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A la rencontre de Parol, nouvelle révélation du rap Camerounais
(16/06/2008)
Bonaberi.com est allé à la rencontre de Simon Pierre Kossi aka "Parol", la nouvelle révélation du hip hop Camerounais...
Par Rédaction Bonaberi.com (Biumla Bi Massot)
Parol, la nouvelle révélation du rap Camerounais
Parol, la nouvelle révélation du rap Camerounais
« Appelle moi Parol, c’est moi Parol », titre éponyme et single rap de l’année 2007 au Cameroun. Son interprète, Parol, et le nouveau porte flambeau du rap camerounais. Poulain de l’écurie Mapane records, maison de production ayant à son actif les albums d’Ak Sans Grave et le premier album de Krotal, il sort son premier opus « La Zik pour la Vie ». Album éclectique, plein de maturité et bourré de bons sons aux sonorités autant locales qu’étrangères influencées par le southside aux Etats-Unis. C’est un album a consommer sans modération.

Peux tu te présenter aux bérinautes ?

Bonjour, je m’appelle Parol de mon vrai nom Simon Pierre Kossi. Je suis né le 15 Octobre 1981, ce qui fait que j'ai 27 ans. Je suis étudiant à la faculté d’Art du spectacle à Yaoundé I (Ngoa Ekellé).

Alors ça fait quoi d’être une star, d’avoir été N°1 des charts sur Trace Tv ?

Me voir à la télé qu’on me reconnaissance dans la rue, ne peut que rendre fier, content, c’est la preuve que les Africains, nous les Africains nous pouvons mieux faire que les occidentaux, avec des moyens bien plus dérisoires que les leurs.

Comment arrives-tu dans la musique et dans le rap en particulier, et pourquoi ?

Mon amour pour la musique, je le tiens de ma famille, de mon grand père surtout. En effet, autant que je me souvienne, mon grand-père était un grand mélomane; un amour, une passion qu'il a transmis à ses fils, notamment mes oncles qui étaient des personnes très croyantes. Ils participaient aux activités religieuses en chantant dans différentes chorales. Tout ceci a nourri mon amour pour madame musique. Mon arrivée dans le rap par contre se fait dans les années 90. C’est tout ce que les jeunes écoutaient à cette époque, notamment des chanteurs comme MC Solaar. Mais il faut dire que le déclic intervient avec l’album du Wu Tang Clan, « Wu Tang forever ». Un album qui m’a été offert par un ami à moi, Stéphane Mballa, qui revenait de France. Je devais être en seconde à cette époque là. Cet album m’a littéralement secoué et c’est ce qui a définitivement déterminé mon choix pour le mouvement hip hop et plus particulièrement le rap.

Tu as déjà 10 ans de rap, peux-tu revenir sur tes débuts ?

Comme je l’ai dit tantôt, mon premier contact avec le rap se fait grâce à l’écoute de l’album « Wu Tang Forever ». Mon premier contact, je dirais physique est quand j’assiste au concert African Logik. Mon intention était de côtoyer le milieu rap camerounais pour rencontrer ses acteurs les plus marquants, pour apprendre et approfondir mes connaissances. Cela s’est donc fait au concert African Logik à Yaoundé. C’est ainsi que j’ai rencontré Ak Sang Grave, à cette époque, ils étaient quatre. C’est également là que j’ai découvert que nous habitions dans le même quartier et, bien plus tard, ils sont devenus des amis, des grands frères auprès de qui j’ai tout appris. Il est vrai que cela a été difficile surtout pour ma famille d’accepter mes choix, mes je ne regrette rien. Ma première scène, je pense qu’elle était a Mbalmayo si mes souvenirs sont bons : j’étais sensé assurer la première d’Ak Sang Grave. Ce dont je me rappelle, c’est que j’avais oublié les paroles de mon morceau (rires…), mais heureusement j’en garde un bon souvenir, ça été une bonne expérience.

Tu as fait la première d’artistes tels Booba. Est ce que tu considères cela comme une sorte de consécration, le résultat de nombreuses années de travail, ou tu estimes que cela va de soi et que le meilleur est forcément à venir ?

Ce n’est pas une consécration, loin de là, la consécration pour moi serait de vivre de mon art et d'ouvrir les portes aux plus jeunes. J'aimerais être considéré comme celui qui a apporté un changement dans le milieu Hip Hop. Sinon, chanter dans des concerts comme celui de booba, comme je l'ai fait récemment, n’apporte pas beaucoup d'avantages à part une certaine notoriété, il faut l’avouer, auprès des fans, en plus d'une compensation je dirais : celle de chanter devant un public plus large et donc de te faire davantage connaître. A part cela, il n'y a pas de réels échanges, hormis une poignée de mains échangée de manière fortuite dans un couloir, sans compter que pendant ces concerts, ces artistes qu'on va dire confirmés encaissent des sommes faramineuses, pendant que nous les artistes locaux, c’est à peine si on arrive à obtenir un 10 000 FCFA pour le transport. Je n’ai rien contre personne mais c’est un constat. En définitive, le meilleur est forcément à venir, et il viendra !

Comme je le disais tantôt, tu as fait des premières, notamment en compagnie d’artistes confirmés de la scène hip hop camerounaise, tels Krotal, Sultan Oshimin, Ak Sang Grave. Alors comment se porte le hip hop camerounais aujourd’hui ? Y a-t-il eu des avancées depuis tes débuts, des progrès et penses-tu qu’il soit compétitif en tant que style musical à part entière, et sur un plan continental ?

Le Hip Hop Camerounais se porte bien, mieux qu’à mes débuts. Des maisons de production comme Mapane Records ont sorti des albums comme le premier Krotal, puis les albums d’artistes tels Bachirou, MH seront bientôt dans les bacs et ceux qui se battent en indépendant comme Holocauste à Douala, sans structure confirmée, sont présents aussi. Ce qui a également changé, c’est notre statut vis-à-vis de nos parents. Je te promets, ils nous reconnaissent dans la rue et même commencent à nous respecter ! Ainsi, nous avons une plus grande visibilité tant médiatique, que sociale. Et à mon avis, le rap camerounais est un style musical compétitif, la preuve moi, j'ai été N°1 des hits de rue sur Trace Tv !

Revenons a ton actualité, « La zik pour la vie », ton premier album est dans les bacs, une bombe, une claque pour les mélomanes, peux tu nous ressasser la genèse de cet album ?

Ah la « zik pour la vie » (soupir..), ce projet date d’il y a 3 ou 4 ans. A la base, on était parti sur un projet de 8 titres pour début 2007, on avait a peine 3 titres près et exploitables pour la sortie d’un maxi en Mars 2007, l’album, lui, était prévu pour Novembre 2008. Mais Rizbo (Ak Sang Grave) m’a parlé d’un dj, Dj Paneebo, qui était un producteur qui voulait me faire écouter des instrus ; ce fut finalement très intéressant. Du coup, nous sommes allés a Douala, étant donné qu’il est basé à Doul pour un week-end. Un week-end de rêve pour moi parce que le courant est très vite passé entre nous et que nos avons fait 3 titres de manière si naturelle et avec une telle complicité. Finalement, Dj Paneebo a réalisé la majorité des sons de mon album. Je le remercie pour sa disponibilité, merci Paneebo.

Mais tu es à la mode américaine là ! Ton titre phare « appelle moi Parol » as été remixé avec les grosses pointures du rap k’mer, Rizbo, Sultan Oshimin, c’est un bon son hardcore comme on les aime, mais ça ne rigole plus !?

Oui c’est vrai ! (rires) Non mais il faut dire que ce sont tous des grands frères et ils ont tous embrassé le projet avec un enthousiasme sans pareil ! Du coup ,le remix s’est fait de manière aussi naturelle et positive. Malheureusement, je n'ai pas pu avoir Lady B, elle était en déplacement, ça aurait fait un all star en plus ! Je garde un très bon souvenir de ce moment.

Tu as beaucoup de morceaux rythmés, très club comme « Ambiance de Club », ou encore « le son qui tue », tu sembles assez fêtard ?

Paradoxalement, non, je ne suis pas fêtard, je suis plutôt casanier, et comme on dit en anglais : « i am boring ». Je ne bois pas, je ne fume pas. C’est ça la musique, elle permet aux artistes, de se mettre dans la peau de différents personnages : tu peux te mettre dans la peau d’un père, d’une mère, comme dans ce morceau, dans la peau d’un clubeur, c’est ça la magie de la musique !




Parol, produit par MAPANE RECORDS
Parol, produit par MAPANE RECORDS

Tu évoques aussi des sujets plus profonds, l’avenir des jeunes camerounais pour ne citer que celui-ci. Que penses-tu de la situation de l’étudiant camerounais aujourd’hui ?

La particularité du rap est que c’est un style musical revendicateur, je dis toujours que même si un artiste aborde des thèmes festifs, si il rêve de voitures, de filles, cela ne fait que traduire un désir de meilleur être, d’une volonté de réussir. Pour revenir à la question, moi-même étant étudiant, je sais ce que vivent mes frères d’amphi, c’est très dur, je ne veux accuser personne mais la situation n’est pas des plus roses. Tout ce que je peux dire, en plus de mon morceau « Quel avenir », c’est que j’exhorte mes frères à ne pas baisser les bras, à se battre pour leur avenir et que les études nous permettent d’avoir une ouverture et le discernement.

Tu conseilles dans un de tes morceaux aux jeunes de tout faire pour garder leurs emplois. Ne penses-tu pas que cela puisse être mal interprété, avec tous les vices et les dérives auxquels nous faisons face aujourd’hui dans le monde de l’emploi. Je veux parler de tout ce qui est trafic d’influence, homosexualité, cercles ésotériques ?

Ce que j’aurais du ajouter, pour répondre à cette question, c’est dans la mesure du possible! Il est vrai que plein de vices inondent notre pays, inondent la jeunesse, notamment tout ce qui est les cercles ésotériques. Mais ce qui est important, c’est de savoir ce qu’on veut et de garder la tête sur les épaules : c’est la chose la plus importante. Personne ne doit se sentir obligé de faire, tout homme a son libre arbitre, personne ne doit jamais compromette son avenir, sa vie, il y a toujours un moyen sain de s’en sortir.

Tu renouvelles ta flamme pour le rap, sur le titre « pour le meilleur et le pire », où tu déclares ton amour inconditionnel pour la musique, où tu évoques également tes rapports avec ton entourage. Quelle est la place du musicien en général et du rappeur en particulier dans l’univers social camerounais ?

Le statut social du rappeur a énormément évolué, il a changé. Nous ne sommes plus considérés comme des voyous. Mais ce que je déplore, c’est que le rap est toujours mis en arrière plan par rapport à des styles musicaux tels que le bikutsi ou le makossa. Pourtant nous faisons ce que les jeunes aiment.

On constate que tu écris la majorité de tes textes, est ce un choix de vouloir exprimer toi-même ce que tu ressentais ?
br> Oui c’est vrai que j’écris la plupart de mes textes, la totalité de mon album. L’écriture me permet de relater mon expérience personnelle à travers mes propres mots, mes propres vers, ce que je ne pourrais pas faire si mes chansons étaient écrites par quelqu’un d’autre. Il n y aurait pas d’authenticité et il est difficile de chanter une réalité qui n’est pas sienne.

Ton single tourne en boucle sur les radios, il passe sur Trace Tv, tu fais des concerts, ton album est dans les bacs, mais, on ne sait toujours pas où se le procurer, que ce soit au Cameroun ou en France. Comment cela se fait, n'y a-t-il pas de structure de distribution ?

Si, il y a des maisons de distribution, Culture Mboa en est une. Mais le véritable problème est que le système n’est pas huilé. Je veux dire qu’il n y a personne pour investir, du début de la chaîne a la fin, de la production des cd à leur distribution dans des magasins. Car il faut arriver a contrer la piraterie, pas l'arrêter car c’est presque impossible mais il faut de gros investissements pour permettre de distribuer le plus de sorties possibles. Moi je suis distribué par Culture Mboa au Cameroun à travers ses différents kiosques. En France, je ne pense pas encore être distribué, mais si vous voulez mon album il est possible de contacter mon producteur, luistsoungui@yahoo.fr, ou mon manager simonmbey@yahoo.fr et son numéro c’est le :94-54-06-51.

Nous arrivons au terme de notre interview, je voudrais premièrement te remercier pour ta disponibilité, et aurais tu un message à faire passer, une dédicace à faire ?

Je veux dire aux jeunes camerounais de se battre, aux autorités de faire beaucoup plus pour la jeunesse. Je passe aussi un appel aux potentiels investisseurs, le rap rapporte ce qu’on demande, c’est de l investissement et de la confiance. Je remercie mon producteur qui m’a donné ma chance, mon manager qui se sacrifie pour moi tous les jours, le parrain de mon album Jean II Makoun Sergent et tous ceux qui participent de près ou de loin à la construction de ma carrière dont www.bonaberi.com et mes amis. Puisse Dieu bénir nos efforts et les récompenser !

Vous pouvez écouter quelques chansons sur la page de Parol :
www.myspace.com/parolstarr










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