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L’ordonnance se fait toujours dans la rue
(11/06/2008)
En dépit des mesures gouvernementales et des campagnes de sensibilisation organisées par les pharmaciens d’officine.
Par Léger Ntiga

Mais, sans solutions concrètes, le phénomène reste galopant. Cette déclaration de l’Ordre des pharmaciens du Cameroun intervient en pleine campagne de sensibilisation organisée par le ministère de la Santé publique (Minsanté), contre les médicaments de la rue. Une opération de vulgarisation qui se tient au moment où des services du Minsanté annoncent la destruction (le 28 mai 2008) de deux tonnes de médicaments et produits pharmaceutiques illicites à la décharge de Djadjé à la périphérie de Garoua dans le Nord du pays.

Il s’agit notamment des antipaludiques, antibiotiques, antalgiques, antiparasites, etc. Ces opérations d’incinération des médicaments de la rue, semblent malheureusement se limiter à la seule journée du 28 mai, qui marque pour l’Organisation mondiale de la santé (Oms) et le reste de la planète la journée mondiale du médicament. A l’occasion, l'inspecteur des services à l'inspection générale des services pharmaceutiques au ministère de la Santé publique, Dr Alain Djonlaï a souligné que "les médicaments illicites sont de véritables poisons pour la santé des populations et de ce fait, constituent un problème de santé publique". Un discours déjà entendu comme lors de l’atelier sur l’amélioration de la législation sur la distribution du médicament au Cameroun le 03 août 2001.

Le Minsanté avait fait appel aux autorités administratives et aux forces de l'ordre pour, non seulement informer et sensibiliser les populations, mais aussi, collaborer dans la bataille contre la vente de ces médicaments illicites. "Notre pays, avait alors déclaré, Urbain Olanguena Awono alors le chef de ce département ministériel, est en passe de devenir un dépotoir pour ces médicaments contrefaits et nocifs, aussi devons-nous redoubler d'ardeur pour enrayer ce fléau". Visant à renforcer la législation autour de la question de la mise en circulation dans le pays du médicament, il fut mis en place une commission provinciale de lutte contre la vente illicite des médicaments dans chacune des dix provinces du Cameroun.

Intensions

Pour rendre concret ce dessein pratiquement asymptotique pour les pouvoirs publics dont les intentions se traduisent rarement en actes, les assises du Palis des Congrès de Yaoundé regroupaient les membres de l'ordre et du syndicat des pharmaciens, les représentants de l'ordre des médecins, des chirurgiens-dentistes, des professionnels médico-sanitaires, des responsables des ministères de l'Administration territoriale et de la Défense. Globalement, la réflexion porte sur l'éradication de la vente illicite des médicaments sur le trottoir. D'après différentes fiches techniques, "le circuit informel de vente de produits pharmaceutiques représente, depuis le début des années 90, 20 à 25% du marché du médicament au Cameroun".

D’après cette estimation officielle, "les produits proposés sont généralement des médicaments de contrefaçon manipulés dans des conditions inappropriées; ce qui entraîne leur dénaturation avec formation soit des dérivés toxiques, soit des produits inactifs". Une assertion que rejettent totalement des vendeurs desdits médicaments, rencontrés au marché central de Yaoundé.

"Il n’est pas honnête de dire que le gros des produits vendus ici, est d’origine douteuse. Il faut en regardant les pharmaciens d’officine dans le blanc de l’œil, leur demander d’où viennent nos médicaments. Par la suite, il faire un tour dans les propharmacies et demander si ces médicaments sont de mauvaise qualité. Je crois que le problème est ailleurs. Nous n’avons probablement pas les compétences requises pour vendre le médicament, mais le produit que nous servons aux populations les soulagent plus qu’il ne leur cause un tort", se défend Claude Mbobda, un vendeur basé au marché central de Yaoundé.

Dans le même sens, une étude menée par la direction de la statistique et de la comptabilité nationale du ministère de l'Economie et des Finances, en octobre 1999 dans les villes de Yaoundé, Douala, Bertoua, Bafoussam, Buéa, Bamenda ou Ebolowa, révèle que 45% des médicaments vendus au bord de la rue proviennent du Nigéria, 15% de certains grands laboratoires pharmaceutiques, 11% des échantillons médicaux gratuits et 29% d'autres sources non identifiées. Mme Cathérine Nguena, secrétaire de direction dans une entreprise de la place, a souvent eu recours aux médicaments vendus sur le trottoir. Le Dr Pierre Flambeau Ngayap relativise et fait savoir qu’il existe forcément des brebis galeuses parmi les pharmaciens d’officine. Mais que la vente illicite des médicaments par des mains inexpertes un réel problème de santé publique au cameroun.

Pour elle, "ce sont des médicaments de bonne qualité que les pharmacies font écouler par le secteur informel pour échapper à toute contribution fiscale et réaliser des bénéfices au-delà des attentes". Du point de vue des pouvoirs publics, "la vente des produits pharmaceutiques en dehors des structures agréées par le ministère de la Santé publique est une activité dangereuse. C'est un grave problème de santé publique ayant causé d'énormes dommages allant parfois jusqu'à des pertes en vies humaines. Cette activité compromet la réalisation de certains objectifs fondamentaux de notre politique nationale de santé", martèle l’actuel ministre de la Santé publique André Mama Fouda.

Or passée la phase d’élaboration du plan national de lutte alors en cours d'élaboration, on n’est jamais atteint à le volet répressif. Et pourtant, le président de la Commission nationale du médicament au Minsaté, le Dr Denis Ekotto Mengata appelle de tous ses voeux à la sanction des fraudeurs: Etant donné que le problème de la vente des médicaments relève de la mauvaise foi de certains Camerounais qui veulent s'enrichir sur le dos des malades, l'Etat a le devoir d'appliquer la loi. Je veux dire que celui qui vend le médicament et qui n'est pas un professionnel doit être sanctionné.

Pour Comprendre, que dit la loi?

L'article 16 de la loi N°90/035 du 10 août 1990 dispose que "quiconque se sera livré sciemment à des opérations réservées aux pharmaciens sans réunir les conditions fixées par la loi s'expose à une amende de 500 000 à 2 000 000 de Fcfa et à un emprisonnement de six jours à 6 mois ou à l'une de ces deux peines seulement. En prime, le tribunal devra ordonner la fermeture de l'établissement et la confiscation de tous objets, médicaments et substances ayant servi de support à cette activité irrégulière".

Sur l’activité de pharmacien, Le législateur prévoit que, délivrer un médicament n'est pas uniquement un acte commercial. Le pharmacien doit délivrer un produit conforme à celui que le client lui demande. Cette notion de conformité implique, pour le pharmacien, une vigilance allant dans plusieurs directions: Il doit non seulement contrôler le nom du produit, mais aussi, s'assurer que le médicament dont il a lu le nom est bien celui qu'a voulu prescrire le médecin, en particulier si le contexte de l'ordonnance le prouve, l'écriture des médecins n'étant pas toujours lisible. Le contrôle de la présentation du produit impose, également, au pharmacien de ne pas délivrer sans discernement le même médicament dont les voies d'administration sont différentes, en particulier les modes d'administration intraveineuse et intramusculaire.


Source: Quotidien Mutations


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