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Cameroun : Douala et la course de l'eau
(08/03/2010)
La pénurie d'eau qui sévit à Douala oblige les habitants à toutes sortes de pirouettes pour s'approvisionner.
Par Redaction Bonaberi.com (Dominique Moukalla)

Il est 4 heures du matin et la journée de William, étudiant, est déjà commencée : il doit se lever pour aller s'approvisionner en eau au lieu dit « salle des fêtes d'akwa », car selon lui, « si je ne me lève pas je suis sûr d'aller aux cours sans me laver parce que autour de 6 heures les robinets seront à secs ».

Ce calvaire, William ne le vit pas seul ; à Bonanjo, Akwa, Bépanda ou Bonabéri, la situation est alarmante. Si les autorités compétentes tentent de fournir de l'eau aux habitants, la quantité mise à disposition ne suffit pas pour tout le monde, qui doit "faire avec les moyens de bord".

William décide donc malgré les risques encourus de se laver, faire la vaisselle ou la lessive avec de l'eau issue de pluie ou de puits, et n'utilise l'eau du forage que pour faire la cuisine ou se désaltérer.

Signe de la détresse des habitants, l'image de passants avec des bidons fait désormais partie du paysage. En effet, s'il y a toujours une solution qui est de s'équiper avec son propre système de forage, elle n'est pas à la portée du Camerounais moyen : les frais d'équipement et de moteur ainsi que le coût de traitement des eaux en découragent plus d'un, qui fait donc comme William, à savoir de rationner en fonction de la nécessiter l'usage de l'eau.

Car si les prix des forages sont dérisoires - 10 francs CFA / litre et demi d'eau -, les files d'attente rendent souvent l'accès impossible : « je suis souvent en retard au cours parce que j'ai fais le course contre l'eau le matin ou si je suis a l'heure je suis fatigué parce que j'ai parcourue des distances longue pour la même raison ».

En dépit donc des risques encourus à l'utilisation d'eau non potable - on se souvient tous de nos cours de sciences de CE1 : dysenterie, choléra ou autres -, les usagers utilisent des eaux de qualité discutables pour leurs tâches diverses : « c'est au Cameroun uniquement que l'on peut vous servir un jus d'orange a la place de l'eau », ironisera Jacques, pour faire allusion a la couleur de l'eau.



Interrogés sur la situation, les releveurs de la société commercialisant et distribuant l'eau déclarent que les niveaux des bassins sont en baisse en se moment et que l'explosion de la demande empire les choses.

Pour ne rien arranger, la vétusté des réseaux existants souille l'eau en y ajoutant souvent de la rouille provenant des tuyaux ; ajouté à cela, certains tuyaux sont endommagés par ceux qui souhaitent s'approvisionner en eau sans payer.

Sur la situation à Bonabéri, un relever plus aguerri soulève les incohérences logistiques : « pour le problème de Bonabéri, il y a certes des problème de réseau mais un autre problème est la logistique dans la mesure où le château d'eau qui dessert bonaberi en eau est situé... à Deido, c'est a dire de l'autre coté du pont du wouri ».

Dieudonné, employé de bureau, a décidé de faire une répartition des tâches avec sa petite famille : « pour ne pas subir totalement la charge de la corvée, l'aîné et moi nous occupons de remplir tout les récipients avec de l'eau de puits et le benjamin et ma femme se charge de faire de même pour les bouteilles et les réserves. Quand tout est plein on peut tenir deux jours mais vous savez l'eau c'est la vie et on ne peut vraiment pas contrôler sa consommation. C'est d'autant plus dur que nous avons nos activités principale et l'employeur ne comprendra pas que vous êtes en retard a cause d'un problème ma foi si minime. Le plus amusant dans tout çà c'est que le plus souvent la facture d'eau vient autour de 3000 fcfa alors que l'on a recueilli de l'eau même pas 20 fois durant le mois».

A l'heure où certains pays sont confrontés à des défis de taille comme le pouvoir d'achat, les relations diplomatiques ou le développement des télécoms, les populations de Douala font face à un problème bien plus simple mais dont les conséquences sont ô combien désastreuses.



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