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Paul Biya, accusé par une ONG française de corruption, en profite pour effectuer un remaniement ministériel tant attendu. | |
| Le débat pourra toujours être mené par les adversaires politiques et les contempteurs de Paul Biya. Mais il faudra des arguments de poids à l'opposition camerounaise, par exemple, pour ne pas reconnaître qu'une fois de plus, le chef de l'Etat a surpris les observateurs. Les décrets publiés hier à la fin du journal de 17h, sur les ondes de la radio nationale, débités sur un ton serein, presque banal, par le présentateur, tombaient en réalité comme un cheveu dans la soupe de l'actualité qui n'en finissait plus " d'attendre le remaniement ", comme aime à le dire l'opinion publique au Cameroun. Au point où ce rendez-vous avait été oublié au profit de la fortune présidentielle. Les journaux de la radio publique ce mardi 30 juin étaient en effet davantage consacrés à ravaler la façade écornée de l'institution présidentielle et du locataire actuel du palais de l'Unité, Paul Biya. Des indignations et motions "venues" du Littoral et du ministre Robert Nkili s'ingéniaient, de concert, à dénoncer avec force le récent rapport du Comité catholique contre la faim et pour le développement (Ccfd) qui jette l'opprobre sur le président de la République, accusé de s'être largement enrichi au détriment de la fortune publique. Objectivité C'est le moment qu'a choisi Paul Biya pour exercer, sur l'opinion passablement animée par un mécontentement subséquent aux accusations de la "première Ong française", une de ses prises de "judoka de la politique ", comme l'aiment à le décrire ses hagiographes. Probablement, cette tentative de déstabiliser l'adversaire sur la scène médiatique réussira à détourner l'attention d'une bonne partie des Camerounais vers les nouveaux ministres et leur chef, Philémon Yang. Pour autant, il paraît moins sûr que le chef de l'Etat aura marqué un ippon en faisant sauter le fusible Ephraïm Inoni de l'immeuble Etoile. L'on aura remarqué en effet, qu'au détour de la contre-attaque organisée par les pontes et barons du Renouveau face au rapport du Ccfd, les médias internationaux - et notamment français - ont été gravement mis en cause pour avoir diffusé des calomnies, dans l'intention de nuire à l'action du président Biya qui, comme le relevait notre confrère Cameroon Ttribune dans son édition d'hier a bien le droit de jouir de son travail et d'acquérir villas et voitures en Europe, là où d'autres se résolvent à louer ces commodités fort luxueuses en l'espèce. Il est donc fort probable que le prochain séjour parisien du chef de l'Etat (le 21 juillet selon Le Jour de lundi dernier), attire naturellement l'attention des médias français sur Paul Biya dont l'entourage a si durement mis en cause l'objectivité et le sérieux. A défaut de ce point décisif qui lui aurait permis de faire d'une pierre deux coups, Paul Biya aura en revanche définitivement levé l'obstacle diffus érigé par les médias autour de la possibilité d'auditionner l'ex-Premier ministre Ephraïm Inoni dans le cadre des affaires liées aux détournements présumés de deniers publics à l'occasion de l'achat d'un avion présidentiel il y a cinq ans. Pour certains en effet, Ephraïm Inoni n'aurait pas pu être entendu par le juge - comme l'avait révélé Mutations en octobre 2008 - alors qu'il dirigeait encore le gouvernement. L'argutie juridique s'évanouit avec le départ du Premier ministre nommé en décembre 2004, qui emporte visiblement dans sa chute un ministre réputé "proche" de lui, Mme Haman Adama, qui perd son maroquin de l'Education de base dans ce mini remaniement longtemps attendu. Depuis le changement de quelques membres du gouvernement en septembre 2007, le landernau politique camerounais attendait en effet, à en croire une partie de la presse, que de nombreuses têtes tombent. Il n'en a rien été: huit personnalités quittent l'équipe d'une soixantaine de ministres. Mais cela suffira pour alimenter la chronique politico-mondaine et faire souffler Paul Biya qui semble plus que jamais vouloir être le maître du temps? Jeune Afrique, qui avait annoncé le 28 septembre 2008 un remaniement avant la fin de l'année, suscitant un démenti officiel du Secrétariat général de la présidence de la République, ne pourra pas dire le contraire. | |
| Source: Quotidien Mutations | |
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