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Baham, la chefferie | |
| « Je suis né à Bafut et je suis fils de roi. J’ai cinq cent deux frères et sœurs et plus de cent cinquante belles-mères, mais nous n’avons tous qu’un seul père et mari, le roi de Bafut. Pour vous, nos anciens colonisateurs, nous sommes Camerounais, mais nous, nous sommes fiers d’être Bamileke et d’avoir su conserver nos coutumes. »
Le jeune homme qui parle nous fait les honneurs du musée de sa « chefferie », qu’il nous fait visiter avec talent et passion.
Dans ces provinces de l’ouest camerounais, les chefferies sont une tradition de plus de sept siècles, toujours vivace et parfaitement reconnue par l’administration centrale. Avant la colonisation, c’étaient des micro-royaumes souverains. | |
| N?est pas roi qui veut | |
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Bafut, le roi - photo : Aline Pontailler La société Bamileke repose sur le dialogue entre deux mondes, celui des ancêtres et celui des vivants. Et le roi est chargé de jouer l’intermédiaire entre ces deux mondes et de maintenir l’harmonie dans ces relations. Et pour cela, il lui faut démontrer de multiples qualités. Si le pouvoir est généralement transmis de père en fils, ce n’est pas une obligation et tous les fils du chef (plusieurs centaines en fonction du nombre de femmes) peuvent accéder au trône. En fait, il est choisi le plus souvent par le Conseil des Neuf, qui assiste le chef dans toutes ses décisions, et ne connaît sa nomination que lors des funérailles de son père. Il doit ensuite faire la preuve de sa fertilité en s’isolant soixante-douze jours (anciennement neuf mois, probablement avant de connaître l’échographie) pour rendre enceinte l’une de ses femmes, de préférence d’un garçon pour la succession… | |
| Un r?le d?interm?diaire indispensable et d?licat | |
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Ekkom Nkam, la cascade - photo : Aline Pontailler Il est l’intermédiaire des ancêtres qui détiennent tous les pouvoirs, mais peut être destitué à tout moment par le Conseil des Neuf. Il détient surtout la puissance du « Ké » qui lui permet de se transformer en animal, deuxième élément du monde des vivants, avec lequel le Bamileke négocie souvent pour en faire un totem, une doublure protectrice. | |
| Un habitat qui raconte une histoire | |
Limbe, la plage - photo : Aline Pontailler Même si leur architecture est multiple et leur décoration personnalisée, le monde des chefferies est organisé selon des principes intangibles : l’occupation des sols répond à la cosmogonie Bamileke, et se répartit le long d’un axe de vie qui symbolise le passage entre les vivants et les morts. Quartiers résidentiels des femmes, bois sacré réservé au chef et aux notables, domaines des sociétés secrètes qui régissent les divers secteurs de la vie en communauté, le tout bien sûr interdit aux étrangers, sont reliés par des passages ouverts ou fermés mais toujours en harmonie symbolique avec la nature qui nourrit l’homme africain, ésotériquement et physiquement. Un voyage à entreprendre les yeux et l’esprit grands ouvertsCostumes grandioses, danses exubérantes, sculptures émouvantes, l’œil du voyageur est à la fête. Le cadre naturel de terre rouge et de forêt luisante fait étinceler les toits aujourd’hui métalliques et les murs de pisé ocre ou de bambou beige.Pour les nostalgiques d’une Afrique authentique et magique, pour ceux qui peuvent se passer d’hôtels cinq étoiles au confort international, le Cameroun propose un séjour étonnant. « L’Afrique en miniature » dit le ministère du Tourisme. Sans doute, avec son mystère et son décalage par rapport à notre monde en folie, avec son mode de vie « royal » et pourtant si réellement démocratique, avec ses plages aussi sublimes que désertes autour de Kribi et Limbe, avec ses parcs protégés semés de cascades et peuplés de singes drills colorés, l’ouest camerounais est une destination « émergente » à découvrir d’urgence. Source : Tour Magazine | |
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