| Accueil > Points de Vue | |
|
|
| [Photo non visible dans la version mobile]
Un des nombreux ports du groupe Bolloré | |
Dans son n° 661, Le Monde diplomatique [1]
titrait sur « les guerres africaines de Vincent Bolloré » entre « affaires,
médias et humanitaires ». Quelques jours plus tôt, le 28 mars 2009 c’est
France Inter qui consacrait une émission à « L’empire noir de Vincent
Bolloré » au moment où la guerre pour le contrôle des ports fait rage en
Afrique. Pour répondre à ces attaques, les stratèges de Puteaux déclenchent une
contre-offensive. Mais l’opération baptisée « transparence » fait l’effet d’un
antalgique. Les trois jours de Dominique Lafont (DG de Bolloré Africa Logistics)
à bord de son jet en compagnie de journalistes, ont davantage donné l’impression
d’un ogre qui, englué dans son réseau françafricain, toise la morale à distance. | |
Les analystes sont presque tous d’accord sur un point: Vincent Bolloré a réussi
l’un de ses plus beaux coups de communication stratégique en recevant en mai
2007 Nicolas Sarkozy, fraîchement élu président de la république, sur son yacht
privé, tous frais payés. Attentifs, les décideurs d’Afrique francophone pour qui
« l’ami d’un ami est un ami » ont parfaitement saisi le message. Le
navire du milliardaire avait à peine mouillé au large de Delimara Bay que « la
rupture » prônée par son illustre hôte s’effritait devant la real politik.
Qui peut reprocher à un Etat de promouvoir et de protéger ses champions à
l’international? Sauf que dans le cas Bolloré, les concurrents (aidés par les
retours d’ascenseur du groupe breton à ses amis du Nord comme du Sud) ont choisi
de communiquer sur le terrain de la morale dans les affaires, invoquant les
soupçons de collusions, de « liens incestueux » entre l’Elysée et
Bolloré, le groupe Bolloré et les décideurs africains, ces derniers et l’Elysée.
La « Françafrique ». [1] Le Monde diplomatique n°661, p 1, 16 & 17 du mois d’avril 2009[2] Propos prêtés à un « ancien de Bolloré » in « L’Afrique n’est plus l’eldorado des entreprises françaises » dans Le Monde diplomatique de février 2006.[3] Le groupe Bolloré aurait rédigé un code d’éthique comprenant une liste noire de quatre pays (Érythrée, Guinée Bissau, Lesotho et Swaziland) où il ne souhaite pas investir pour "cause de corruption rampante". | |
|
Retour à la rubrique Points de Vue Version complète sur Bonaberi.com |