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Cameroun : Moto taximen, les nouvelles stars de la route
(14/03/2010)
« J’ai fait le probatoire trois fois et, quand je me suis découragé, mon grand frère, militaire, m’a acheter cette moto pour que je puisse travailler et gagner honnêtement ma vie. Depuis ce temps, je
Par Rédaction Bonaberi.com (Eric Nyam)
Des moto taximen  en attente de clients
Des moto taximen en attente de clients
« J’ai fait le probatoire trois fois et, quand je me suis découragé, mon grand frère, militaire, m’a acheté cette moto pour que je puisse travailler et gagner honnêtement ma vie. Depuis ce temps, je loue un studio dans lequel je vis avec ma fiancée et je m’en sors. » Ce témoignage est celui de Henry F., un jeune camerounais moto taximan au quartier Simbock, dans la périphérie de Yaoundé. Il fait partie de la cohorte de jeunes camerounais qui encombre les carrefours des quartiers périphériques de la ville de Yaoundé, juchés sur des motos dans un vacarme assourdissant à la recherche de leur pitance quotidienne.

Au nombre de ces transporteurs sur deux roues, on note la présence des jeunes venus tout droit des villages, surtout de l’Ouest Cameroun. Mais aussi des jeunes diplômés sans emplois ou découragés par la rareté d’un emploi stable, d’anciens employés poussés au chômage par des patrons esclavagistes. Enfin, des jeunes sans formation avec juste la ferme volonté de gagner de l’argent.

« Je verse la somme de 3000 F CFA par jour à mon patron. Mais en fait, je gagne à titre personnel 5000 F CFA, voire 7000 F CFA les bons jours (les dimanches généralement) », confie un de ces jeunes moto taximen connu sous le nom de Gatuso. « J’espère qu’un jour avec mes économies, je pourrais acheter ma propre moto parce que ça paie plus quand tu es ton propre patron », poursuit-il. Etre son propre patron donne droit à plus d’avantages pécuniaires. Bedombo, un ancien employé de Nosa, une société de savonnerie basée à Douala, qui conduit sa propre moto, jouit déjà de ces avantages. Il prévient néanmoins, fort de ses dix années d’expérience, que cette position n’a rien d’une sinécure.

« En plus de mes charges familiales, je réalise une épargne mensuelle de 50 000 F CFA », confie t-il. Il ajoute aussitôt « l’argent part beaucoup dans les pannes, ma bière, les tracasseries policières, les taxes de la mairie. . . » Il faut dire que les moto taximen ont un rythme de vie trépidant, entre les échauffourées avec les agents de la Communauté urbaine, la police qui s’échine à les discipliner, l’alcool, le sexe et la drogue. Ces nouvelles stars de la route tardent à rentrer totalement dans le circuit formel de l’économie. On attend toujours de voir une véritable organisation de ce secteur.

En attendant, Henry F. se contente de pouvoir payer son loyer et de s’occuper de sa fiancée. Gatuso, lui, continue d’économiser des sous en espérant un hypothétique achat de moto. Quant à Bedombo, il a trouvé le palliatif idéal au patron esclavagiste, en attendant la prochaine panne ou la prochaine confiscation de sa moto à la fourrière de la Commune.



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