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Shanda Tonme | |
La gestion efficace des Etats modernes repose dorénavant
sur la capacité des dirigeants à déceler, à comprendre, et à prendre en charge
les revendications des citoyens. Toutefois, le préalable de toute démarche
fructueuse dans ce positionnement volontariste, est la coloration de la
légitimité dont jouissent les dirigeants, en somme le degré de transparence et
de démocratie qui valide le processus de leur accession au pouvoir. Dans cette
optique, l’on peut constater que les systèmes démocratiques qui ont dépassé
l’étape du doute dans la construction sociale et politique, n’affrontent plus
les revendications comme des exigences égoïstes menaçant les fondements de
l’Etat et de la République, pendant que les systèmes totalitaires sont
directement confrontés dans ces situations, à une menace réelle sur leur
existence. | |
| L?in?luctabilit? du f?d?ralisme | |
Les recherches menées sur les expériences de construction sociale et politique,
conduisent de façon on ne peut plus claire et engagée, à la validation sans
réserve du choix porté sur le système fédéral comme le seul permettant une
expression effective des identités réfractaires et la répulsion des menaces des
fractures. En se reportant aux régimes centralisés légués par la colonisation à
quelques républiques sauvages des tropiques, l’on s’aperçoit sans détour que les
fondements théoriques de la République et les grands principes de l’Etat, n’ont
jamais été consolidés. Les potentats ont joué pendant des décennies les citoyens
les uns contre les autres, en recourant aux diversités identitaires et
régionalistes pour raffermir et garantir leurs pouvoirs par vocation
impopulaires. | |
| L?exemple de la perdition camerounaise | |
Dans l’actualité la plus présente des temps présents en Afrique, il y a sans
doute comme préoccupation née de cette démonstration de perdition et de barbarie
institutionnelle, le cas de la République du Cameroun. En effet ce pays de
475.000 Km2 et d’une vingtaine de millions d’habitants, fait face à une scène de
colère des populations de sa région septentrionale. A l’issue d’un concours
d’entrer dans une école de formation des enseignants nouvellement crée, des élus
et des partis politiques de la région exigent un fort quota d’amis, compte non
tenu des compétences et des mérites des candidats. Il convient de souligner pour
plus de lisibilité, que cette région a produit le premier président du pays qui
après 22 ans de règne, avait volontairement remis le pouvoir à son actuel
détenteur, avant de mourir ensuite en exil, humilié, et condamné à mort. Sa
dépouille mortuaire reste à l’étranger de même que son épouse et une partie de
sa famille. | |
| Entre obscurantisme, l?gitimit?, et ?quit? | |
La situation dans la République du Cameroun entre par conséquent, dans le schéma
parfait des régimes qui ont évolué sur des bases tribales, et qui à force de
maquillages et de tripatouillages pour contourner la démocratie, a fini par
cultiver tous les ingrédients d’une explosion sociale incontrôlée et d’un
éclatement. Non seulement il s’agit d’une situation potentiellement hors de
toute prévision en termes de conséquences, mais plus grave, personne n’entrevoit
comment et pourquoi les bamilékés par exemple, ne demanderaient pas à leur tour,
la réparation des injustices qu’ils subissent dans la distribution des
responsabilités au plus niveau de l’Etat et de la République. A titre de rappel,
les bamilékés tout en étant un des groupes humains les plus importants du pays,
sont dorénavant réduits à moins de 5% dans tous grands corps institutionnels :
officiers de police, magistrats, officiers supérieurs de l’armée, inspecteurs
des impôts. etc. Leur pourcentage dans les admissions au concours d’entrer à
l’Enam, école nationale d’administration et de magistrature, se situe à 6% en
moyenne sur une période de vingt ans. Ils sont devenus rares dans les fonctions
de préfet, de sous préfet et de chef de district. | |
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