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Cameroun : Tokoto Ashanti est décédé en Suisse
(10/06/2013)
Moins connu sous le patronyme de Bunya Tokoto Emmanuel, l’artiste musicien est décédé le 6 Juin à l'âge de 68 ans
Par Le Messager

Malade depuis le début des années 2000, le roi du wakawaka, un makossa à la sauce comique n’avait plus, depuis une trentaine d’années environ, mis son talent musical en exergue. Il avait migré vers la scène théâtrale et s’était affirmé au public européen et canadien comme un conteur de talent.

Côté camerounais, seuls les quinquas et dans une moindre mesure les quadras se souviennent encore du père de «Dikendis» rebaptisé «this and this», ce tube des années 70 qui fit florès dans les bacs. Nous sommes alors à l’heure des 45 et 33 tours. Il faudra attendre plus de 10 ans pour gouter à «Africa Danse», le premier "Best of Tokoto Ashanty", un enregistrement live avec 15 chansons. Côté spectacle, il n’avait pas son pareil pour capter le public avec ses excentricités vestimentaires, sa maîtrise scénique et ses mimiques originales, «à la manière de l'homme de chèvre (le bouc), à la manièèèèère d'un canard boiteux, à la manièèèère d'un duala vantard, d’un Eton mangeur de savon etc.) ».

Excellent guitariste et surtout danseur, il a accompagné plusieurs monstres sacrés de la musique parmi lesquels l’inoubliable Eboa Lottin et prince Nico Mbarga, cela bien avant qu’il ne sorte un opus. ‘Dikendis’ qui l’a fait connaître dans les cabarets, était repris par bon nombre d’orchestre à Douala et Yaoundé. Il suscite à l’époque une véritable tempête sur le microsillon. Le chanteur y fustige (déjà !) l’homosexualité. Il dénonce la confiscation du Ngondo, mais aussi le vagabondage de son peuple miné par l’alcoolisme. Après ce premier album coaché par l'écurie Atlantic (Wea-Filipacchi) en 1978 avec Philippe Lavil comme directeur artistique, c’est au tour de ‘Africa Danse’ avec des morceaux comme (Doudou, Welissane, Lambo, Makossa pop, Moussango, Obangi té, Bessombe, Etoysse, Mouna Papa Nanga, L’homme de chèvre, Olloyo, Mouna Sono, Mouto Mo et Ngondo etc.)


Autodidacte comme bon nombre de musiciens de sa génération, Tokoto Ashanti a fait ses premiers pas chez l’ancêtre Nelle Eyoum qu’il accompagnait à la guitare rythmique au fameux cabaret ‘Joie d’été’ de Douala. On l’a vu aussi à ‘Akwa Club’, ancien ‘Jeannot bar’ ou des groupes zaïro-congolais tenaient le haut du pavé. Au début des années 80, il décide de réhabiliter le conte et devient une sorte de griot à la sauce comique. Il s’envole pour l’Europe où il s’établit à la mort de son épouse avec ses quatre enfants. Il écrit, réalise et présente des contes initiatiques et humoristiques. C’est l’un des pionniers des festivals de contes en Europe et au Canada. En 2000, un problème de santé l’éloigne de la scène. De guerre lasse, il tutoie l’écriture dramatique et produit son premier livre : « 2000 ans de mensonges n’arrêteront pas les enfants du Grand Esprit ». Ses contes sont humoristiques, moralistes, initiatiques... et s’adressent à tous les publics

Prémonition ? La nature en tout cas à horreur du vide. Le long silence musical de Tokoto Ashanti n’a pas fait oublier le wakawaka. On l’a vu le 24 mai dernier avec le spectacle marquant les quarante ans de scène de Joe Mboule au Ccf de Douala, lorsqu’un certain ‘Ashanti junior’, inconnu au bataillon monte sur le podium. Dans son « show à l’américaine » fait de pirouettes et de gestes énergiques style Ashanti Tokoto, l’imitateur récupère les succès discographiques, les tenues de scène et les mimiques de son idole pour un remake qui ne laisse personne indifférent. Ceux qui condamnent l’intrus et ceux qui saluent cette remontée d’agréables souvenirs du Wakawaka. Informé de la présence d’un autre Ashanti plus vrai que nature dans les cabarets de Douala, depuis son exil suisse, Tokoto Ashanti sommera en vain son ‘fils inconnu’ d’arrêter cette parodie de l’original. Mais déjà miné par sa longue maladie, il n’était plus que l’ombre du battant d’hier. Junior, à toi le micro…pour rendre un hommage à l’inoubliable artiste.




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