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Alain Didier Olinga interpelle Paul Biya sur ses contradictions
(08/08/2009)
Dans un opuscule de 80 pages paru chez Clé, l’universitaire analyse le discours politique du chef de l’Etat sur cette question et sur bien d’autres ratés de son système.
Par Léger Ntiga (Quotidien Mutations)
Alain Didier Olinga, auteur de "propos sur l'inertie"
Alain Didier Olinga, auteur de "propos sur l'inertie"
Le mot de fin de l'ouvrage (90 pages) d'Alain Didier Olinga, intitulé "Propos sur l'inertie", en plus d'être un vœu formulé par l'auteur, est une exhortation à l'action. Celle de Paul Biya. C'est un appel à la réconciliation de "l'homme du Renouveau" avec sa "profession de foi originelle". D'aucuns parleraient du "Biya originel". Mais avant d'arriver à cette conclusion, l'auteur, qui ouvre son livre par des précisions en guise d'avant-propos sur le prétexte de ce texte subdivisé en six parties, indique qu'il n'est mu que par la contribution à la pensée citoyenne de "notre espace public".

Tout au long de son développement, entre les définitions en fonction des situations et postures précises, et celle donnée par Le Petit Larousse illustré, l'auteur met en contexte l'avènement du vocable de "l'inertie" dans le discours politique au Cameroun. Et s'il cite les messages répétitifs à la nation du président de la République, c'est pour mieux situer son analyse de l'action par rapport au discours politique sur l'inertie chez le chef de l'Etat. Ce prolongement de l'article commis en son temps par l'universitaire dans l'édition du mensuel Patrimoine de février 2006, retient les messages à la nation du 31 décembre 2003, 2005, 2006, et 2007.

Si dans le premier le chef de l'Etat se pose en vigile du mouvement politique qu'il a impulsé, non sans mettre un bémol sur ce qui peut être perçu dans son fonctionnement comme de l'inaction, Paul Biya en parle également par calcul politique, habité qu'il est par une volonté face aux attentes déçues des populations, de s'approprier les oripeaux d'un homme nouveau. Celui devant recharger les batteries lors de la campagne électorale, se donnant ainsi les perspectives d'un nouveau départ à travers un autre slogan politique: "Les grandes ambitions".

Dans le deuxième cas qui résulte du premier, l'inertie apparaît comme une pieuvre. Une hydre. Bref, cet ennemi sans visage contre lequel Paul Biya engage un combat. Et qu'il va progressivement, désormais, démasquer dans son propos du 31 décembre 2005.

En 2006, M. Biya se fait plus précis. Le président de la République s'étonne en effet de vivre le contraste entre le potentiel dont regorge le pays (richesses naturelles et humaines), comparé à l'état réel du Cameroun qui tarde à marquer son décollage économique en raison de… l'inertie. Plus loin dans le même texte, Paul Biya en identifie les causes matérielles du phénomène : vénalité, négligence et incompétence. Le 07 mars 2008, tout en demandant à ses collaborateurs, dans une déclaration au cours du conseil ministériel, la réponse donnée aux revendications légitimes du peuple, le chef de l'Etat a, une fois de plus, dénoncé l'inertie, le laxisme, la poursuite des intérêts personnels et la corruption.

Hystérie

Une approche discursive qui, si elle place l'orateur dans l'autre bord, ne le dédouane pas totalement, tant Alain Didier Olinga démontre que l'inertie est entretenue par un système dont le parti unique est le ferment. Il est vrai que dans son questionnement, l'auteur en arrive au constat que l'inertie n'est pas la "propriété naturelle" des Camerounais. Encore moins un principe de vie ; pas plus que le mode normal de fonctionnement. De ce point de vue, l'inertie, de par son ampleur, semble avoir atteint un état qui la rend résistante au changement. Le discours présidentiel sur le vocable visé, cible la sphère administrative et les dérives de la gouvernance à la dimension de l'Etat.

Une idée qui renforce, chez Alain Didier Olinga, la lecture selon laquelle l'inertie fait partie au moins d'une partie de l'histoire récente du pays. Au point que "le problème n'est donc pas l'inertie en tant que telle, (…) le problème est notre inertie à chacun de nous, notre absence de mouvement ou notre résistance individuelle, sectorielle ou collective au mouvement, notre absence de dynamisme, de pro activité, de prompte réactivité, de rigueur, de professionnalisme, d'ardeur au travail, de capacité d'adaptation à un contexte nouveau ayant des exigences nouvelles, d'humanité à se remettre en cause et à se perfectionner, etc."

Au bout du compte, la contribution intellectuelle d'Alain Didier Olinga arrive sur le marché au moment où la campagne d'assainissement des mœurs publiques au Cameroun est à la croisée des chemins: en ces lendemains de visite présidentielle en France, que le pouvoir brandit comme un trophée de guerre alors que l'hystérie du camp au pouvoir sur l'affaire des biens mal acquis tarde à retomber. Des segments de la vie publique camerounaise étroitement liée à l'acception de l'inertie, dont la lutte exige que le capitaine indique clairement et définitivement la direction.

Un peu comme pour paraphraser Paul Biya, à la tribune du congrès de son parti en 2006. Ce jour-là, le président national du Rdpc indiquaéit que cette formation politique n'était pas un parti conservateur. Alain Didier Olinga ne va pas, pour autant, jusqu'à constater que trois ans plus tard, les organes dirigeants n'ont pas été renouvelés. Surtout que le dernier congrès ordinaire du Rdpc date de… décembre 1996. C'était hier.

Source : Quotidien Mutations



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