déterminée à aller de l’avant. L’eau a une puissance qui emporte les ponts, qui fait tomber les montagnes, qui détruit le fer et tout ce qui peut paraître indestructible. Et la force du peuple s’apparente à celle de l’eau. Lorsque le peuple s’éloigne des peurs qu’on lui inocule parfois, des peurs qu’on lui a injectées dans le sang depuis 1960, lorsqu’un peuple décide de prendre son destin en mains pour le bien de tous et de chacun, rien ne peut l’arrêter ! Et rien ne nous arrêtera dans cette marche vers Etoudi.

N’ayez pas peur de faire du Cameroun un pays plus juste, plus égal, plus prospère, plus généreux, débarrassé de la monnaie coloniale et doté d’une monnaie nationale, seule capable de nous permettre de mener de véritables politiques monétaires, de nous assurer une véritable indépendance et un véritable développement.

N’ayez pas peur du bonheur. Prenez enfin conscience que votre bonheur dépend d’abord de vous-mêmes et surtout sachez que, comme disait Petit Pays, « ça se passe ici ! ». Ca se passe ici et non loin d’ici dans les chancelleries occidentales avec une certaine diaspora !

N’ayez pas peur de faire de notre pays « LE GRAND CAMEROUN ».

Que Dieu vous bénisse tous ! Et qu’il bénisse chacun d’entre vous !

Yaoundé, le 17 Mars 2011


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