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Tous cocus

 
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H.T
Tuoriste


Inscrit le: 26 Dec 2008
Messages: 30

MessagePosté le: Mon Nov 22, 2010 11:55 am    Sujet du message: Tous cocus Répondre en citant

Tout s’était passé comme dans un rêve, comme dans
un état second. Sa perception des choses avait été rendue floue. Il avait eu l’impression de sortir de son corps quand en ouvrant la porte de la chambre conjugale, il avait trouvé un autre homme dans son lit… avec sa femme.
Il suffit d’un rien et on a le ciel qui nous tombe sur la tête. En garant son véhicule devant le portail ce midi-là, il était loin de se douter de quoi que se soit. Il n’avait pas sonné en constatant que c’était ouvert. Quelques inquiétudes s’étaient glissées dans son esprit en voyant le salon désert, en constatant le silence qui régnait. Mais rien n’avait bougé, la maison n’avait pas été cambriolée. Il s’était naturellement dirigé vers la chambre à coucher. Et c’est là qu’il les a trouvés, nus sous les draps, sous ses draps. Enlacés et somnolents.
Ce fut un choc. Un choc tel qu’il en resta scotché sur
le seuil de la porte ; la main sur la poignée. L’homme, le
premier, sortit de sa torpeur ; il sursauta en le voyant. C’est ce qui sûrement réveilla Vicky. Elle ouvrit les yeux et le regarda, elle le regarda de ce regard innocent qui, il y a quelques années, l’avait séduit. Elle ne fit pas un geste, ne prononça pas un mot, mais soutint son regard. C’est ça qui lui fit le plus mal, cette impression qu’elle ne regrettait rien, que tout cela lui était égal.
Stand se sentit mal. Il tourna les talons et sortit de la
maison, monta dans son véhicule et se mit à conduire droit devant lui. Il n’avait pas vraiment de peine. Il était totalement anesthésié par le choc. Il conduisait presque inconsciemment. Puis, des images se mirent à défiler. Il se rappelait d’elle, se souvenait de la première fois. De son front buté, obstiné et de sa petite bouche pulpeuse. Elle avait les formes plantureuses, mais aussi dirait-on le feu aux fesses. On pouvait se demander s’il avait épousé et aimé la femme ou seulement l’enveloppe charnelle et ses formes. Questionnement récurrent, aimait-il la personne ou la chair ?
**

Quel réveil ! Il y’a quelques instants à peine, elle s’endormait les sens comblés. Voilà qu’elle se réveillait pour faire face à un cauchemar. En croisant le regard de son époux, elle avait été tétanisée, le cerveau court-circuité. Même en entendant le bruit du moteur de son mari qui partait, il lui semblait présent dans l’embrasure de la porte. Véritablement, comme pour un hologramme, elle sentait son regard lourd d’incompréhension plongé dans le sien.

À sa naissance, elle avait traîné ses fesses nues dans la
terre rouge du quartier miteux qui l’avait vue naître. À six ans, elle était allée s’asseoir sous le manguier et avait fréquenté l’école sous l’arbre. Ses parents l’en avaient arrachée quelques années plus tard pour qu’elle aide sa mère dans son commerce. La puberté était ensuite arrivée qui avait fait éclore sa féminité et révélé sa beauté. C’est alors qu’elle avait rencontré Stand. Il lui semblait toujours aussi réel dans l’embrasure de la porte. Son regard plongé dans le sien portait si loin au fond d’elle ; jamais elle n’avait été aussi nue.
La voix de son compagnon à côté fit disparaître l’hologramme
: « tu crois qu’il m’a reconnu ? » Elle tira le drap pour s’en couvrir le visage et laissa couler quelques larmes
sans bien savoir pourquoi.

Tout en conduisant, la catharsis s’était produite. Les
idées devenant moins épaisses, moins vagabondes. L’esprit plus clair. Loin de toute rancune, de toute haine, il pensa à Jeanne, sa maîtresse avec laquelle il avait deux enfants inconnus de Vicky. L’image furtive d’Annie son autre amante qu’il entretenait lui vint.
L’avantage d’avoir l’esprit clair, cohérent et conséquent
dans ce genre de situation est un don de Dieu… le Dieu
des Cocu(e)s. Stand fit demi-tour. En arrivant chez lui,
l’homme était parti. Tranquillement, il s’installa dans
son divan et ferma les yeux sans pour autant dormir. Il ne comptait pas retourner à son bureau avant le lendemain.

Vicky sortit de la douche et sursauta en le voyant affalé
sur le divan. Son esprit, toujours pratique passa rapidement en revue toutes les circonstances atténuantes dont elle pourrait bénéficier. Ces incessantes réunions tardives qui l’abandonnaient seule dans le lit conjugal. Ces missions récurrentes qui faisaient d’elle une femme errant comme un fantôme dans la maison. Elle se mit en condition pour recevoir les cris, les coups et les injures. Mais rien ne vint.
Stand ne bougeait pas. Alors elle se dirigea vers la cuisine, et précautionneusement, à petits pas, elle-même étonnée de son audace, lui servit son déjeuner. Il mangea. Avec un manque évident d’appétit, mais néanmoins il mangea. Ça semblait tellement important qu’il eût mangé.

La lumière du jour naissant vint lui titiller les paupières,
il avait dormi au salon, dans le divan. Il se réveilla avec une véritable gueule de bois sans avoir consommé pour autant le moindre alcool. Chacun de ses membres semblait peser une tonne. Faire sa toilette fut une véritable torture.
En poussant la porte de son bureau ce matin-là, il réalisa
que toute chose pour lui avait définitivement pris un aspect différent.
À la cafeteria, il rencontra Jean, un collègue avec qui
de temps en temps il faisait des virées nocturnes. En lui
serrant la main, il croisa quelques instants son regard avant que celui-ci n’eût fui. Ça lui revint comme un flash. La même lueur de panique qu’il avait saisie dans les yeux de l’amant de sa femme. Il se demanda comment il avait pu être si bête qu’il ne l’avait pas reconnu sur-le-champ ? Ça le fit sourire, un de ces sourires si tristes. S’il l’avait reconnu qu’aurait-il fait ? Qu’est-ce que cela aurait changé ? En secouant
la tête, lentement, il retourna dans son bureau.

FIN
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abena
Petit bérinaute


Inscrit le: 28 Oct 2008
Messages: 97

MessagePosté le: Mon Nov 22, 2010 4:16 pm    Sujet du message: Répondre en citant

c est bien fait pour lui...
_________________
UNE PARTIE DE MOI
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meb
Bérinaute Vétéran


Inscrit le: 13 May 2008
Messages: 6873

MessagePosté le: Mon Nov 22, 2010 5:41 pm    Sujet du message: Répondre en citant

pas mal. J'aime bien le fond un peu fataliste de celle-ci
_________________
MEKTOUB

Ce n'est pas encore écrit, ça l'était juste...
sur http://mebene.over-blog.com/
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H.T
Tuoriste


Inscrit le: 26 Dec 2008
Messages: 30

MessagePosté le: Sun Nov 28, 2010 1:14 pm    Sujet du message: Répondre en citant

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