Le célèbre lac Tchad qui borde le Cameroun, le Tchad et le Nigeria est plus que jamais en danger. D'une superficie de plus de 25.000 kilomètres carrés il y a quelques décennies, le lac est passé à beaucoup moins, de 2500 à 8000 kilomètres carrés selon les sources.
L'avancée du désert, le réchauffement climatique et la surexploitation par les populations riveraines – consommation en eau, irrigation – sont les différentes causes avancées par les experts.
« Le lac Tchad est en train de disparaître. Il y a une trentaine d'années, les eaux du lac arrivaient jusqu'ici, où nous nous trouvons (devant la résidence du gouverneur de Bol), la ville était toute petite. Aujourd'hui la berge se trouve à plus d'un kilomètre de la résidence », a confié Abdoulaye Tcharimi, agent du ministère de l'environnement à Bol, la ville la plus proche du lac.
D'après ce dernier, la première étape de l'assèchement du lac est à chercher en 1973, lors d'une période de sécheresse qu'a connue le Cameroun : « La sécheresse a été à l'origine du déplacement de populations de différentes régions du Tchad vers le lac, notamment des éleveurs à la recherche de pâturages pour leurs animaux. Vers les années 1984-1985 le lac s'est encore plus asséché, laissant apparaître des îles. Cela a modifié la vie des habitants. Quand le lac était plein, il y avait dans la région de vrais cultivateurs et de vrais éleveurs. Faute de terre cultivable, ils se sont transformés aujourd'hui en pêcheurs par la force des choses pour subvenir à leurs besoins ».
Une conséquence donc sur le mode de vie des populations environnantes, mais aussi sur l'écosystème de la zone, puisque d'après M. Tcharimi, de 150 espèces de poissons dans le lac, on est passée à à peine une dizaine tandis que les animaux aquatiques ont disparu. Une perturbation qui a poussé le gouvernement à réagir, puisque depuis 2008, il est interdit de pêcher avec des filets à petite maille.
Un forum international est d'ailleurs prévu à Ndjamena avec comme objectif de préserver le lac tchad.


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