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Cameroun : Olanguena Awono ouvre le feu sur Paul Biya et la justice
(08/03/2016)
L’ex ministre de la Santé publique vient de commettre un livre pour dénoncer l’instrumentalisation de la justice pour éliminer politiquement des concurrents politiques.
Par La Nouvelle Expression
«Mensonges d’Etat», avec pour sous-titre «déserts de république, témoignage». Le titre du livre que vient de publier Urbain Olanguena Awono, en dit long sur un contenu relatant une tranche de la vie d’un fils du pays qui aura gravi tous les échelons de la vie sociale et politique du Cameroun, pour désormais faire partie de la crème des décideurs de la république. Mais le rêve de l’ex ministre de la Santé publique (Minsanté) de servir davantage ce pays qui lui a tout donné, s’arrête net lorsque retentissent les sirènes de la succession de celui qu’il a servi de longues années durant. S’alignant derrière d’autres pontes du régime, aujourd’hui derrière les barreaux, Urbain Olanguena Awono se livre à ce que l’éditeur de son livre qualifie de «témoignage à charge contre le système de M. Biya». Entre autres, «l’ironie de l’histoire», «l’héritage d’un secteur sinistré», «l’enjeu, l’interdit de la succession», «dix chefs d’accusation», «juge d’instruction ou commissaire politique ?», «vérité d’un martyr», «Non-coupable, le verdict bloqué», «L’impératif de l’Etat de droit»,… sont les titres de quelques-uns des 24 chapitres regroupés dans cinq grandes parties aux titres fort éloquents comme «Le temps de l’action», «la purge», «un procès absurde», «condamné pour rien :le déni du droit et l’arbitraire judiciaire»,…

Il est clair que le prisonnier digère la perte de la bataille judiciaire, mais refuse de se résigner à sauver une âme salie par une justice aux ordres. Et dans ce livre, l’homme qui témoigne des batailles que se mènent les pontes du régime pour l’après-Biya, essaie de livrer à ce peuple camerounais à qui il rend hommage, les facettes parfois invisibles de ces joutes politico-judiciaires qui ont pour théâtre l’espace publique camerounais.

Le livre ne manque pas de petites coquilles orthographiques qui trahissent peut-être la célérité avec laquelle l’auteur et l’éditeur ont voulu poursuivre le volet éditorial des guerres qui alimentent le combat pour la succession de Paul Biya, mais l’objectif est prioritaire. L’auteur vomit sa haine pour un régime qu’on sert des années durant, mais dont on ne peut prétendre à la succession. Du fait de guerres de positionnement qui ne servent pas la République.



«La souffrance est vertueuse»

Emboitant le pas à Atangana Mebara (l’ex secrétaire général à la Présidence de la république, lui aussi au cachot depuis plus de dix ans, et qui l’a précédé en matière d’écriture depuis le bagne), dans la dénonciation de «la thèse du complot» justifiant la misère des clients de l’opération Epervier, l’ex Minsanté en fait un lien avec les manifestations de jeunes de février 2008. A propos, Olanguena évoque le «prétendu passage à l’action insurrectionnelle du G11 retenue par le pouvoir [qui] sera à l’origine de la répression violente et meurtrière des manifestants, et conduira au retrait des passeports et à l’assignation à résidence des leaders présumés du G11». Confiant alors que ses compères Mebara et Abah Abah, et lui avaient vu leurs passeports être retirés le 19 mars 2008 «sur ordre écrit du délégué général à la sûreté nationale, monsieur Mebe Ngo’o Alain». Non sans souligner l’humiliation dont il a été victime en compagnie d’Abah Abah, filmés dans leur dernier retranchement le 31 mars 2008 et présentés dans le journal télé de la Crtv.

C’est un homme se présentant comme un compétent, parlant «au nom de la vérité», qui tente de dépeindre l’image que ses tortionnaires ont voulu donner de lui, qui essaie de dévoiler s’il en était encore besoin, la face cachée de l’opération Epervier. Lui que le Fonds mondial de lutte contre le Sida, la tuberculose et le paludisme, a présenté comme un modèle. Pas mieux que son préfacier d’avocat pour le souligner. «Le membres des institutions internationales avec lesquelles le Cameroun a étroitement coopéré, pendant la période d’exercice des fonctions de mon client en qualité de ministre de la Santé publique, évoquent tous monsieur Olanguena avec une chaleur et un enthousiasme peu ordinaires», témoigne Me Richard Sedillot. Agrémentant que «tous reconnaissent sa compétence, son courage, son leadership, chacun salue son intégrité et l’efficacité de son travail, dans un environnement pourtant réputé pour être des plus compliqués, en Afrique subsaharienne». Quoi qu’il en soit, «la souffrance est [aussi] vertueuse» chez Olanguena Awono. «Les grosses ficèles trompent rarement l’intelligence de l’opinion, quel que soit l’effort d’enfumage et de manipulation de ceux qui sont aux manettes», se conforte-t-il le moral.

Extraits

L’enjeu et l’interdit de la succession
«Le peuple camerounais et la classe politique gouvernante sont confrontés à la problématique, devenue tragique, de la succession du président de la république actuel, monsieur Paul Biya, au pouvoir depuis 1982, dans un système politique qui a l’apparence d’une démocratie, mais qui ne fonctionne pas démocratiquement. En clair, le Cameroun n’est pas encore une vraie démocratie.

Dès le lendemain de l’élection présidentielle de 2004 qui aurait dû être la dernière pour le Chef de l’Etat actuel qui se présentait, espérait alors tout le peuple, pour un ultime deuxième mandat conformément à la constitution de 1996 limitant le mandat présidentiel à deux septennats, les basses manœuvres pour sa succession à l’échéance 2011 ou sa reconduction au-delà ont commencé. Le principe pour ceux qui ont engagé ce jeu de massacre élitaire sans précédent, était l’élimination, avec la caution évidente de l’acteur principal, de tous ceux qui pouvaient représenter pour lui-même des concurrents potentiels dans la perspective d’une révision constitutionnelle faisant sauter le verrou de la limitation des mandats présidentiels. La plupart des victimes de cette logique politique de l’élimination en comprendront trop tardivement les ressorts au moment où malheureusement tout s’accéléra pour leur triste sort.

Nombre de meurtres et de règlements de comptes politiques au cours des dernières années trouvent leur explication dans tant de logiques de succession qui traversent la vie politique camerounaise toujours autour de quatre conflictualités constantes : la conflictualité de la compétence, la conflictualité de la confiscation, la conflictualité de générations et la conflictualité ethno-régionale… [Pp95-96]

…Non-coupable, le verdict bloqué
«Dans son arrêt N°41/P du 15 mars 2012, la Cour suprême du Cameroun a sans équivoque déclaré irrecevable le pourvoi en cassation introduit par le parquet général contre l’arrêt de la Cour d’appel du Centre ayant annulée les trois chefs d’accusation concernant l’interprétation erronée des opérations de transfert de subventions aux associations.

Au strict plan du droit, la décision de la Cour suprême conférait à l’arrêt de la Cour d’appel l’autorité de la chose jugée et, en vertu de ce principe général de droit, l’arrêt de la Cour d’appel était devenu irrévocable.

Au-delà, il convient de le souligner, la Cour suprême a ordonné le retour du dossier de procédure au Tribunal de Grande instance du Mfoundi «autrement composé» pour vider sa saisine sur les pans restants. La mention «autrement composé» est loin d’être anodine car elle impliquait clairement le dessaisissement de la première collégialité en charge du dossier sous la présidence de la magistrate Nomo Zanga, dont nous avons dénoncé devant la haute juridiction la complaisance et surtout la partialité dans la façon de conduire les débats… C’est donc après un parcours judiciaire de plus de quatre ans que le dossier est revenu au Tribunal de Grande instance où les débats devaient reprendre à zéro en raison du changement de collégialité... [Pp235-236]


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